La Sélection du jour | Tuerie de Boulder (Colorado) : un terroriste « suprémaciste blanc » nommé Ahmad al Aliwi Alissa…(n°1232)
Partager

International

La synthèse

Tuerie de Boulder (Colorado) : un terroriste « suprémaciste blanc » nommé Ahmad al Aliwi Alissa…

Par Ludovic Lavaucelle - Publié le 25 mars 2021

Un assassin a commis un carnage dans un magasin de Boulder (Colorado) le 22 mars. Le bilan est de 10 morts dont un policier de 51 ans, père de 7 enfants, qui s’était précipité sur place dès l’alerte donnée. Le nom du meurtrier est maintenant connu… C’est un immigré venu de Syrie nommé Ahmad al Aliwi Alissa. Il a été arrêté. Si ses motivations ne sont pas établies, on peut légitimement poser la question d’un lien avec l’islamisme en considérant l’actualité des dernières années dans les pays occidentaux. « Surtout pas ! » prévient Eddy Scarry (voir article du Washington Examiner en lien ci-dessous). Poser la question publiquement vous ferait traiter de raciste, et les conséquences pourraient être lourdes comme l’exclusion des réseaux sociaux, voire le licenciement. Les premières constatations des enquêteurs, d'après les traces laissées par l'individu sur les réseaux sociaux et les témoignages de son entourage, indiquent bien une radicalisation. Il ne s'agirait pas de religion à proprement parler, mais d'une obsession maladive autour du concept de « racisme systémique » provoquant un comportement paranoïaque et un désir de vengeance. Silence chez les activistes promoteurs du concept...

Si Aliwi Alissa était un « petit Blanc » américain, on pourrait immédiatement pointer du doigt le « suprémacisme blanc » et les réseaux des héritiers du Ku Klux Klan, des hordes aux fronts bas et aux chapeaux pointus… C’est en tout cas ce que la Gauche américaine n’a pas hésité à faire concernant un autre massacre, commis dans trois salons de massage d’Atlanta le 16 mars, par un jeune homme blanc. Ce dernier a nié toute intention raciste et les médias ont « oublié » que deux des victimes étaient blanches (et six autres asiatiques). Pourtant, des médias aux politiques et même dans certains grands groupes privés, les messages se sont multipliés appelant à combattre le « suprémacisme blanc » et la haine raciale, bref les supporters de Trump… De fait, avant même l’arrestation du tueur de Boulder, la gauche libérale s’était déchaînée sur les réseaux sociaux. On prendra l’exemple du célèbre journaliste et auteur à succès Kurt Eichenwald qui a suggéré sur Twitter qu’il s’agissait sans doute d’une « violence complotiste anti-masques »… Meena Harris, nièce de la Vice-Présidente, a carrément tweeté « les hommes blancs violents sont la pire menace terroriste dans notre pays ». Elle a donc anticipé que le coupable devait être un terroriste, mais pas du genre que les Démocrates veulent voir… Ce tweet a été effacé par son auteur mais repris par un autre, qui a tenté de se justifier ainsi : « Mon opinion était fondée d’une part sur le fait que le coupable n’avait pas été abattu par la police, d’autre part sur la réalité que la majorité des tueries de masse sont commises par des hommes blancs ».

Cette dernière affirmation est fausse, quelle que soit la définition donnée à l’expression « tuerie de masse ». Le site The Trace, qui répertorie spécifiquement les violences par armes à feu aux Etats-Unis, a rapporté en septembre 2020 que presque 50% des meurtres causant des victimes multiples depuis le début 2020 avaient eu lieu dans des quartiers principalement habités par la communauté noire – qui ne représente que 12,2% de la population américaine. En 2016, le New York Times a publié une étude portant sur près de 350 tueries (au moins 4 victimes) par armes à feux. Les chiffres indiquaient que près des trois quarts aussi bien des victimes que des assaillants étaient noirs.

Dès que le tueur de Boulder a été identifié, le lendemain du drame, les commentateurs et activistes de gauche ont soudainement changé leur discours. Il fallait penser aux victimes et à leurs proches, pousser le gouvernement à changer la législation sur le port d’armes, et ne surtout pas mettre en avant l’identité du tueur pour ne pas lui faire de publicité, voire risquer des amalgames haineux… Les médias relayant l’information mise à jour ont été taxés de rapaces visant à diviser le pays. Les mêmes précautions n’étaient pas de mise concernant le tueur des salons de massage d’Atlanta. Sur les réseaux sociaux, certains activistes ont cherché à tout prix à se justifier en avançant que d’un point de vue racial, les Arabes du Moyen-Orient étaient assimilables à des « Blancs ».

On peut donc conclure, en suivant cette logique, que le terrorisme islamiste est intimement lié au suprémacisme blanc… Surtout pas d’amalgame !


La sélection

Les dernières sélections