La Sélection du jour | Médecine : Un pas de plus vers la PMA pour tous (n°84)
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Bioéthique

La synthèse

Un pas de plus vers la PMA pour tous

Par Olivier Bonnassies - Publié le 19 juin 2017

« Travaillez, faites carrière, vous aurez bien le temps, plus tard, d’avoir des enfants ». C’est en quelque sorte le message envoyé ce lundi par l’Académie de médecine. Un pas de plus vers une maternité séparée des lois naturelles, ainsi que vers un élargissement de l’accès à la PMA.

Dans un rapport publié ce lundi (adopté par 54 voix pour, 12 contre et 22 abstentions), l'Académie de médecine recommande de permettre aux femmes qui le désirent de conserver leurs ovocytes pour pallier d'éventuels problèmes de fertilité après 35 ans. Au nom de la lutte contre une mercantilisation de la conservation des ovocytes, mais aussi en invoquant l'évolution des esprits. L’Académie de médecine souhaite que cette disposition figure dans la prochaine révision de la loi de bioéthique, qui aura lieu au plus tard en 2018.

"Il existe un mercato de la congélation d'ovocytes (...) dans un but lucratif. Les Françaises doivent y avoir accès de manière légale et contrôlée", a fait valoir lundi à Paris lors d'une conférence de presse le professeur Philippe Bouchard, qui a participé à la rédaction du rapport de l'Académie. Certains proches du nouveau Président de la République ne cachaient pas, à la veille de la dernière élection, leur volonté de faire adopter la « PMA pour tous ». L’avis rendu par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE)  avant la fin juin sur le sujet devrait servir, en sus de ce rapport, de point d’appui pour le gouvernement afin d'y parvenir.

Ne pas pouvoir avoir d’enfant, ne pas pouvoir en avoir de façon naturelle du fait de sa sexualité, ou bien vouloir choisir, même tardivement, le moment où l’on conçoit… Les raisons d’accès à la procréation médicalement assistée ne cessent de s’élargir et de s’individualiser. Mais quid de l’éthique comme de la raison ? Rappelons que la loi bioéthique de 2011 permet pour l’instant à une femme n’ayant jamais eu d'enfant de conserver ses ovocytes en France, mais à la condition qu'ils soient prélevés dans le cadre d'un don pour autrui et qu'en cas de nombre insuffisant, priorité aille au don.


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