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International

La synthèse

Quand la Nouvelle-Zélande se voile par respect

Par Judikael Hirel - Publié le 22 mars 2019

Le massacre commis dans deux mosquées de Christchurch il y a une semaine a fait 50 morts. Tel un galet dans l’eau, cet attentat commis par un suprémaciste ne finit pas de voir son onde de choc se répandre, dans le pays comme à travers le monde.

D’abord sur les réseaux sociaux, où Facebook est clairement mis en accusation pour avoir laissé un assassin diffuser en direct son crime en toute impunité en streaming un quart d'heure durant. Des images quasi impossibles à détruire à posteriori, et vues par des publics d’autant plus jeunes que le tueur lui-même avait confié s’être entraîné à tuer grâce au jeu vidéo Fortuite, un "Battle royale" dans lequel le principe est de tuer tous ses adversaires pour n’être in fine que le seul survivant.

Ensuite en Europe, face aux propos haineux de Recep Tayyip Erdogan : le président omnipotent de la Turquie a estimé que l’attentat commis vendredi dernier en Nouvelle-Zélande faisait partie d’une "opération" plus large visant la Turquie : "ils sont en train de nous tester avec le message qu’ils nous envoient depuis la Nouvelle-Zélande, à 16 500 kilomètres d’ici, avait-il déclaré dans un discours, parlant d’une "hausse de l’islamophobie". À l’inverse, en France, et notamment suite à la réaction sur les réseaux sociaux de Najat Vallaud-Belkacem, l'avocat Gilles-William Goldnadel juge que le traitement médiatique de cet attentat n'est pas le même que celui réservé à des actes terroristes dont les auteurs présumés sont des islamistes radicaux.

Mais c’est en Nouvelle-Zélande elle-même que l’onde de choc est bien évidemment la plus forte. Ainsi, l’interdiction à la vente des armes de guerre, fusils d’assaut et autres armes semi-automatiques, a été décidée jeudi 21 Mars. Une décision extrêmement rapide qui surprend énormément aux Etats-Unis où, malgré de nombreuses tueries de masse, remettre en cause le droit à porter une arme s’avère encore et toujours impossible.

Enfin, ce vendredi, alors que la  Nouvelle-Zélande rend hommage aux victimes de l’attentat en ce jour de prière pour les musulmans, c’est une autre décision qui interroge en France : de la  première ministre Jacinda Ardern aux forces de polices, toutes les femmes sont invitées à se voiler en signe de solidarité avec la communauté musulmane. Alors qu'un appel à la prière a été diffusé ce vendredi dans toute la Nouvelle-Zélande, de nombreuses femmes à travers le pays choisissent de porter un foulard, suivant le hashtag #HeadScarfforHarmony (Foulard pour l'harmonie). Un choix de porter le hijab qui peut surprendre, vu de France, qui plus est au lendemain de la tentative de Décathlon de vendre un voile de sport destiné aux femmes musulmanes. Un produit qui avait soulevé une vague de protestations, rappelant que le voile porté par les femmes était avant tout un signe de soumission. Mais en Nouvelle-Zélande, l’émotion l’emporte sur la signification.


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