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International

La synthèse

Travailleurs détachés : un casus belli européen

Par Judikael Hirel - Publié le 25 août 2017

En dépit du plaidoyer de Macron, le travail détaché divise toujours les Européens, souligne Jean-Claude Bourbon, dans La Croix, au lendemain de la tournée présidentielle dans une partie de l'Europe de l'Est. Le bilan est mitigé : le président français a obtenu le soutien de l’Autriche, la République tchèque et la Slovaquie. Mais la Pologne et la Roumanie restent opposées à toute révision des textes.

Lors de cette tournée européenne, Emmanuel Macron a pris soin d’éviter ces deux pays, fermement opposé à toute révision de la directive. L’objectif de l’Élysée est plutôt de les isoler sur le sujet, en rompant l’unité du « groupe de Visegrad », qui comprend la République tchèque, la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne. La République Tchèque et la Slovaquie se disaient prêtes à soutenir l’offensive française pour durcir les règles du travail détaché.

La France souhaite limiter la durée du travail détaché à 12 mois sur une période de deux ans, et que toutes les périodes comptent. Elle veut aussi s’assurer que les travailleurs détachés perçoivent tous les éléments de rémunération obligatoires dans le pays d’accueil. Pour le président roumain, « Il est bien clair qu’il faut améliorer cette directive. Mais il faut tenir compte du souhait des gens en Europe de l’Est de pouvoir travailler en France, en Allemagne ou Espagne ». Le sujet est extrêmement sensible en Roumanie, gros pourvoyeur de travailleurs détachés (30 000 rien qu’en France).

À Varsovie, la première ministre polonaise Beata Szydlo a réaffirmé son opposition à tout changement de la directive. « Nous ne changerons pas de position. Nous la défendrons jusqu’au bout parce que c’est une position favorable aux intérêts des travailleurs polonais », a-t-elle déclaré. Avec environ 500 000 ressortissants détachés chaque année dans l’Union européenne, la Pologne est le pays qui a le plus à perdre d’une refonte du système. La Pologne se met « en marge de l’UE » sur de « nombreux sujets », a réagi Emmanuel Macron, vendredi 25 août à Varna, en Bulgarie. Il présente le durcissement de la Pologne à propos du travail détaché comme « une nouvelle erreur ».


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