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Santé

La synthèse

Origine du COVID-19 : l’accident de laboratoire serait une cause rassurante

Par Ludovic Lavaucelle - Publié le 05 juin 2021

Le biologiste américain Bret Weinstein (article en lien ci-dessous dans le magazine numérique UnHerd) a manipulé des chauves-souris dans les grottes d’Amérique Centrale pendant des années. Il n’était pas le seul : des centaines de ses confrères faisaient la même chose dans les zones tropicales du monde entier. Il ne portait pas de gants pour ne pas blesser ces petits animaux car leurs ailes sont très fragiles. Pour autant, il n’est jamais tombé sérieusement malade et aucun de ses collaborateurs ne s’est écroulé devant lui dans une de ces grottes inhospitalières ou lors d’une conférence rassemblant les spécialistes. Pourtant, leurs objets d’études, des rongeurs aux singes en passant par les chauves-souris, sont connus pour être des « nids à virus ». Le discours imposé pendant des mois par les grands médias – et leurs alliés sur la toile – soutenant que ce nouveau coronavirus provenait d’un animal sauvage parait de moins en moins probable. L’hypothèse d’une fuite d’un centre de recherche prend de l’ampleur et il faut noter que cet « aggiornamento » se fait de mauvaise grâce, sous la pression politique plutôt que scientifique. Nous assistons à des efforts frénétiques pour couvrir les traces de désinformation (par exemple, la réécriture de titres de grands médias qui moquaient la thèse d’une fuite l’année dernière). Dans le même temps, les organismes scientifiques et gouvernements occidentaux crient « haro » sur la Chine…

Si un accident de laboratoire devait être confirmé, ce serait rassurant, explique Bret Weinstein qui compare les deux hypothèses et leurs conséquences. Une origine naturelle du virus signifierait que de nouvelles épidémies sont à redouter, devenant potentiellement de plus en plus dangereuses. Le réchauffement climatique pourrait par exemple ressusciter des organismes enfouis. Cela signifierait aussi que nos chercheurs auraient été trop précautionneux, pas été assez rapides, pas assez soutenus par les gouvernements pour prévenir cette catastrophe sanitaire qui a tué près de 3,4 millions de personnes et annonce une crise économique sans précédent. Le seul recours serait de redoubler d’efforts dans les laboratoires, de multiplier les mutations artificielles de virus trouvés dans la nature pour les rendre plus redoutables afin de mieux comprendre comment les combattre… Si, par contre, le SARS 2 (à l’origine du Covid-19) a été causé par une manipulation humaine, alors les remèdes seraient plus accessibles et moins dangereux. Il s’agirait en priorité d’encadrer strictement ces centres de recherche tout en imposant une transparence totale sur leurs modes de financement. Les mesures à prendre pour éviter une telle catastrophe seraient sous notre contrôle et non soumis aux aléas de la nature.

On pourrait rétorquer qu’imposer une meilleure gouvernance à ces organismes de recherche reste une réponse limitée. Après tout, la transmission de virus d’animaux sauvages à l’espèce humaine est une réalité, et soutenir les chercheurs est une nécessité. Mais les biologistes savent qu’un virus venant d’un animal sauvage doit passer deux épreuves très difficiles pour causer une grave épidémie chez les hommes. Il doit d’abord réussir à passer d’un animal à un homme et ensuite infecter une autre personne, et tout ceci rapidement (avant que l’hôte ne meure ou guérisse). Ce scénario est rare car les « protéines de pointe » d’un coronavirus chez une chauve-souris sont efficaces pour infecter ses congénères, pas les êtres humains. Or, le SARS2, dès sa détection dans la population humaine en 2019, présentait la caractéristique d’être très contagieux, donc parfaitement adapté à nos organismes. S’agirait-il d’une infection de laborantin par un cobaye génétiquement modifié ou d’une transmission à l’homme après une longue évolution dans la nature ? Malgré les efforts du gouvernement chinois, aucune preuve n’a pu être apportée pour corroborer l’hypothèse naturelle.

Si donc l’épidémie du COVID-19 provient d’une erreur humaine, quelles leçons pourrions-nous en tirer ? Au-delà des mesures de sécurité et de gouvernance, Bret Weinstein recommande de réconcilier science et philosophie. Si la recherche de la sagesse et les avancées scientifiques ne sont pas associées, nous ne pourrons pas éviter de nouvelles catastrophes. Or la communauté scientifique est aujourd’hui corrompue par une concurrence exacerbée. On n’hésite plus à exagérer le danger des virus présents dans la nature, voire à mentir sur les débouchés d’une recherche pour obtenir des financements et des honneurs. On ne met pas en doute des théories que l’on soupçonne fausses, de peur d’être ostracisé par ses pairs. Oui, la nature peut être dangereuse et nous avons besoin de chercheurs pour mieux la comprendre. Mais en écartant toute sagesse, nos institutions scientifiques sont comme les architectes de la Tour de Babel. Plus haut, toujours plus haut, jusqu’à l’effondrement…


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