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International

Amérique Latine : Un décryptage de la crise au Venezuela

Alors que le Venezuela connaît les prémices d’une guerre civile qui a déjà fait plus de 120 morts, l’écrivain Jean-Marie Beuzelin donne sept clefs pour comprendre la situation dans un article à lire sur Boulevard Voltaire, en deux parties : première partie, seconde partie.

 1. Hugo Chávez : l’ancien président socialiste vénézuélien (1999-2013) a investi la manne financière du pétrole dans des programmes sociaux ambitieux (santé, logement, éducation) sans procéder aux réformes structurelles indispensables.

2. L’armée : au prix de purges régulières, le chávisme a fait de l’armée, de milices paramilitaires et du service de contre-espionnage vénézuélien une des forces répressives essentielles du pays, sur le modèle cubain. Cette militarisation politique se double d’une militarisation économique (fret, pétrole, gaz).  En toile de fond, corruption en tous genres…

3. L’ALBA-TCP : « L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique - Traité de commerce des peuples », créée en 2004 à La Havane par Fidel Castro et Hugo Chávez pour contrer l’influence géopolitique des USA et les effets de l’embargo imposé à Cuba, s’avère un désastre économique et financier pour le Venezuela avec l’effondrement des cours du pétrole.

4. Élections présidentielles du 14 avril 2013. La mort d’Hugo Chávez fait accéder le syndicaliste Nicolás Maduro à la présidence de la République. Mais Maduro n’obtient que 50,66 % des voix.

5. Élections législatives du 6 décembre 2015. Défaite du parti de Maduro, le PSUV (le Parti socialiste unifié du Venezuela) qui n’obtient que  46 sièges contre 99 sièges à l’opposition du MUD (Mesa de la Unidad Democrática). La situation économique a empiré : pénurie de produits de base, de médicaments, 180 % d’inflation, hausse vertigineuse des prix (315 % pour certains produits alimentaires)…

6. Procédure de révocation du président Maduro et réforme de la Constitution. Forte de sa victoire aux législatives, l’opposition engage une bataille institutionnelle pour réduire le mandat de Nicolás Maduro et imposer l’organisation d’un référendum révocatoire avant janvier 2017. Ces deux procédures prévues par la Constitution nécessitent l’accord du Tribunal suprême de justice et du Conseil national électoral (CNE). Malgré les signatures collectées, le CNE, dirigé par une fidèle de Maduro, réussit à empêcher ce référendum. Le président vénézuélien décrète, en mai 2016, l’état d’exception pour empêcher l’opposition de manifester… En vain ! Nicolás Maduro décide alors de réformer la Constitution et provoque l’élection d’une Assemblée constituante. Celle-ci a lieu le dimanche 30 juillet 2017, dans des conditions si contestées que le parquet général du Venezuela ordonne une enquête. L’arrestation, en pleine nuit à leurs domiciles, de Leopoldo López et Antonio Ledezma, le maire de Caracas, deux dirigeants d’opposition déjà assignés à résidence, attise l’incendie…

7. L’opposition à Nicolás Maduro grandit. Elle s’est élargie au-delà du MUD à des « chávistes historiques » comme le général Raúl Isaías Baduel, ancien ministre de la Défense, Luisa Marvelia Ortega Díaz, procureur général du Venezuela, Isaías Medina, conseiller à l’ONU qui a démissionné en dénonçant « les violations répétées des droits de l’homme et de crimes contre l’humanité », enfin à l’Église catholique vénézuélienne, qui, par la voix du cardinal de Caracas Jorge Urosa Savino, vient de déclarer que « l’Assemblée nationale constituante prévue par le président Nicolás Maduro est illégale et invalide ». Cependant, en dépit des déclarations musclées de Trump et le gel des avoirs de Maduro sur le sol américain, nombre de major compagnies américaines sont encore sur place, les Etats-Unis étant le principal client commercial – 40 % – mais aussi le principal fournisseur – 25 % – du Venezuela.

 

 


Que se passe-t-il au Venezuela ?
Boulevard Voltaire 08-08-2017

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