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International

Trump : le scandale mais pas la guerre !

Dans le rôle de l’affreux international, Donald Trump n’est pas loin de cocher toutes les cases ! Il vient d’éclipser les pires dictateurs avec le tollé mondial provoqué par des vidéos montrant la détresse des enfants de migrants clandestins arrachés à leurs parents après leur arrestation à la frontière des Etats-Unis avec le Mexique. Des enfants en pleurs, appelant leur mère, des scènes insupportables ! Même Melania, l’épouse de Trump, d’habitude si discrète, a fait savoir son émotion. Depuis cinq semaines de mise en œuvre de la « tolérance zéro », plus de 2.300 mineurs ont ainsi été séparés de leurs parents.

Pourtant Trump n’est pas un dictateur ne serait-ce que par ce qu’il est loin d’en avoir les pouvoirs. C’est un président américain, élu pour quatre ans, encadré par la Constitution des Etats-Unis, marqué à la culotte par le Congrès, soumis à de virulentes critiques jusque dans les rangs républicains et à la merci d’une opinion publique sous influence de médias très largement allergiques à Trump. Face au raz-de-marée des critiques nationales et internationales, le président et son équipe répétaient depuis plusieurs jours qu'ils ne faisaient qu'appliquer la loi, et que seule une modification de cette dernière par le Congrès permettrait de mettre fin à ces séparations qui indignaient les Américains et le monde entier. Mais dans cette affaire comme précédemment dans le conflit avec la Corée du Nord, ce pragmatique a opéré un spectaculaire revirement en annonçant le mercredi 20 juin qu’il allait signer un décret pour éviter la séparation des familles : « Nous voulons que les familles restent ensemble. C'est très important » a-t-il déclaré mercredi dernier, lors d'une rencontre avec des élus républicains à la Maison-Blanche. Un peu plus tôt, le chef des républicains à la Chambre des représentants lui avait préparé le terrain en annonçant qu'il soumettrait au vote dès le lendemain, jeudi 21 juin, une loi mettant un terme aux séparations de familles de migrants franchissant illégalement la frontière.  « Il y avait exactement la même situation, celle de séparer les enfants et les parents, sous Barack Obama en 2016. Pourquoi personne n'en a parlé ? C'est parce que c'était Barack Obama ? » demande Kate Mc Kenna, membre du parti républicain américain, sur BFMTV.

Alors recul contraint et forcé à quelques mois des élections de mi-mandat où Trump redoute de perdre la majorité à la Chambre des représentants, ou stratégie, comme dans le bras de fer qui précéda la rencontre avec Kim Jong-un ? Quoi qu’il en soit, et quoi qu’on pense du personnage et de son style, un constat s’impose : jusqu’à présent, Donald Trump le tonitruant n’a déclenché aucune guerre contrairement à ses prédécesseurs à la Maison Blanche. Il n’y a là rien de nouveau sous le soleil, observe l’essayiste Roland Hureaux dans une tribune de Boulevard Voltaire : « Depuis longtemps, déjà, ceux qui font la paix ne sont pas les plus onctueux, ni les moins rudes ; ceux qui font la guerre ont souvent l’air de gens très convenables. » Bref, Trump appliquerait à sa façon le vieil adage romain : « Si vis pacem, para bellum ! »

 

 

 


Trump : dans les relations internationales, les plus brutaux ne sont pas forcément les plus dangereux
Boulevard Voltaire 21-06-2018

Lire l'article sur : Boulevard Voltaire
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