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Défense

La synthèse

Terrorisme islamique : L'opération Sentinelle attire la foudre !

Par Philippe Oswald - Publié le 10 août 2017

Au lendemain de l’attaque à Levallois de six soldats par un Algérien radicalisé (9 août), les critiques se multiplient contre l’opération Sentinelle mise en place pour renforcer le plan Vigipirate après les attentats de janvier 2015. La chaîne LCI synthétise clairement les arguments des opposants.

Sentinelle avait un double but : rassurer la population et renforcer les effectifs de police et de gendarmerie sur le territoire. 10 000 soldats de l’Armée de terre ont été déployés sur près de 300 sites en France. Mais :

1°) Ces soldats sont devenus des cibles privilégiées par les terroristes. Quatre jours avant l’attentat de Levallois, des militaires avaient été pris pour cible à la tour Eiffel. A Orly en mars 2017, au Louvre quelques semaines plus tôt, mais également à Valence en janvier 2016 ou encore à Nice en février 2015, ce sont des soldats qui étaient agressés. « Sentinelle est un paratonnerre qui attire la foudre ! » s’insurge Bénédicte Chéron, historienne spécialiste des relations entre l'armée et la société dans une interview au Point. Pourquoi pas, dira-t-on,  si les résultats sont là ? Mais :

2°) L'inefficacité de l'opération est criante selon Elie Tenenbaum, chercheur à l'Ifri et auteur d'un rapport intitulé "La sentinelle égarée ?" : « Ces militaires sont utilisés comme des supplétifs des forces de police avec des pouvoirs extrêmement limités, qui font de la présence et de la sécurisation a minima. »  Même avis de Michel Goya, colonel à la retraite : « Si on examine le bilan réel de l'engagement de militaires sur le territoire métropolitain depuis octobre 1995, écrit-il sur son blog "La voie de l'épée", « on constate que strictement aucun attentat, de quelque origine qu'il soit, n'a jamais pu être empêché par cette présence ».

3°) Pire, l’opération exténue les soldats en les détournant de leurs véritables missions. Les doléances concernant le travail imposé aux militaires et leurs conditions d’hébergement dans des sites parfois insalubres ont redoublé après l'annonce des restrictions budgétaires qui a provoqué la démission du Chef d'Etat-major Pierre de Villiers. « Sentinelle fait porter une charge considérable sur les armées et a un poids tout à fait négatif sur le moral des troupes et leur capacité à recruter les soldats dont nous avons besoin », explique le général à la retraite Vincent Desportes, ancien directeur de l'Ecole supérieure de guerre.

Conclusion provisoire : Pour Jean-Pierre Maulny, directeur du pôle recherche à l'Iris : « Il faut donner l'impression que l'Etat est protégé par ses forces armées... mais ce n'est pas nécessaire d'en faire une des missions principales des armées françaises ». Emmanuel Macron a annoncé que l'opération Sentinelle serait « revue en profondeur » à la rentrée.

 

 

 


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Terrorisme islamique : L’opération Sentinelle attire la foudre !

Par - Publié le 01 janvier 1970

Au lendemain de l’attaque à Levallois de six soldats par un Algérien radicalisé (9 août), les critiques se multiplient contre l’opération Sentinelle mise en place pour renforcer le plan Vigipirate après les attentats de janvier 2015. La chaîne LCI synthétise clairement les arguments des opposants.

Sentinelle avait un double but : rassurer la population et renforcer les effectifs de police et de gendarmerie sur le territoire. 10 000 soldats de l’Armée de terre ont été déployés sur près de 300 sites en France. Mais :

1°) Ces soldats sont devenus des cibles privilégiées par les terroristes. Quatre jours avant l’attentat de Levallois, des militaires avaient été pris pour cible à la tour Eiffel. A Orly en mars 2017, au Louvre quelques semaines plus tôt, mais également à Valence en janvier 2016 ou encore à Nice en février 2015, ce sont des soldats qui étaient agressés. « Sentinelle est un paratonnerre qui attire la foudre ! » s’insurge Bénédicte Chéron, historienne spécialiste des relations entre l'armée et la société dans une interview au Point. Pourquoi pas, dira-t-on,  si les résultats sont là ? Mais :

2°) L'inefficacité de l'opération est criante selon Elie Tenenbaum, chercheur à l'Ifri et auteur d'un rapport intitulé "La sentinelle égarée ?" : « Ces militaires sont utilisés comme des supplétifs des forces de police avec des pouvoirs extrêmement limités, qui font de la présence et de la sécurisation a minima. »  Même avis de Michel Goya, colonel à la retraite : « Si on examine le bilan réel de l'engagement de militaires sur le territoire métropolitain depuis octobre 1995, écrit-il sur son blog "La voie de l'épée", « on constate que strictement aucun attentat, de quelque origine qu'il soit, n'a jamais pu être empêché par cette présence ».

3°) Pire, l’opération exténue les soldats en les détournant de leurs véritables missions. Les doléances concernant le travail imposé aux militaires et leurs conditions d’hébergement dans des sites parfois insalubres ont redoublé après l'annonce des restrictions budgétaires qui a provoqué la démission du Chef d'Etat-major Pierre de Villiers. « Sentinelle fait porter une charge considérable sur les armées et a un poids tout à fait négatif sur le moral des troupes et leur capacité à recruter les soldats dont nous avons besoin », explique le général à la retraite Vincent Desportes, ancien directeur de l'Ecole supérieure de guerre.

Conclusion provisoire : Pour Jean-Pierre Maulny, directeur du pôle recherche à l'Iris : « Il faut donner l'impression que l'Etat est protégé par ses forces armées... mais ce n'est pas nécessaire d'en faire une des missions principales des armées françaises ». Emmanuel Macron a annoncé que l'opération Sentinelle serait « revue en profondeur » à la rentrée.

 

 

 


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