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Éthiopie : seize siècles de christianisme brisés par la terreur rouge

Par Raphaël Lepilleur. Synthèse n°2745, Publiée le 07/10/2026 - Photo : Propagande du Derg : Mengistu Haile Mariam, le poing levé, devant le drapeau éthiopien et l'emblème communiste. L'image d'un régime qui a promis le paradis et livré l'enfer. Crédits : Auteur inconnu, Unknown author, Public domain, via Wikimedia Commons
Aucun passé, aussi glorieux soit-il, ne met à l'abri du pire. Pendant seize siècles, l'Éthiopie chrétienne avait fusionné le trône et l'autel, résisté à tous les empires. Entre 1975 et 1991, le Derg de Mengistu Haile Mariam a génocidé son peuple au nom du marxisme-léninisme. Corps d'enfants mangés par les hyènes et « taxe de la balle gaspillée »… Plongée dans l'un des génocides communistes les plus méconnus du XXe siècle.

Au 4e siècle, bien avant le baptême de Clovis, le royaume d'Aksoum (berceau de l'Éthiopie moderne) bascule dans le christianisme. Cette conversion ne doit rien à la conquête ou à des missionnaires européens mais naît du destin singulier d'un homme. Frumence, jeune intellectuel syro-grec né à Tyr (actuel Liban) vers 315, voyage avec son frère Aedesius et leur mentor. Leur navire est attaqué, les adultes sont massacrés et les deux adolescents se retrouvent esclaves à la cour du roi Ella Amida, encore païen. À sa mort, la reine confie à Frumence l'éducation de son fils, Ezana. Les esclaves cultivés servaient souvent de précepteurs et d'administrateurs, et les deux frères avaient déjà gagné la confiance de la cour.

Frumence l'initie à la foi chrétienne. Devenu adulte, Ezana se convertit par choix. Il libère alors son précepteur, qui part à Alexandrie se faire ordonner 1er évêque d'Aksoum par le patriarche. De retour, Frumence (désormais Abba Salama, « Père de la paix », ou Kassate Berhan, « Révélateur de la lumière ») fonde l'Église éthiopienne. Aksoum devient le deuxième État chrétien au monde, après l'Arménie.

De cette greffe naît l'Église orthodoxe Tewahedo, « unifié » en guèze (ancienne langue d'Aksoum conservée dans la liturgie, comme le latin chez nous). Elle est dite miaphysite, c'est à dire qu'elle affirme que le Christ est pleinement Dieu et pleinement homme en une seule nature incarnée, sans mélange ni séparation. Alors que les catholiques, par exemple, parlent de deux natures, divine et humaine, unies dans une seule personne. 

Mais au-delà de la théologie, le Tewahedo est une civilisation totale. Une liturgie propre, des jeûnes qui occupent plus de la moitié de l'année, des églises taillées dans la roche (des chefs-d'œuvre comme à Lalibela par exemple, classés au patrimoine mondial et parfois surnommés la 8e merveille du monde), et la conviction d'abriter à Axoum l'Arche d'Alliance, le coffre sacré qui, selon la Bible, contient les Tables de la Loi.

Pendant plus de 16 siècles, cette Église et la dynastie salomonienne forment un binôme indissociable. L'empereur, « Roi des Rois, Élu de Dieu », ne tient pas son pouvoir de la seule force des armes. Il le puise dans le Kebra Nagast (« La Gloire des Rois »), l'épopée qui le fait descendre de Salomon et de la reine de Saba. 

Cette alliance du trône et de l'autel inscrit l'Éthiopie dans une continuité historique rare. C'est l'un des seuls pays africains à avoir échappé à une colonisation européenne durable. En 1896, à Adwa, Ménélik II inflige une défaite cinglante à l'armée italienne (qui colonise l'Erythrée voisine). C'est l'une des rares victoires décisives d'une nation africaine sur une puissance coloniale européenne. Occupée par l'Italie fasciste de 1936 à 1941, l'Éthiopie est libérée grâce à l'action conjointe de sa résistance et des forces britanniques et du Commonwealth. La souveraineté est restaurée, l'indépendance préservée. Le christianisme n'a pas épargné à l'Éthiopie des tragédies humaines. Mais il lui a donné ce que peu de nations possèdent, à savoir une colonne vertébrale historique et un ciment identitaire fédérateur. 

Cette forteresse devient peu à peu une prison. Le système féodal se désagrège petit à petit. Une aristocratie terrienne et une élite parasite accaparent les richesses. Le paysan est surtaxé et ça devient suffocant. Haïlé Sélassié, au pouvoir pendant 58 ans (d'abord régent, co-roi, puis empereur en 1930), règne en monarque absolu. Pour donner une idée du personnage, un article de Jeune Afrique de 1985 note que ses titres « administrent au moins la preuve que ce n'est pas le ridicule qui l'a tué : Roi des Rois, Défenseur de la foi, Puissance de la Trinité, Lion des Lions, Lion d'Abyssinie, Lion conquérant de Juda, Éléphant des éléphants, Oint du Seigneur, Élu de Dieu etc ». Sur la scène internationale, c'est une vedette. On le reçoit partout, on le couvre de médailles (plus de 120 décorations venues de plus de 80 pays, au point qu'il entre au Guinness Book). On retrouve malheureusement les traits que l'Afrique connaît trop bien chez ses dictateurs : un homme qui concentre tout, une clientèle qui se goinfre et un peuple tenu à distance.

La famine de 1973, aggravée par la sécheresse, tue entre 100 000 et 200 000 personnes. Le pouvoir tente d'étouffer la situation. Il faut un reportage d'une chaîne britannique, en octobre 1973, montrant des enfants squelettiques à l'écran, pour que le silence se brise. Haïlé Sélassié, lui, ne reconnaîtra jamais l'ampleur du désastre. À quelques heures de la capitale, des paysans meurent de faim pendant que la cour festoie. Dès février 1974, tout explose. Mutineries dans l'armée, grèves des étudiants, des chauffeurs, des fonctionnaires… C'est le début de la fin. 

Le 12 septembre 1974, le Derg (un groupe de militaires dont le nom veut dire « conseil » ou « comité ») renverse Haïlé Sélassié. L'empereur de 82 ans est arrêté dans son palais. L'opération se déroule sans un coup de feu. Mais la violence s'installe vite. Deux mois plus tard, le régime fait exécuter sans jugement une soixantaine de responsables de l'ancien pouvoir. Au sein du Derg, un officier jusque-là peu connu, Mengistu Haile Mariam, s'impose par son extrémisme et des purges sanglantes. En février 1977, après l'élimination du président du comité et de plusieurs autres dirigeants, il devient l'homme fort incontesté du régime, et donc du pays. 

Les ingérences extérieures pèsent lourd dans la chute de l'Empire et la consolidation du Derg. Allié historique, Washington avait fourni environ 280 millions de dollars d'assistance militaire sous Haïlé Sélassié. En 1977, l'administration Carter, inquiète des violations des droits humains et du rapprochement avec Moscou, gèle les livraisons d'armes. La rupture est consommée en avril 1977, quand Mengistu expulse les conseillers américains et ferme leurs installations stratégiques.

L'URSS s'engouffre dans ce vide. Un accord est signé dès décembre 1976. Moscou tente d'abord de ménager ses deux clients : l'Éthiopie et la Somalie. Mais en juillet 1977, quand la Somalie de Siad Barre envahit l'Ogaden pour réaliser son rêve de « Grande Somalie », le Kremlin tranche. L'Ethiopie est plus vaste, plus peuplée, plus stratégique.

Moscou change brutalement d'alliance. Il inonde l'Éthiopie d'armes (une aide qui atteindra environ 13 milliards de dollars entre 1977 et 1990) et organise un soutien massif. Cuba envoie plus de 15 000 soldats pour repousser l'offensive somalienne, une victoire que Fidel Castro vient célébrer en septembre 1978. 

Trahi, Siad Barre expulse les conseillers soviétiques et bascule vers Washington. L'Arabie saoudite et l'Égypte, hostiles à l'expansion soviétique, soutiennent les forces opposées au Derg. Israël, malgré la rupture diplomatique de 1973, maintient une assistance discrète à Addis-Abeba pour contrer les rebelles érythréens. L'Éthiopie devient l'épicentre d'un affrontement Est-Ouest et même au-delà. Certains soutiennent le Derg par idéologie, d'autres par intérêt, d'autres par opportunisme. Tous, à des degrés divers, transforment le pays en abattoir.

Le Derg, bientôt dominé par Mengistu Haile Mariam, fait du marxisme-léninisme une doctrine d'État. Le Programme de la Révolution nationale démocratique de 1976 fixe le cap : anti-féodal, anti-impérialiste, anti-capitaliste. Il promet aussi l'égalité entre les sexes et l'émancipation des femmes. Les terres rurales sont nationalisées dès 1975, sans compensation. Banques, assurances, grandes industries passent à l'État. On détruit tout ce qui précède. Les titres tombent et les statues sont déboulonnées. Selon un récit repris dans une étude universitaire, même les lions royaux sont tués. Toute opposition devient contre-révolutionnaire, donc une cible. Y compris d'autres marxistes, traités d'anarchistes. Les accusations changent, pas la mécanique. En URSS, c'est le bourgeois, le koulak, l'ennemi du peuple. En Chine, le droitier, le « capitaliste ». À Cuba, le gusano, le contre-révolutionnaire. Au Cambodge, le citadin, l'intellectuel, l'impur. En Éthiopie, le féodal, l'anarchiste. L'étiquette est toujours assez large pour viser n'importe qui et une fois posée, la discussion est close.

Que faire de Dieu dans un État marxiste ? Dans ce pays où le trône et l'autel étaient liés depuis des siècles, le Derg impose l'athéisme d'État. Le régime commence par le portefeuille. La nationalisation de 1975 arrache à l'Église ses terres et leurs revenus. Monastères et clergé perdent une grande part de leurs ressources, se retrouvent à la merci de l'État.

Puis il s'attaque aux hommes. Défilés, anniversaires de la révolution, slogans : le pouvoir impose son calendrier et ses rites. L'Église est surveillée et placée sous tutelle. En 1976, le patriarche Abuna Theophilos, son chef, respecté bien au-delà des frontières, est arrêté. On installe un successeur que le régime espère docile. Theophilos reste en cellule jusqu'à son assassinat, en 1979. Le Derg tait sa mort pendant des années. Un patriarche martyr, annoncé, aurait pu mettre le pays à feu.

Marxiste-léniniste, le Derg combat la foi mais sait s'en servir. Il brise les privilèges de l'Église orthodoxe, reconnaît les fêtes musulmanes et cherche à mettre les deux religions sous tutelle (l'égalité proclamée sert le contrôle). Mais la foi a survécu au régime, comme les fractures et le chaos qu'il a semés. Aujourd'hui, ce pays historiquement chrétien compte plus d'un tiers de musulmans et ils offrent désormais des prises aux puissances étrangères. L'Arabie saoudite, les Émirats et la Turquie cherchent à mobiliser les réseaux et les solidarités musulmanes pour étendre leur influence dans la Corne et récupérer l'islamité du pays (comme on l'a vu au Kosovo). Cette compétition débouche souvent sur des politiques christianophobes et totalitaires.

Retour dans l'Éthiopie de Mengistu. Pour quadriller le pays, le régime s'appuie sur les kebeles (comités de quartier en ville), et les associations de paysans à la campagne. Ces cellules administrent, surveillent, arrêtent, interrogent. Avec l'appui soviétique et l'aide est-allemande à l'appareil de sécurité, la mécanique familière des régimes communistes s'installe : censure, surveillance, arrestations arbitraires, pensée unique...

Puis vient avril 1977. Sur une place d'Addis-Abeba, Mengistu saisit trois bouteilles remplies d'un liquide rouge. Il les brise au sol, une par une, et promet la mort aux contre-révolutionnaires et à l'EPRP. Le Parti révolutionnaire du peuple éthiopien, rival d'extrême gauche, est l'ennemi désigné. Très vite, la cible déborde ce règlement de comptes. C'est le signal de la Terreur rouge.

Les kebeles, armés par le régime, traquent étudiants, intellectuels, jeunes, militants, tous ceux que la suspicion désigne. Une accusation de voisin peut suffire. Les rues d'Addis-Abeba se couvrent de corps, parfois mutilés, abandonnés au bord des routes. Des pancartes au cou ou clouées dans le dos : « Je suis un anarchiste », « Que la Terreur rouge prospère ». Les familles n'ont pas le droit de pleurer. Pleurer est contre-révolutionnaire. On leur ordonne de chanter des slogans glorifiant le massacre.

Le secrétaire général de Save the Children Suède, cité dans un rapport d'Amnesty International, témoigne : « Mille enfants ont été tués, leurs corps laissés dans les rues et mangés par les hyènes. On voit les corps empilés d'enfants de onze à treize ans dans le caniveau en sortant d'Addis-Abeba ». Le rapport évoque une estimation d'environ 5 000 jeunes de 12 à 25 ans tués dans la capitale, surtout entre décembre 1977 et février 1978. La répression politique, de la Terreur rouge jusqu'au début des années 1980, a coûté la vie à environ 200 000 personnes.

Il y a un détail qui résume tout mieux que n'importe quelle analyse. Les familles qui retrouvent le corps de leur fils ou de leur fille doivent payer le prix des balles utilisées pour les tuer. La « taxe de la balle gaspillée ». Sur le terrain, le calcul est une poudrière. En brisant les autorités traditionnelles et en armant des milices locales, le régime donne à des hommes le pouvoir d'arrêter et de tuer leurs voisins. Une querelle devient une accusation. Un voisin, un contre-révolutionnaire. Sous le vernis marxiste, les logiques de clan et les vieilles haines trouvent un vocabulaire (très présentes dans les conflits africains, comme nous l'avions documenté pour le Nigéria ou le Soudan). Les purges dégénèrent en règlements de comptes, parfois entre chrétiens et musulmans, parfois entre ethnies...

Dans les années 1980, le contrôle s'étend aux campagnes. La villagisation force des millions de paysans à se regrouper dans des villages planifiés, plus faciles à administrer et à surveiller. Les réinstallations déplacent des centaines de milliers de personnes du Nord vers le Sud et le Sud-Ouest. Officiellement, on modernise l'agriculture et on combat la famine. Mais le régime cherche surtout à vider les zones de rébellion potentielle. Les paysans perdent leurs attaches et leurs moyens de subsistance. L'agriculture souffre, le budget militaire explose, l'armée dépend des livraisons soviétiques.

La famine de 1984-1985 n'est pas seulement climatique. La sécheresse frappe un pays déjà ravagé par la guerre et les politiques du pouvoir. Le régime minimise la catastrophe pendant qu'il prépare les célébrations fastueuses du dixième anniversaire de sa révolution. Défilés, décorations, discours : il faut montrer les victoires du socialisme pendant que les affamés attendent les secours.

Un reportage de la BBC mobilise l'opinion internationale. L'aide afflue. Mais les centres de secours servent aussi à attirer les populations destinées aux réinstallations. Des gens venus chercher de quoi survivre sont transférés de force dans des conditions meurtrières. Médecins Sans Frontières dénonce ces déplacements : des dizaines de milliers de morts, avec des estimations allant jusqu'à 100 000. MSF France est expulsée en décembre 1985. Nourrir les victimes est permis, pas dénoncer ce qu'on leur fait.

Le bilan humain du régime de Mengistu Haile Mariam est estimé entre 500 000 et 2 millions de morts selon les sources. Le régime s'effondre en mai 1991. Mengistu fuit au Zimbabwe, où Robert Mugabe lui accorde l'asile et une vie dans le luxe et l'opulence. Harare refuse de l'extrader. Ouvert en 1994 devant la Haute Cour fédérale d'Addis-Abeba, le procès traîne jusqu'au verdict de 2006. Kjetil Tronvoll dénonce une justice violant elle-même les droits fondamentaux : détentions interminables, défense entravée, juges fidèles au nouveau pouvoir. Reconnu coupable de génocide par contumace, Mengistu est condamné à perpétuité en 2007, puis à mort en appel en 2008, avec dix-huit autres responsables du régime. 

Mengistu Haile Mariam et le Derg ont tué des centaines de milliers, voire des millions de personnes. Mais ils ont fait pire, ils ont brisé le fil d'une civilisation.

À retenir
  • Le Derg renverse un État héritier de seize siècles de christianisme. Depuis la conversion du royaume d'Aksoum au IVe siècle, la foi chrétienne a profondément façonné l'histoire, la culture et la légitimité du pouvoir éthiopien. L'Église orthodoxe porte une mémoire collective qui traverse les dynasties, les guerres et les invasions. En renversant Haïlé Sélassié en 1974, le Derg abat cet ordre impérial. La nationalisation des terres prive l'Église de ses ressources ; l'arrestation puis l'assassinat du patriarche Theophilos frappent son autorité spirituelle. La foi survit, mais l'État chrétien historique est démantelé.


  • Le marxisme-léninisme fournit la doctrine, le bloc soviétique les moyens. Mengistu organise le pouvoir autour des nationalisations, de la collectivisation, du parti unique et de l'élimination des « contre-révolutionnaires ». Les comités de quartier et les associations de paysans font descendre la surveillance jusque dans la vie quotidienne. L'URSS livre massivement des armes, Cuba intervient militairement et l'Allemagne de l'Est contribue à former l'appareil de sécurité. Le régime dispose ainsi d'une idéologie qui justifie la répression et de soutiens extérieurs qui renforcent sa capacité à l'exercer.
  • L'émancipation promise se traduit par les massacres, la coercition et la faim. La Terreur rouge frappe notamment les étudiants, les intellectuels et les militants d'une gauche rivale. Arrestations arbitraires, tortures, exécutions et exposition des cadavres servent à terroriser la population. Certaines familles doivent payer les balles utilisées pour tuer leurs proches avant de récupérer leurs corps. Dans les campagnes, la villagisation et les réinstallations forcées soumettent les populations au contrôle du régime. À l'échelle de son règne, les estimations les plus hautes imputent au régime jusqu'à deux millions de morts, entre répression, conflits et famines aggravées par ses politiques.
  • La chute du régime ne répare ni les crimes ni l'arbitraire. En 1991, Mengistu fuit au Zimbabwe, laissant derrière lui les morts, les familles dispersées et un pays ravagé par les conflits. Reconnu coupable de génocide par contumace en 2006, condamné à perpétuité en 2007 puis à mort en appel en 2008, il échappe à l'exécution de sa peine. Les poursuites contre les responsables du Derg sont elles-mêmes entachées de détentions interminables, d'entraves à la défense et de dépendance politique des juges, dénoncées par Kjetil Tronvoll. Le bourreau trouve refuge, les survivants attendent une justice que le nouveau pouvoir compromet à son tour.
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Ignorer les liens de navigation mengistu doc Créer Image d'avatar Le dictateur africain qui prenait plaisir à massacrer son propre peuple : Mengistu Haile Mariam
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