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Politique

La synthèse

L’objectif des Black Blocs ? Le néant !

Par Philippe Oswald - Publié le 03 mai 2018

Ils avaient promis de faire du 1er mai « un enfer », et ils ont tenu parole ! Après les dévastations qu’ils ont perpétrées à Paris lors de la manifestation de la CGT, beaucoup  s’interrogent sur le but poursuivi par les Black Blocs, voire sur leurs « revendications politiques ». C’est faire beaucoup d’honneur à ces casseurs qui se prétendent anticapitalistes mais qui sont avant tout viscéralement hostiles à tout ordre social. Il s’agit en effet d’anarchistes dont la violence est la seule forme d’expression ou plutôt de défouloir. Leur nom fait d’ailleurs référence non à un engagement ou à un programme, mais à une très efficace tactique de guérilla urbaine consistant à manifester cagoulé et vêtu de noir. Ironie de l’histoire : c’est la police de Berlin-Ouest qui a inventé l'expression « schwarze block » (« bloc noir ») pour les définir quand ils ont surgi en Allemagne à la fin des années 80…

Sans hiérarchie, comme il se doit pour des anarchistes, ils fonctionnent par amalgame de toutes les radicalités d’extrême-gauche, celles qui s’expriment à Notre-Dame des Landes, dans les facultés bloquées et saccagées, en marge de manifestations ou à l’occasion de rassemblements internationaux comme ceux de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle en 1999, du G8 à Genève en 2003, du sommet de l'Otan à Strasbourg en 2009, ou du G20 à Hambourg en 2017. Aux avant-postes des combats « altermondialistes », les Black Blocs recrutent tous ceux qui ont envie d’en découdre en « cassant du flic » et tout symbole d’une société abhorrée, MacDo, boutique, abribus … Parmi les quelque deux cents Black Blocs interpellés mardi dernier à Paris, la plupart avaient moins de trente ans, cinq étaient mineurs, cinq étrangers, et un tiers étaient des femmes.

A l’exception d’un noyau dur composé de meneurs internationaux, l’association des Black Blocs  ne dure que le temps de la casse dont ils n’attendent rien d’autre que le plaisir d’en découdre et de détruire, n’ayant aucun projet politique, ni espérance d’une révolution sociale qui leur ôterait leur raison d’être…D’où la difficulté de la police à prévenir leurs actions et à infiltrer leur mouvement sans organisation apparente quoique rompu à la guérilla urbaine. S’il fallait en définitive donner aux Black Blocs un dénominateur commun, ce serait le fameux slogan « no future ! » inventé par les nihilistes anarcho-punks des années soixante-dix. « No future ! » : ne serait-ce pas aussi une définition de l’enfer ?


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