La Sélection du Jour (LSDJ)
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Spiritualité
29.05.2021

L'étonnant miracle qui va porter Charles de Foucauld sur les autels

L’histoire est proprement in-croyable ! Le 30 novembre 2016, soit la veille du 100e anniversaire de la mort de Charles de Foucauld (1858-1916), Charle, un jeune charpentier de 21 ans, fait une chute d’une extrême gravité après qu’une voûte en pierre menaçant ruine, sur laquelle il avait posé le pied, s’est effondrée. À l’arrivée, Charle s’empale sur le pied d’un banc retourné. Abdomen totalement perforé. Chances de survie extrêmement réduites. Un corps humain, pesant 70 ou 80 kg, tombant à plus de 60 km/h d’une hauteur de 16 mètres, ne laisse guère d’espoir quant à l’issue de l’accident.

Un collègue, situé à quelques mètres, voit le corps de Charle s’écraser. Il est effrayé de ce qu’il voit alors : au bout de quelques secondes, le charpentier se relève et marche une cinquantaine de mètres pour donner l’alerte, le ventre traversé de part en part par le pied du banc d’un mètre de long ! On conduit le rescapé au CHU d’Angers où on l’opère. Les médecins ne comprennent rien à l’état médical de Charle, le « miraculé » : ni fracture ni aucune perforation d’un organe vital ! Deux mois plus tard, notre jeune ouvrier remonte sur un échafaudage. Outre l’homonymie du charpentier rescapé (Charle sans s) et du bienheureux, l’accident eut lieu dans la chapelle de l’institution scolaire Saint-Louis de Saumur (Maine-et-Loire), juste à côté de l’école de cavalerie de la ville d’où le jeune Charles de Foucauld sortit officier.

De plus, Charle est l’un des 140 salariés de l’entreprise SAS Asselin, société de charpenterie spécialisée dans la rénovation de bâtiments historiques (parmi ses trophées commerciaux, on relève le parquet du château de Chantilly, les boiseries du salon Murat de l’Élysée et de la Villa Medicis à Rome, etc.). Cette entreprise familiale est présidée par François Asselin, né en 1964, issu d’une fratrie de charpentiers depuis cinq générations, catholique engagé qui assume en chrétien convaincu ses responsabilités profanes comme la direction de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

François Asselin est imprégné de la spiritualité de Charles de Foucauld. Est-ce le fait du hasard ? Sa paroisse d’appartenance à Saumur est dédiée au bienheureux ermite ! Mais le plus frappant est que lorsque l’accident eut lieu, cela faisait déjà bien un an que François et les siens priaient pour que l’Église reconnaisse un second miracle de Charles de Foucauld, qui ouvrirait la voie à sa canonisation ! Dès qu’il apprit la chute de son collaborateur, notre dirigeant contacta le père Artarit, curé de la paroisse Charles-de-Foucauld, pour lui demander de prier en faveur de son salarié accidenté.  Indiscutablement, leur prière est montée jusqu’au ciel. Aucune explication naturelle de la survie du jeune homme n’a jamais pu être avancée.

Surprenante aussi est la trajectoire de Charle. Ni croyant ni baptisé, sauvé de façon inexplicable, il se vit sollicité par son employeur en 2017 pour accepter que son dossier médical soit communiqué à l’Église ! Ce qu’il fit de bon cœur. Le père Bernard Ardura, postulateur de la cause de Charles de Foucauld, se rendit à Saumur où il recueillit aux côtés de Mgr Delmas, évêque d’Angers, témoignages, dépositions et avis médicaux. Un fait sauta aux yeux des deux hommes : aucun praticien n’était capable de fournir la moindre explication naturelle. Les pièces de cette enquête diocésaine furent transmises à Rome en mars 2019. À l’automne suivant, une commission médicale groupant sept spécialistes rendit un avis identique. Le 14 novembre 2019, on jugea le fait « inexplicable naturellement ».

Enfin, le 18 février 2020, la commission théologique de la congrégation pour les causes des saints déclara « miraculeux » le salut de Charle. Qualifié de « sauvetage de danger » par les cardinaux réunis en consistoire au printemps 2020, et de « cas de préservation dans un accident du travail » par Laurent Touchagues, président de l’association Les Amitiés Charles de Foucauld – c’est là un type de miracle assez rare, les guérisons inexplicables l’emportant d’assez loin dans les procès de béatification ou de canonisation. Le procès de Charles de Foucauld a été ouvert en 1926. C’est donc 95 ans après que le bienheureux va accéder aux autels, après qu’un premier miracle dû à son intercession a été reconnu par Benoît XVI en 2005. Le deuxième, nécessaire pour la canonisation prochaine de l’ermite de Tamanrasset, sera donc ce nouveau miracle, reconnu comme tel par le pape François le 3 mai dernier.

Pour François Asselin (cf. notre sélection), croire, c’est savoir qu’un ami est chaque jour à nos côtés. Cet ami, c’est Jésus. Nul doute que le 30 novembre 2016, porté par la prière du futur saint, Charle, sans le savoir, est devenu l’ami invisible du Christ. 


François Asselin, saint patron
Le Point 27-05-2021
François Asselin, saint patron
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