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Eglise

Abus sexuels, le 11 septembre de l’Eglise catholique

La comparaison des scandales sexuels qui secouent l’Eglise avec le choc provoqué par les attentats du 11 septembre 2001 émane d’un collaborateur du pape François. Mais les attaques terroristes de 2001 venaient d’un ennemi extérieur. L’Eglise, elle, se découvre minée par un mal pernicieux, un véritable cancer. Etats-Unis, Irlande, Australie, Chili, Argentine, France, Allemagne…enquêtes et révélations sur des abus sexuels commis par des prêtres et parfois des évêques dans le monde entier depuis des décennies se succèdent. L’Eglise est sonnée, KO debout, en état de sidération.

Certes, la hiérarchie, pape en tête, multiplie les déclarations. Mais aucune n’égale en force celle prononcée par Benoît XVI dans l’avion qui allait se poser à Fatima, au matin du 11 avril 2010 : « …aujourd’hui, nous le voyons de façon réellement terrifiante : la plus grande persécution de l’Église ne vient pas de ses ennemis extérieurs, mais naît du péché de l’Église. Et donc l’Église a un besoin profond de réapprendre la pénitence, d’accepter la purification, d’apprendre d’une part le pardon, mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice. » C’est bien le scandale des abus sexuels commis par des membres du clergé qu’évoquait ainsi Benoît XVI, premier pape à les avoir dénoncés publiquement. Quelques semaines auparavant, le 19 mars 2010, dans sa lettre aux catholiques d’Irlande, il avait écrit que les scandales de la pédophilie dans le clergé « ont obscurci la lumière de l’Évangile à un degré qui n’avait jamais été atteint, même dans les siècles de persécution ». La volonté du pape Benoît XVI était claire et pressante : l’Eglise devait se purifier, faire pénitence, mais aussi rendre justice aux victimes.

Huit ans et demi plus tard, où en est-on ? Le pape François a convoqué à Rome, du 21 au 24 février 2019, les présidents de conférence épiscopale du monde entier pour mobiliser l’Eglise contre les abus sexuels. Mais pendant ce temps, les enquêtes menées par des juridictions civiles se succèdent. Après la publication, mi-août, du rapport de l'État de Pennsylvanie, révélant que 301 prêtres des six diocèses de cet État avaient fait plus de 1000 victimes sur une période de 70 ans, cinq autres États des États-Unis ont lancé des enquêtes similaires. Le 12 septembre, en Allemagne, à la demande de l’épiscopat cette fois, une enquête menée par des chercheurs des universités de Mannheim, Heidelberg et Giessen établissait que, de 1946 à 2014, 3677 enfants - en majorité des jeunes garçons - ont été victimes d'abus sexuels commis par 1670 membres du clergé.

Certes, la proportion de prêtres incriminés dans le monde serait inférieure à 2% selon le Vatican (mais 4% aux Etats-Unis selon l’étude du John Jay College of Criminal Justice de New York, qui remonte à 2004  et doit certainement être revue à la hausse). Mais quoi qu’il en soit des pourcentages, s’agissant de crimes sur des enfants, trop, c’est trop : propagée par les révélations des media et des réseaux sociaux, la défiance s’est installée. Ce ne sont plus des repentances mais des mesures concrètes de justice, de réparation et de prévention qu’attendent l’opinion publique, les fidèles catholiques et d’abord les prêtres, victimes d’une suspicion généralisée. Il est urgent d’enlever les pommes pourries qui infectent toute la récolte, avertit Antoine-Marie Izoard, directeur de la rédaction de Famille Chrétienne, dans cet échange avec Henrik Lindell, de La Vie, sur KTOTV.


Abus dans l'Eglise : la colère de @AMizoard . "Il nous faut maintenant faire le ménage !"
KTOTV 13-09-2018

Voir la vidéo sur : KTOTV
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