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Politique

La synthèse

Soldats tués, otages sauvés, deux images contrastées de la France

Par Philippe Oswald - Publié le 11 mai 2019

Peine, fierté, colère : voilà résumés en trois mots les sentiments exprimés par beaucoup de Français au lendemain de la délivrance au Burkina Faso, dans la nuit de jeudi 9 au vendredi 10 mai, de touristes otages de djihadistes (ces sentiments s’expriment notamment sur la page Facebook de la Marine Nationale en lien ci-dessous).  

Peine d’abord, car l’assaut, particulièrement difficile, aura coûté la vie à deux soldats des forces spéciales françaises, deux militaires d’élite qui ont choisi d’exposer leurs vies en allant au contact sans tirer les premiers pour épargner les otages. Ceux-ci n’étaient d’ailleurs pas seulement deux Français, comme leurs libérateurs le croyaient, mais comprenaient aussi une Américaine et une Sud-coréenne enlevées depuis quatre semaines. Elles aussi sont sorties saines et sauves de l’assaut grâce aux risques considérables pris par les soldats français.

Fierté ensuite, car le commando Hubert, l’unité d’assaut de Saint-Mandrier composée de nageurs de combat qui a réussi cet exploit, est un fleuron d’une armée qui n’a pas son équivalent en Europe, par la compétence et le sang versé, et dont le monde entier reconnaît le savoir-faire et l’abnégation. La perte de deux d’entre eux est une rude épreuve pour la France, sans parler du coût que représentent les moyens humains et matériels mobilisés pour cette opération décrite comme « particulièrement complexe » par le chef d’état-major des armées.  

Colère enfin, car la zone frontalière du Bénin et du Burkina Faso où les deux touristes français avaient été capturés était « formellement déconseillée compte tenu de la présence de groupes armés terroristes et du risque d’enlèvement » par le Quai d’Orsay, comme l’a rappelé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ce 11 mai. « On prend des risques majeurs si on y va » a souligné le ministre, avant d’ajouter : « Il faudra que les deux ex-otages nous expliquent pourquoi ils sont partis là ». Ces « risques majeurs », qui du Mali, ont gagné le Burkina Faso, le nord du Bénin et menacent désormais les pays côtiers du Golfe de Guinée, ont en effet été payés par le sacrifice suprême de Cédric de Pierrepont, 33 ans, et d’Alain Bertoncello, 28 ans. Les circonstances de leur mort auraient dû dissuader le président de la République d’accueillir en personne, avec les ministres des Affaires étrangères, des Armées et du chef d’Etat major, les deux otages français libérés, selon un rituel au demeurant contestable car il contribue à faire « monter les enchères » sur les otages français.


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