20 millions de personnes immigrées ou issues de l'immigration en France
C'est un livre événement : « Immigration, mythes et réalités » (Fayard). Son auteur, Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie (OID), dresse « un état des lieux sans précédent du phénomène migratoire en France », souligne Le Figaro Magazine (17/04/2026). Qu'il s'agisse du logement social, de notre système de santé, du niveau scolaire, et d'une façon générale, de notre civilisation, tous les aspects de notre vie collective pâtissent du choc migratoire. « S'appuyant sur des données issues de l'INSEE, d'Eurostat ou de l'OCDE, il conteste les discours dominants et évoque une accélération migratoire inédite, aux conséquences économiques, sociales et démographiques majeures», résume Atlantico (19/04/2026).
L'immigration est devenue « un fait social total » analyse le directeur général de l'OID. D'abord en raison du nombre : les immigrés n'ont jamais été si nombreux en France. « La population immigrée a augmenté de 434 000 personnes sur la seule année 2024. Il s'agit de la plus forte croissance jamais enregistrée, trois fois supérieure à la moyenne des années 2000 -et vingt-cinq fois à la moyenne des années 1990 ! » déclare-t-il au JDD (15/04/2026). Depuis la fin des années soixante-dix, le flux n'a cessé de grossir, sans réaction du pouvoir politique, complaisant envers cette « chance pour la France » et terrorisé à l'idée de « faire le jeu du Front National.»
Entre 400 000 et 500 000 immigrés entrent légalement sur le territoire français chaque année si l'on fait le total des premiers titres de séjour accordés, des demandes d'asile et des mineurs non accompagnés. Soit un nombre équivalent aux habitants de Nantes ou de Nice. S'y ajoutent les immigrés clandestins dont le « stock » était évalué entre 600 000 à 800 000 « sans papiers » par Gérald Darmanin en 2021, quand il était ministre de l'Intérieur.
C'est précisément sur les « stocks » d'immigrés que Nicolas Pouvreau-Monti a centré son étude. Pour comprendre les transformations démographiques induites par l'immigration, il a pris en compte les descendants d'immigrés de deuxième et de troisième générations, soit respectivement 8 millions et 4,8 millions de personnes. Il les a additionnées aux 7,7 millions comptabilisées en 2024. Total estimé : plus de 20 millions de personnes immigrées ou issues de l'immigration, soit près de 30 % des habitants de la France. Alors que la natalité s'effondre chez les Français de souche, plus de 30 % des naissances en France sont issues d'au moins un parent né en dehors de l'Union européenne. Ces pourcentages ne confortent-ils pas les craintes d'un « grand remplacement » ?
La question se pose avec d'autant plus d'acuité que la nature de l'immigration a changé. Les immigrés présents sur le sol français en 1968 étaient, pour plus des deux tiers, nés en Europe. De nos jours, les immigrés sont aux trois quarts d'origine extra-européenne. La moitié d'entre eux viennent d'Afrique, majoritairement d'Algérie. Leur intégration est plus difficile qu'elle ne l'était jadis pour des Italiens, des Polonais ou des Espagnols, dont les mœurs et la religion ne présentaient pas de différences essentielles avec celles des Français. La religion, sujet tabou en France, joue plus que jamais un rôle essentiel avec la montée d'un islam conquérant.
La partition déjà réalisée dans de nombreuses périphéries des métropoles, gagne à présent des villes moyennes et petites, du fait de l'essaimage de nouveaux arrivants sur tout le territoire, y compris dans les campagnes. « La France est en train de vivre une mutation anthropologique, constate Nicolas Pouvreau-Monti. Ne pas le voir, c'est choisir l'aveuglement devant l'Histoire qui s'écrit sous nos fenêtres. »
L'auteur démonte l'argument économique constamment avancé pour justifier la politique migratoire. Seulement 56 % des immigrés extra-européens en âge d'être actifs occupent un emploi. Leur taux d'emploi est inférieur de 14 points à celui des Français et de 12 points à celui des étrangers originaires de l'UE. Et les nouveaux arrivants font plonger ces chiffres : sur l'ensemble des immigrés entrés en France en 2023, à peine un sur trois avait un emploi au début de l'année 2024. Mais est-ce vraiment un emploi qu'ils venaient majoritairement chercher ? L'immigration pour motif familial constitue la plus grande part du « stock » des titres de séjour : trois fois plus que pour un motif économique. L'attraction que la France exerce sur les candidats à l'immigration est surtout celle d'un pays réputé pour l'hébergement gratuit et les soins accordés aux étrangers, y compris en situation irrégulière. Sans oublier les généreuses prestations sociales consécutives au regroupement familial.
Tout cela a un coût : « Notre politique d'immigration génère aujourd'hui une perte nette pour les comptes de l'État et de la Sécurité sociale que nous avons pu estimer à environ 40 milliards d'euros par an», déclare Nicolas Pouvreau-Monti. Malgré ce constat, l'auteur ne veut rien céder au fatalisme : « L'échéance présidentielle du printemps 2027 doit être l'occasion pour chacun des candidats de faire savoir clairement quel est l'avenir migratoire qu'il propose à la France.»
Avec plus de 400 000 nouveaux immigrés par an, les personnes immigrées ou issues de l'immigration seraient près de 30 % des habitants en France.
Mœurs, démographie, niveau scolaire, système de santé, logement social, tous les aspects de notre vie collective pâtissent du choc migratoire.
Seulement 56 % des immigrés extra-européens en âge d'être actifs occupent un emploi.
Alors que la natalité s'effondre chez les Français de souche, plus de 30 % des naissances en France sont issues d'au moins un parent né en dehors de l'Union européenne.