Société

Contre EVARS, un combat civilisationnel

Par Philippe Oswald. Synthèse n°2667, Publiée le 16/03/2026 - Photo : Les EVARS sont des dispositifs éducatifs et de prévention qui visent à aborder les questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Crédits : Logo de l'organisme
Le programme d'éducation affective et sexuelle EVARS est appliqué de la maternelle au lycée dans les établissements publics et privés sous contrat. Il est contraire au droit naturel des parents à éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions. Les recours qu'ils ont déposés devant le Conseil d'État puis l'Onu ont été rejetés. Mais ce combat civilisationnel se poursuit dans toute l'Europe.

Logo de l'organismeLe programme d'éducation affective et sexuelle EVARS est appliqué depuis la rentrée de septembre 2025, de la maternelle au lycée, dans les établissements publics et privés sous contrat. À « l'éducation à la vie affective et relationnelle » (EVAR) en maternelle et en élémentaire, s'ajoute l'« éducation sexuelle » (EVARS) à partir du collège (cf. LSDJ n°n°2547).

Ce programme obligatoire est un gage donné aux associations de défense des droits LGBT, au Planning familial et aux principaux syndicats d'enseignants. Il est contraire au droit naturel des parents à éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions morales et religieuses. Comment pourraient-ils accepter, par exemple, qu'on demande à leurs enfants quels sont « les différents types de famille », après leur avoir expliqué que deux papas peuvent avoir un enfant ensemble ? « Ces cours, loin de se cantonner à la biologie et à la prévention des maladies sexuellement transmissibles, visent à inculquer des valeurs et à influencer les comportements des élèves avec une doctrine très claire : le genre n'est qu'une construction sociale, fais toutes les expériences sexuelles que tu veux, la seule limite c'est ton plaisir et le consentement de l'autre » relève le Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ - European Centre for Law & Justice).

En juin 2025, le Conseil d'État avait rejeté le recours déposé le 21 février 2025 contre Evars par trois cents parents d'élèves et sept associations défendant le droit fondamental des parents à éduquer leurs enfants, et dénonçant un endoctrinement des enfants par l'État. Le 10 décembre 2025, les parents déboutés par le Conseil d'État avaient fait appel à l'ONU. Leur requête avait été portée par l'ECLJ et Juristes pour l'enfance devant le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies. Pourquoi s'adresser à ce comité ? « L'article 13 du Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels protège, précisément, le droit des parents d'être libres de choisir pour leurs enfants un type d'éducation et de faire assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants conformément à leurs propres convictions. Or, nous estimons que sur ce point, la liberté des parents n'est pas respectée par la mise en œuvre du programme EVARS » explique Olivia Sarton, directrice juridique des Juristes pour l'enfance, interviewée par Boulevard Voltaire (10/12/2025).

Néanmoins, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l'ONU a rejeté ce recours le 17 décembre 2025 sous prétexte que « la communication ne révèle pas une violation prima facie [« de prime abord »] des droits garantis par le traité invoqué. » En clair, les membres de ce comité onusien refusent de voir une violation des droits des parents qui est pourtant manifeste. Le comité a réitéré ce rejet le 16 janvier 2026, suite à une réclamation de l'ECLJ et de Juristes pour l'enfance.

Mais ces défenseurs des parents n'entendent pas lâcher prise : « Avec Juristes pour l'enfance, nous constatons qu'il nous faut attendre qu'un problème vraiment grave et concret survienne dans une école, comme par exemple un intervenant extérieur qui outrepasserait grossièrement le programme EVARS ou si un élève était vraiment choqué et d'une certaine manière traumatisé par les propos ou images du cours. Dans ce cas seulement, nous pourrons effectuer un nouveau recours devant les juridictions administratives françaises et, si elles ne condamnent pas les dérives d'application du programme, nous saisirons à nouveau ce Comité au nom de l'enfant victime » a indiqué l'ECLJ à notre rédaction.

De leur côté, les promoteurs d'EVARS pressent le gouvernement de veiller à son application dans les établissements privés sous contrat. Dans un communiqué (2/12/2025), le Planning familial, agissant conjointement avec Sidaction et SOS homophobie, s'est félicité d'avoir obtenu la condamnation (à un euro symbolique) de l'État français pour manquement « à son obligation d'organiser les séances d'information et d'éducation à la sexualité prévues par la loi du 4 juillet 2001. » Ce coup de semonce, préparé quelques mois avant la mise en œuvre d'EVARS, est assorti d'un avertissement comminatoire sur l'exécution de ce programme par l'Éducation nationale avec, notamment, « la reconnaissance pleine et entière du rôle central des associations dans la mise en œuvre de l'EVARS ». Et de conclure : « Les associations restent et resteront pleinement mobilisées pour s'assurer que la loi soit réellement appliquée pour tous les élèves et sur tout le territoire ! »

Le Planning familial ne limite pas son combat à la France. Dans un rapport publié le 23 février dernier, il accuse des partis politiques, des médias et des associations de mener une offensive « coordonnée et influente » dans toute l'Europe contre « l'éducation complète à la sexualité »(ECS) , telle qu'elle est définie par l'UNESCO et l'OMS, relève le site Aleteia (25/02/ 2026 -en lien ci-dessous). Le Planning familial accuse en particulier l'Église catholique d'être « au cœur du financement du mouvement anti-genre et anti-ECS français et européen », et dénonce la « diabolisation de l'idéologie du genre » par le Vatican.

À retenir
  •  Le programme d'éducation affective et sexuelle EVAR/EVARS est appliqué de la maternelle au lycée dans les établissements publics et privés sous contrat.  

  •  Il est contraire au droit naturel des parents à éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions morales et religieuses.  

  •  Les recours et requêtes qu'ils ont déposés devant le Conseil d'État puis l'Onu ont été rejetés mais leur combat civilisationnel se poursuit en France et en Europe.  

  •  Le Planning familial accuse des partis politiques, des médias, des associations et l'Église catholique de mener une offensive « coordonnée et influente » dans toute l'Europe contre « l'éducation complète à la sexualité ».

La sélection
EVARS : le Planning familial dénonce une offensive “coordonnée et influente” en Europe
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1 commentaire
Le 16/03/2026 à 20:55
Mais qui sont les promoteurs d’evars ?? Epstein ? Macron ? plus des associations que l’état subventionne (avec nos propres deniers) et qui malgré tout lui force la main ! On marche sur la tête…quel est encore ce plan diabolique qui vise à formater nos enfants dans le mauvais sens…faudra t-il que l’on arrête de les scolariser ?
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