Les raisons derrière le record dramatique de noyades en France
Plus de 90 personnes se sont noyées en France entre le 19 et le 30 juin alors que le pays suffoquait sous la canicule. Marina Ferrari, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, s'en est émue : « Les très jeunes enfants sont particulièrement vulnérables quand ils ne sont pas surveillés et il y a des adolescents qui ont des comportements dangereux... » L'inquiétude des autorités est que le nombre de drames est susceptible d'augmenter pendant les vacances scolaires dans un début d'été 2026 très chaud. En 2025, il y a eu 409 noyades mortelles en France, 16% de plus que l'année précédente – dont 57 enfants et adolescents. L'explication paresseuse – répétée ad nauseam par les médias – est que cette hausse est une autre conséquence du réchauffement climatique. À y regarder de plus près, certains chiffres démontrent l'incurie de l'État français...
Il y a de moins en moins de piscines municipales – tout particulièrement dans les territoires ruraux. Un autre signe d'abandon et de déclassement d'ailleurs reconnu par la ministre Ferrari qui parle de problèmes de financement des rénovations nécessaires. Les chiffres sont accablants : on a perdu 113 bassins entre 2019 et 2024 selon l'INSEE et près de 500 depuis 2017 (sur la base des données de référence contenues dans le rapport de la Cour des comptes de 2018). Il reste 3600 piscines opérationnelles aujourd'hui dont 40% sont considérées comme vétustes dans un contexte où les coûts d'exploitation ont grimpé en flèche – l'énergie et la maintenance étant les postes les plus critiques. Si l'on ajoute les normes administratives et environnementales, on peut raisonnablement attendre une courbe exponentielle des fermetures... Les gouvernements français ne peuvent pas évoquer la surprise puisque la tendance s'est engagée dès les années 2000 et l'obsolescence des bassins construits dans le cadre du plan « 1000 piscines » des années 70. Les années du « quoi qu'il en coûte » ont creusé l'abysse de la dette publique française qui a dépassé les 3,5 mille milliards d'euros.
On manque de piscines et de maitres-nageurs aussi ! Axel Lamotte, le porte-parole de la Fédération Française des Maitres-Nageurs Sauveteurs (FFMNS), a exprimé sa colère et sa tristesse face à la catastrophe de ces premières semaines d'été : « Ces noyages sont parfaitement évitables ! » souligne-t-il, en accusant le gouvernement d'indifférence. Il y a aujourd'hui 15 000 sauveteurs en activité – il en faudrait entre 20 000 et 22 000... Les vocations sont rares pour un beau métier risqué car les salaires promis sont maigres. Et, plus scandaleux encore, les coûts à la charge des candidats pour obtenir leur qualification vont entre 6 000 et 9 500 euros ! La ministre Ferrari a promis de se pencher sur le problème en allégeant la bureaucratie et en améliorant l'accessibilité du métier.
Car le résultat est clair : de moins en moins d'enfants savent nager. Un enfant sur trois entrant au collège ne sait pas nager. Un chiffre qui atteint 74% en Seine-Saint Denis, le département le plus pauvre de la métropole. Ce recul est d'ailleurs observable dans d'autres pays d'Europe occidentale. Axel Lamotte pointe du doigt l'abandon de l'Éducation Nationale qui – jadis – imposait partout l'apprentissage de la natation à tous les élèves. Car la population a changé et l'Islam exerce aujourd'hui une influence grandissante dans les écoles. Une enquête de 2021 a mis en relief que dans un établissement sur trois, des élèves refusaient les leçons de natation pour des motifs religieux. Une autre enquête de 2025 notait que 43% des jeunes Musulmans désapprouvaient la baignade dans une piscine mixte... Le « pas de vagues » (sans mauvais jeu de mots) de l'Éducation Nationale fait que de nombreux établissements laissent faire en silence. Si l'on ajoute enfin l'influence grandissante des réseaux sociaux, de la recherche de l'exploit face à un public démultiplié par l'écran des téléphones, on ne doit pas s'étonner que les drames s'accumulent dans les rivières et sur les plages françaises.
- Plus de 90 victimes de noyades en métropole lors de l'épisode caniculaire en juin dernier
- Un adolescent de 12 ans sur 3 ne sait pas nager car les cours de natation ne sont plus suivis ou assurés comme avant
- Le nombre de piscines publiques chute : 500 en moins depuis 10 ans et l'Etat peine à rénover les bassins vétustes
- Un manque criant de maîtres-nageurs aussi à cause des conditions d'embauche trop coûteuses pour les candidats et pas assez rémunératrices