Classement Pisa : les contre-performances scolaires de la France
Le 8 septembre est paru le redouté classement du « Programme international pour le suivi des acquis » (Pisa ) publié tous les trois ans par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). « Pisa mesure trois choses chez les élèves de 15 ans. Savent-ils lire, savent-ils compter, comprennent-ils les sciences ? C'est peu, mais c'est l'essentiel » expliquent Les Échos (08/09/2025).
Le classement de la France a malheureusement confirmé toutes les craintes. Dans une régression mondiale de la capacité des adolescents à lire et à compter, la moyenne française indique que la dégradation constatée dans les précédents classements se poursuit : sur 91 pays étudiés par l'OCDE en 2025, la France est reléguée au 27e rang général, au 28e rang en compréhension de l'écrit, et au 34e rang en mathématiques. Ce sont les pires résultats scolaires enregistrés pour la France depuis plus de 20 ans. « Le classement Pisa montre notre degré d'impréparation au monde qui vient », déplore Erwann Tison, économiste et directeur des études de l'institut Sapiens, dans Les Échos. Quand le tiers des élèves de 15 ans sont en grande difficulté en mathématiques et en compréhension de l'écrit, on est loin de la « start-up nation » promise par Emmanuel Macron.
Certes, la baisse de niveau de cette génération est mondiale. L'envahissement des écrans, la dépendance aux réseaux sociaux, la tentation de confier le travail scolaire à l'Intelligence artificielle (IA) a accéléré dans le monde entier l'érosion de la lecture et la paresse intellectuelle. « La capacité à lire et comprendre régresse partout, des pays asiatiques confortablement installés dans le haut du classement (Chine, Singapour, Japon, Corée du Sud), aux pays européens performants (Irlande, Estonie, Royaume-Uni), en passant par les États-Unis et l'Allemagne » relève Le Figaro (08/09/2026). « Partout dans le monde, les élèves rencontrent davantage de difficultés à lire, comprendre et raisonner » résume Aleteia (08/09/26).
Mais la France s'enfonce, de classement en classement, dans le marais. Le niveau des lycéens français en sciences (-4 points), en mathématiques (-16 points) et en compréhension de l'écrit (-18 points) fait rétrograder la France, de la 26e place en 2022, à la 27e place en 2025. « Avec un score de 458 points à Pisa 2026, la France se situe désormais dans la moyenne basse de l'OCDE, là où trois ans plus tôt elle était encore dans la moyenne haute » constate Le Figaro.
Point particulièrement préoccupant : le déclin des élèves des « milieux favorisés ». Ils décrochent plus spectaculairement que les « moins favorisés ». En six ans (2016-2022) les résultats des « favorisés » ont chuté de 38 points en maths et de 52 points en lecture contre respectivement 21 points en maths et 22 points en lecture pour les « défavorisés ». Dans le classement Pisa, il n'y a plus que 5 % d'élèves français « très performants » en mathématiques et en compréhension de l'écrit. « Depuis l'année 2000, on a perdu l'équivalent de trois années de niveau scolaire en mathématiques », déplore Joachim Le Floch-Imad, enseignant et essayiste, sur CNews (08/09/2026).
Dans son éditorial du Figaro Magazine (11/09/2026), Guillaume Roquette remarque qu'« un autre chiffre, tout autant préoccupant, a été beaucoup moins relevé : la France est le pays développé où les élèves pâtissent du pire environnement disciplinaire à l'école. 44 % des élèves se plaignent du bruit et du désordre en classe : c'est la sixième fois que nous sommes classés au dernier rang par Pisa sur ce critère. Et nul besoin d'un master en sciences de l'éducation pour comprendre que la transmission du savoir est impossible dans le chahut. Ce désordre ne vient pas de nulle part. Il est le fruit des excès d'une éducation “bienveillante” qui en est venue à juger malveillant tout acte de sévérité. » L'indiscipline généralisée pollue l'enseignement de toutes les matières, à tous les niveaux. « Un cinquième du temps de cours est dilapidé pour des raisons disciplinaires, 100.000 professeurs sont menacés ou agressés chaque année, 1.000 armes blanches étaient en circulation dans nos établissements l'an dernier» confirme Joachim Le Floch-Imad. L'égalitarisme et le pédagogisme aboutissent inéluctablement au nivellement par le bas.
Que faire pour éviter le naufrage ? Interviewé par Aleteia (en lien ci-dessous), Joachim Le Floch-Imad (auteur de Main basse sur l'Éducation nationale : Enquête sur un suicide assisté, Le Cerf) indique les principaux remèdes : remettre l'accent sur l'apprentissage des savoirs en réhabilitant l'exigence intellectuelle et la culture générale dès le primaire ; réintroduire de la sélection à tous les échelons du système éducatif et remédier à l'hétérogénéité des classes ; mieux former les professeurs et rétablir leur autorité ; revaloriser la voie technique pour y diriger davantage d'élèves qui n'ont pas leur place à l'université. Liste évidemment non exhaustive dont l'exécution demande une volonté et une stabilité qui auront manqué aux huit ministres de l'Éducation Nationale qui se sont succédé sous la présidence d'Emmanuel Macron.
Le dernier classement Pisa acte un nouveau recul de la France à la 27e place sur 91 pays étudiés.
Le tiers des élèves français de 15 ans peinent à lire et à calculer. Seulement 5 % des élèves français sont jugés « très performants » en mathématiques et en compréhension de l'écrit.
La dépendance aux écrans, aux réseaux sociaux, à l'Intelligence artificielle, affectent l'apprentissage dans le monde entier.
La France est le pays développé où les élèves pâtissent le plus de l'indiscipline : 44 % des élèves se plaignent du bruit et du désordre en classe.