Les sangliers déferlent sur l'Hexagone
Dans Astérix et Obélix, les sangliers finissent en plat principal du banquet final. Dans la Gaule de 2026, ils se multiplient de façon incontrôlée, commettant des dégâts plus que conséquents dans les cultures comme dans les jardins. Mais quelles sont les raisons de cette quasi invasion ?
À travers toute la France, la prolifération des sangliers serait-elle hors de contrôle ? En sus de s'aventurer de plus en plus en ville, ils causent également de plus en plus d'accidents de la circulation. Ainsi, un sanglier a provoqué la mort d'un jeune automobiliste le soir du réveillon de Noël dans la Manche. Quatre autres personnes ont été touchées dans la collision en chaîne. Ces animaux terrorisent de plus en plus les automobilistes. « Un sanglier, c'est un bulldozer », témoignent les carrossiers. Les collisions entre gibiers et automobiles de plus en plus nombreuses. Partout en France, les accidents impliquant la faune sauvage se multiplient. Au total, 40000 collisions, soit 110 par jour, ont lieu chaque année à travers le pays, selon les données communiquées par le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO). En dix ans, le nombre de victimes indemnisées par le Fonds a progressé de près de 50 %, bien que le FGAO n'intervienne que lorsque des personnes sont blessées.
En Île-de-France, la prolifération des sangliers cause des dégâts croissants dans les zones urbaines et périurbaines. État et chasseurs intensifient leurs efforts de régulation par le biais de battues, de pièges, et même de tirs nocturnes. D'ailleurs, trois départements ont autorisé la chasse aux sangliers de nuit en raison des dégâts qu'ils causent aux cultures. Les chasseurs disposant d'une autorisation peuvent désormais utiliser des lunettes thermiques pour repérer les animaux. Mais, de jour comme de nuit, les chasseurs sont-ils assez nombreux ? En effet, leur nombre a baissé de 30% en presque 30 ans. De quoi finir par mettre en difficulté les fédérations de chasseurs, incapables de faire face quand il leur est demandé d'intervenir afin de réguler le nombre de sangliers.
En parallèle, de plus en plus de chasseurs sont gravement blessés par des sangliers. « Dans de nombreux départements nous entendons cette petite phrase : « les sangliers, ils ne courent plus. Ils se calent, attendent, et chargent », expliquent-ils. Quelle est la cause de cette multiplication des sangliers ? Elles sont plusieurs, en fait. Aux hivers plus doux s'ajoute l'abondance de cultures riches en nourriture pour eux. À cela s'ajoute, il faut le reconnaître, une fragmentation croissante des habitats, entre étalement urbain, artificialisation des sols et maillage serré du réseau routier découpant de plus en plus les espaces naturels. De quoi contraindre la faune à traverser davantage les routes et à s'aventurer dans les villes et jardins pour se déplacer comme pour se nourrir. Une laie pouvant avoir deux portées par an, avec 4 à 10 marcassins, la population peut en effet croître très rapidement. D'une adaptabilité exceptionnelle, le sanglier s'accommode de nombreux milieux (forêts, zones agricoles, périurbains) et d'une alimentation variée (racines, fruits, déchets, cultures). Aux hivers plus doux, qui réduisent la mortalité hivernale et augmente la survie des jeunes s'ajoutent la conséquence des pratiques agricoles modernes : la culture du maïs et d'autres céréales fournit en effet une nourriture abondante et accessible, favorisant leur survie et leur reproduction.
La comparaison s'impose : dans les années 1970, on comptait deux millions de chasseurs, qui tuaient environ 30 000 sangliers. En 2024, ce sont près de 900 000 sangliers qui ont été abattus à travers l'Hexagone, par moins d'un million de chasseurs. Un chiffre qui a littéralement doublé en l'espace de vingt ans. Quant aux indemnisations pour les dégâts aux cultures payées par les chasseurs eux-mêmes, elles représentent quant à elles 90 millions d'euros en quatre ans. "Les sangliers sont partout en France maintenant, de la mer à la montagne, confirme Matthieu Salvaudon, directeur du service dégâts au sein de la Fédération nationale des chasseurs. C'est une espèce qui s'adapte énormément, qui peut fréquenter différents types de milieux et c'est pour cela que l'on en voit de plus en plus ces dernières années." Une prolifération d'autant plus inquiétante que la la fièvre porcine africaine rôde. Une maladie qui touche déjà touche l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne et peut se transmettre aux sangliers, mais aussi des sangliers aux porcs d'élevage. De quoi, potentiellement, décimer la filière porcine. Quant à la viande de sanglier, est-ce qu'on est les mange ? Que devient ce quasi million d'animaux abattus, ou prélevés ? En général, le sanglier se consomme entre amis sachant comment le conserver et le cuisiner à coeur pour éviter tout souci, et sa viande viande réputée aussi maigre que celle d'un poulet n'atteint guère les étals des magasins. Quoique : une nouvelle plateforme en ligne, baptisée Gibier pour tous, propose aux particuliers d'acheter la viande des chasseurs.
- On abat près d'un million de sangliers par an en France.
- Mais on compte de moins en moins de chasseurs.
- La croissance de la population serait-elle hors de contrôle ?