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Rapport biaisé, Human Rights Watch, Soros : des armes de déconstruction massive au service du pouvoir (Partie 2)

Par Raphaël Lepilleur. Synthèse n°2718, Publiée le 10/07/2026 - Photo : La grande construction : gouvernance globale et marché mondial. Crédits : Image par Gerd Altmann de Pixabay
Ils se prétendent anti-système et révolutionnaires, mais siègent aux mêmes tables que les milliardaires qu'ils dénoncent. Human Rights Watch, la MCDS et (RE)CLAIM, à l'origine du rapport accusant la France, sont financées par les mêmes fonds ultralibéraux et réseaux que les institutions qu'elles interpellent. Anatomie d'une capture idéologique où des acteurs "de gauche" servent, peut-être sans le savoir, un projet globaliste de déconstruction des nations, porté notamment par George Soros.

La Maison communautaire pour un développement solidaire (MCDS) est la branche locale du dispositif. Association militante « contre les violences policières », elle collabore régulièrement avec Human Rights Watch, l'Open Society, Amnesty International et beaucoup d'autres. Son rôle dans ce rapport est de collecter les données, recueillir les témoignages, être au contact des jeunes. Elle en constitue la caution de terrain. En février 2025, son cofondateur était auditionné devant le groupe d'études « Racisme et discriminations » de l'Assemblée nationale, aux côtés notamment de la directrice France de HRW, sous la présidence de la députée LFI Danièle Obono. Ses propos sont sans équivoque, il accuse l'État français de mener une « politique délibérée de répression » contre les « populations non blanches », et estime que la police a exercé une « répression disproportionnée » après la mort de Nahel. On comprend mieux, dès lors, la nature des témoignages recueillis et la tonalité du rapport.

(RE)CLAIM a été fondée en 2022 par, notamment, Lanna Yael Hollo, figure majeure du rapport analysé et auparavant membre senior de la Justice Initiative (le bras juridique de l'Open Society). À ce poste, elle a notamment participé à l'action de groupe contre l'État français sur le « profilage racial », aux côtés de la MCDS, Amnesty International et Human Rights Watch. Le même réseau a interpellé le Comité contre la torture de l'ONU. En avril 2025, ce dernier a émis des "recommandations" officielles à la France. Elle a aussi travaillé comme chercheuse juridique et politique à la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance. L'association (re)claim se définit comme « une association qui développe des stratégies d'actions par la mobilisation du droit au service de la justice sociale et raciale ». Elle est financée par l'Open Society Foundations, le Digital Freedom Fund (lui-même financé par l'Open Society), le Fonds Inkermann (qui finance aussi par exemple l'association La Cimade) et Un Monde par Tous (toutes deux abritées par la Fondation de France).

La FdF constitue le « premier réseau philanthropique de France » (974 fondations abritées). Son conseil d'administration est présidé par Pierre Sellal, ambassadeur de France et ex dirigeant du club Le Siècle (un think tank ultra-élitiste où se croisent personnalités politiques, médiatiques et financières de très haut rang, aujourd'hui présidé par Veronique Morali, notamment membre du conseil de surveillance d'Edmond de Rothschild, de Publicis et Lagardere, retrouvez la liste du conseil d'administration complet ici, avec notamment Delphine Ernotte). Conseil d'administration (FdF) où siège notamment Yves Perrier, aussi président du conseil d'administration du Groupe Edmond de Rothschild (dirigé par Ariane de Rothschild, devenue tristement célèbre pour ses liens avec Jeffrey Epstein). En clair : un même réseau se retrouve aux mêmes tables, abritant les mêmes fondations, finançant les mêmes causes. Un écosystème d'influence tentaculaire, où les mêmes acteurs circulent entre philanthropie, finance et pouvoir.

Le programme CERV (Citizens, Equality, Rights and Values) constitue le cœur du dispositif européen. Doté de 3,6 milliards d'euros pour la période 2028-2034 (soit plus du double de son budget précédent), il finance des associations militantes et des ONG « antiracistes ». La Commission européenne double ainsi les moyens de ce que l'on pourrait appeler son « logiciel » idéologique. Ceux qui s'opposent à ces « valeurs », y compris des élus, s'exposent désormais à des poursuites. Le Parlement européen a récemment lancé une enquête contre le parti « L'Europe des nations souveraines » pour suspicion de « non-respect » de ces valeurs. Tous évoluent dans le même écosystème : financés directement par le CERV ou, indirectement, par des fondations elles-mêmes soutenues par des fonds européens et/ou privés alignés. 

Et qui finance le tout ? De l'argent public et des milliardaires ultralibéraux et sans-frontiéristes. L'un des plus grands militants de cette mouvance est George Soros, dont l'Open Society Foundations est le fer de lance. Pourquoi financent-ils ces causes, qui semblent à première vue éloignées de leurs intérêts ? L'hypothèse la plus crédible est que la déconstruction sert la déconstruction. Affaiblir les États-nations, fluidifier les sociétés, déconstruire le droit et les institutions, revient peut-être à préparer le terrain pour un grand marché mondial sans frontières. Les luttes contre les discriminations, pour la « justice sociale », contre les violences policières, le genre, le climat… Toutes ces causes, poussées à l'extrême et instrumentalisées, sont des vecteurs de déconstruction. Et cette dernière bénéficie au projet globaliste ultralibéral, dont l'Europe semble être l'un des cœurs principaux et l'Europe fédérale une étape incontournable. C'est la convergence d'intérêts mécanique. Les militants de terrain, souvent sincères, ne le voient sans doute pas ainsi.

Ce mécanisme s'articule autour de deux usages majeurs des rapports produits par Human Rights Watch. Le premier, en amont, consiste à produire des rapports qui servent de base documentaire aux institutions européennes et onusiennes pour formuler des recommandations, orienter les normes et justifier des politiques. C'est le cas du rapport analysé en partie 1. Le second, en aval, consiste à documenter ce qui sera présenté comme un « déclin de l'État de droit » ou une « persécution des minorités » dans des pays dont les dirigeants refusent de se “soumettre”.

Prenons l'exemple du Salvador. En 2019, l'UE envoie une Mission d'Observation Électorale (aussi fou que cela puisse paraître, c'est assez commun). Elle note que l'élection s'est déroulée sans heurts. Nayib Bukele est élu. Mais ces missions ne se contentent pas de superviser : elles formulent des "recommandations" sur l'inclusion des minorités LGBTQIA+ (voir Trans-identité : le combat idéal du pouvoir), la théorie du genre, l'égalité… En somme, le “logiciel” évoqué plus tôt. Officiellement, rien de contraignant. Pourtant, une mission de suivi est organisée pour vérifier leur mise en œuvre. Bukele n'a pas cédé. Quelques semaines plus tard, Human Rights Watch publie un rapport documentant le « déclin de l'État de droit » et la « persécution des minorités » (avec la même faiblesse méthodologique et les mêmes biais). La décrédibilisation est en marche. Les médias reprennent, les institutions s'en emparent et tout s'enchaîne naturellement... Même scénario en Italie sous Giorgia Meloni, qui ne cède pas sur les questions sociétales : HRW documente le « déclin de l'État de droit ». Même reprise médiatique, même pression institutionnelle. Même mécanisme en Hongrie sous Viktor Orbán... Etc. 

Évidemment, impossible de ne pas évoquer George Soros. Né en 1930 à Budapest, ennemi juré de Viktor Orbán et des souverainistes, il a fondé l'Open Society Foundations. Si l'on peut dénoncer librement Vincent Bolloré ou Pierre-Édouard Sterin (qui évoluent à des niveaux d'influence qui semblent plus bas), évoquer Soros suffit parfois à être taxé de « complotisme ». Seuls les conservateurs semblent devoir être diabolisés. 

L'Open Society Foundations, c'est : 23 milliards de dollars d'actifs, plus de 24 milliards dépensés depuis sa création en 1993, 1,2 milliard dépensés en 2024 seulement, 32 milliards donnés par Soros lui-même, plus de 50 000 subventions accordées à travers le monde, des branches dans 37 pays. Mais ce n'est pas une simple fondation. C'est un réseau qui irrigue toutes les sphères. Le bras juridique, l'Open Society Justice Initiative, porte des actions en justice dans le monde entier et produit de la jurisprudence et des normes. Une enquête a recensé au moins 253 organisations médiatiques liées à Soros à travers le monde. Entre 2016 et 2020, au moins 131 millions de dollars ont été dépensés pour des médias. Soros serait lié à 54 figures médiatiques influentes et ce, uniquement pour les USA. L'OSF finance également des « fact-checkeurs » très influents. 

C'est aussi l'Open Society University Network, doté d'un milliard de dollars pour créer un réseau mondial d'universités et ainsi produire la “pensée dominante” de demain, le Soros Economic Development Fund, bras d'investissement qui a injecté près de 30 millions dans le Media Development Investment Fund, lequel soutient directement 140 médias "indépendants" dans 45 pays et des fondations nationales dans 37 pays, de l'Afrique à l'Amérique latine. En France, l'OSF a financé notamment StreetPress (entre 2016 et 2023 pour environ 350 000 dollars, en plus de reçevoir des fonds de l'UE via Sphera), média qu'on peut situer à gauche, très influent chez les jeunes, et très repris dans son écosystème médiatique. Pas d'ordre direct, pas de grand complot, mais juste une ligne éditoriale et un positionnement qui vont de pair.

Human Rights Watch et les ONG : HRW a reçu 100 millions de dollars de l'Open Society sur dix ans (en plus d'autres dons et d'autres sources de financement issues des mêmes milieux). Mais l'organisation finance des milliers d'ONG, des plus connues aux plus niches. C'est un véritable levier de pouvoir. Certaines reçoivent tellement d'argent de Soros « qu'elles sont en réalité des filiales à part entière de sa fondation »

L'ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice) a aussi documenté un scandale d'une ampleur inédite (admis par le conseil de l'Europe). Les chiffres sont accablants : 22 des 100 juges permanents de la CEDH sont issus de sept ONG actives devant la Cour, 12 de ces juges sont étroitement liés à l'Open Society de George Soros (certains en furent même des responsables nationaux et internationaux). L'OS finance en outre les six autres organisations identifiées dans le rapport. À 88 reprises, 18 de ces juges ont siégé dans des affaires impliquant « leur » ONG, ce qui constitue un conflit d'intérêts manifeste. L'OS a été impliquée dans au moins 185 affaires devant la CEDH sur la même période. Face à ce scandale, la Cour a dû, en janvier 2024, instaurer une procédure de récusation de ses juges. Mais le problème persiste car elle refuse toujours d'exiger de ses juges qu'ils publient des déclarations d'intérêts.

George Soros est un militant sans-frontiériste assumé. Il ne croit pas aux nations, ni aux frontières, ni aux identités collectives. Il l'a dit lui-même : il entend « lutter contre l'idéologie dominante » qu'est selon lui le nationalisme. Sa vision, c'est celle d'une « société ouverte » (concept sans doute lié à Karl Popper) dont le nom est à l'origine de l'Open Society. Derrière le vernis philosophique et moral, un projet politique clair : la fin des États-nations (lire ce billet de 1993 où il appelle explicitement à un « nouvel ordre mondial »). Comme pour Larry Fink (BlackRock), les nations sont un obstacle. Cette idéologie vise à déplacer le pouvoir vers des instances supranationales non élues, d'où leur multiplication exponentielle ces derniers temps. Comme on l'a vu, les travaux de HRW aboutissent, volontairement ou pas, à renforcer leur pouvoir.

Soros est un habitué de Davos (comme son fils Alexander, qui a reçu la médaille de la liberté par Joe Biden en 2025), où il côtoie les architectes de la gouvernance mondiale. On peut partager cette vision et croire que ces cercles œuvrent par bienveillance, humanisme et altruisme, pour construire un avenir radieux dans la justice et l'égalité. Mais Soros père et fils (Alexander a récupéré l'empire) ne sont peut-être pas des philanthropes désintéressés. Leur idéologie est compatible avec celle de Larry Fink (lire notre LSDJ sur sa vision du monde) et du grand capital mondialisé. Leur projet : un mondialisme déraciné, sans frontières, sans identités, où les individus interchangeables sont intégrés dans un grand marché mondial sous gouvernance supranationale. Un projet qui implique la fin des nations, des démocraties, la surveillance globale, le traçage etc… 

Les fichiers Epstein ne prouvent pas une relation personnelle formalisée entre les deux hommes, mais le nom de Soros y apparaît avec une telle insistance que l'idée d'une évolution commune dans les mêmes cercles du pouvoir s'impose quasiment comme une évidence. Il en ressort aussi qu'Epstein était particulièrement sensible à l'idéologie et au positionnement de Soros. L'un des e-mail, illustre parfaitement cette porosité : l'assistante d'Epstein transmet à son patron une question lui demandant s'il « connaît assez bien Soros » pour l'inviter à un sommet en Suède, preuve que son entourage le considérait comme un intermédiaire vers le milliardaire. 

Les organisations comme la MCDS ou (RE)CLAIM sont donc objectivement alliées à ce pouvoir, peut-être malgré elles. Les rapports qu'elles produisent fonctionnent comme des outils de gouvernance, élaborés par des gens qui siègent à la même table que ceux qu'ils prétendent interpeller, financés par les mêmes fonds, animés par la même idéologie (directement ou indirectement). Pourtant, elles sont perçues comme des acteurs de gauche anti-système ou révolutionnaires. Les combats dits « de gauche » sont, factuellement, ceux qui permettent la déconstruction. Ils sont peut-être instrumentalisés par des entités situées au-dessus des clivages politiques, qui adoptent ce qui leur permet d'atteindre leurs fins. Ce qu'on pourrait appeler la « grande déconstruction » bénéficie directement à ce qu'on pourrait appeler la « grande construction » : une gouvernance mondiale (très prisée par des figures comme Jacques Attali qui peuvent l'évoquer sans être taxé de complotisme), pilotée par des instances supranationales non élues. Il semblerait que tout ce qui va dans ce sens soit promu, et tout ce qui s'y oppose (souverainisme, conservatisme, nationalisme, patriotisme, ou même juste le monde paysan par exemple etc…) soit combattu.

À retenir
  • La MCDS et (RE)CLAIM ne sont pas des structures isolées. Elles sont soutenues, promues, bénéficient d'un accès privilégié au pouvoir. Lanna Yael Hollo, fondatrice de (RE)CLAIM, est passée par la Justice Initiative (le bras juridique de l'Open Society) et un organe du Conseil de l'Europe avant de créer son association en 2022. Elles sont financées par les mêmes fonds que les institutions qu'elles interpellent. Une configuration où la critique et l'appartenance se confondent, entre discours anti-système et intégration aux instances. 

  • Le programme Européen CERV alimente les ONG "antiracistes" et double les moyens de l'agenda européen. Ceux qui s'y opposent s'exposent à des poursuites. Un mécanisme où argent public et financements privés alignés se confondent pour imposer une vision du monde.
  • Les rapports de HRW semblent remplir deux rôles. En amont, ils servent de base aux institutions européennes et onusiennes pour formuler recommandations et orienter les politiques, comme le rapport sur les amendes analysé ici. En aval, ils documentent ce qui sera présenté comme un « déclin de l'État de droit » dans des pays dont les dirigeants résistent à l'agenda européen et plus largement globaliste (Salvador, Italie, Hongrie), justifiant sanctions et procédures d'infraction. Derrière cette machine, l'Open Society Foundations de George Soros.
  • Les combats "de gauche" (antiracisme, justice sociale, genre..) sont instrumentalisés par des entités situées au-dessus des clivages politiques. Ce qu'on pourrait appeler la "grande déconstruction" (affaiblissement des nations, fluidification des sociétés) bénéficie directement à la "grande construction" : une gouvernance mondiale, pilotée par des instances supranationales non élues, très prisée par des figures comme Soros, Larry Fink ou Jacques Attali.
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Payer le prix du harcèlement policier. Des amendes discriminatoires visant les jeunes Noirs et Arabes en France
A lire sur le site de Human Right Watch
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2 commentaires
Le 10/07/2026 à 23:27
Une vraie famille tuyau de poêle qui attaque ceux qui les finance. Faire le ménage là-dedans permettrait de faire des économies substantielles !!!
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Le 10/07/2026 à 20:27
Cet article peut être utile à tous ceux, comme moi, qui s'interrogent sur les couples paradoxaux d'idéologies contradictoires qui prospèrent sur la planète. Vous faites ici un excellent travail, bravo!
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