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Santé

La synthèse

Prévention du Sida: un rapport explosif !

Par Philippe Oswald - Publié le 12 juillet 2018

Dans un rapport publié le lundi 9 juillet  par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), les docteurs Gilles Duhamel et Aquilino Morelle estiment qu’entre 1666 et 4000 contaminations par le VIH auraient pu être évitées si l’Agence nationale du médicament (ANSM)  n’avait pas lambiné pour autoriser la mise sur le marché du Truvada. Ce nouveau médicament anti-VIH de « prophylaxie pré-exposition » (PrEP), fabriqué par l'américain Gilead, réduirait de 86% le risque de contamination. Demandée en janvier 2013, la mise sur le marché du Truvada ne sera finalement autorisée qu’en janvier 2016, soit trois ans après le début de l’instruction (35 mois, dont 20 mois de retard, d'après l'IGAS).

Ce n’est pas tout : pour expliquer que le dossier a été « enlisé ou enterré pendant de trop longs mois », le rapport dénonce l’ « attentisme médical et administratif », mais pointe aussi la promotion du préservatif « considéré comme l’instrument principal, pour ne pas dire unique, de la prévention de l’infection par le VIH ».  En clair, le retard de l’ANSM s’expliquerait par le lobbying d’associations de lutte contre le sida qui ne voulaient pas que le lancement du Truvada sape leurs campagnes de prévention focalisées sur le préservatif supposé garantir un « safe sex ». Mortelle illusion que dément catégoriquement le rapport : « Contrairement à une idée très répandue, loin d’avoir une « efficacité à 100 % », le préservatif n’atteint dans ce domaine que des taux de 80 % chez les hétérosexuels et 70 % chez les hommes ayant des relation sexuelles avec des hommes ».

Il y aurait donc 30% de risques de contamination par le VIH dans les relations homosexuelles masculines ainsi « protégées » ! Qui monterait dans un avion en étant averti d’un tel risque de crash ? Les accusations de « criminels » portées contre ceux qui ont dénoncé la promotion mondiale du préservatif se retournent contre leurs auteurs…

C’est donc à plus d’un titre que ce texte est explosif. Au point que l’IGAS « en tant qu’institution » a cru bon de prendre ses distances avec ses propres inspecteurs, en présentant leur rapport sous cet avertissement : « En dépit du caractère très documenté et circonstancié de ce rapport, le ton virulent parfois employé par ses auteurs, ainsi que certains propos excessifs, sont regrettables. »  En somme, un excellent travail mais qui ignore l’art administratif de noyer le poisson…

 

 


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