La Sélection du jour | Les Français se laisseront-ils reconfiner par la peur ? (n°1106)
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Politique

La synthèse

Les Français se laisseront-ils reconfiner par la peur ?

Par Philippe Oswald - Publié le 29 octobre 2020

Nombre de Français ont mal dormi dans la nuit du 28 au 29 octobre après le discours anxiogène du Président de la République leur annonçant leur reconfinement. Déjà groggys au matin de ce 29 octobre, ils apprenaient qu’un nouvel attentat islamiste à l’arme blanche venait de faire trois victimes dans la basilique Notre-Dame de Nice : un homme, le gardien, égorgé, et deux femmes, une septuagénaire décapitée dans le sanctuaire, et une jeune mère de famille mortellement blessée alors qu’elle fuyait l’assaillant. « Les fleurs et les bougies ne suffiront pas. Nous croyants, nous prierons pour les défunts et leurs proches, pour la conversion du cœur des barbares... mais la mission des politiques, ce n'est pas les fleurs ni les bougies. C'est de nous protéger contre cet ennemi et de le vaincre » a tweeté l’abbé Grosjean (prêtre du diocèse de Versailles, connu pour ses interventions dans les réseaux sociaux et dans les médias).

« Ils ne passeront pas ! » avait dit et répété Emmanuel Macron quelques heures après l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, en reprenant curieusement la formule des « rouges » de la guerre d’Espagne. Moins de deux semaines après la décapitation de Samuel Paty par un musulman tchétchène, force est de constater qu’« ils » sont encore passés à l’action ce 29 octobre, jour anniversaire du « prophète » Mahomet. Et non pas une fois mais quatre : outre celle de Nice, une deuxième attaque a eu lieu à Avignon (l’agresseur menaçait des passants avec une arme de poing en criant « Allah Akbar », avant d'être mortellement blessé par des policiers), une troisième attaque a été déjouée à Lyon (un Afghan armé d’un couteau arrêté près de la gare de Perrache), une quatrième s’est déroulée devant le consulat français de Djeddah en Arabie Saoudite dont le vigile a été blessé.

Covid-19, terrorisme islamique : deux virus dont les Français sont de plus en plus nombreux à douter que le gouvernement sache les combattre. Vont-ils une seconde fois obéir docilement aux ordres du Président de la République en acceptant de se recalfeutrer pour un temps dont personne ne peut prédire la durée ? Le soir même du discours présidentiel, la veille de cette série d’attentats, des Turcs immigrés bravaient impunément le couvre-feu pour s’en prendre aux Arméniens français au cri d’« Allah Akbar » dans les rues de Vienne (Isère) et dans la banlieue de Lyon. Comment est-il possible qu’en plein couvre-feu, des communautés règlent leurs comptes sur la voie publique tandis que, dans les banlieues « sensibles », se poursuivent les rodéos sauvages et le bizness de la drogue ? Et comment se fait-il qu’un nouvel attentat islamiste soit perpétré au cœur d’une ville déjà ensanglantée par le terrorisme (86 morts le 14 juillet 2016, sur la promenade des Anglais) ? Ce nouveau carnage s’est produit dans un haut-lieu spirituel laissé sans protection spécifique (ce sont des policiers municipaux armés et postés à proximité qui ont neutralisé le terroriste) alors que le gouvernement venait d’annoncer que les églises et sanctuaires étaient des cibles privilégiées par les islamistes à l’approche de la Toussaint. Pourquoi a-t-il fallu attendre cette nouvelle série d’attentats pour que le Premier ministre Jean Castex porte le plan « Vigipirate » à son plus haut niveau ? Quant au ministre de la Justice, va-t-il continuer à soutenir que l’insécurité est de l’ordre du « ressenti » et que « la France n’est pas un coupe-gorge » (Éric Dupont-Moretti, 1er septembre 2020, Europe 1) ?

Sur le plan sanitaire, en revanche, pas question de minimiser, au contraire ! « Le virus circule en France à une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas anticipée », a argué le président pour justifier ce deuxième confinement. Pourquoi donc les mois passés n’ont-ils pas été employés à « tester, tracer, isoler », ni à doubler le nombre de lits de réanimation comme l’avait promis le ministre de la Santé (les postes de réanimation sont en réalité passés de 5000 à… 5800) ? Le Premier ministre devait préciser les contours de ce reconfinement lors d'une conférence de presse, ce jeudi à 18h30. Une intervention attendue sans illusion par nombre de salariés et de chefs d’entreprise, et de tous les acteurs du commerce indépendant qui voient leur activité une seconde fois à l’arrêt tandis que les grandes surfaces et les plateformes numériques prospèrent. Plus largement, c’est la vie sociale, culturelle et spirituelle (les célébrations sans fidèles à partir du 2 novembre ?!) de tous les Français qui va être durablement blessée par ce qui ressemble terriblement à un ukase sanitaire imposé par la peur, alors que le principal problème est l’encombrement des services de réanimation et une « stratégie de test défaillante » comme le dénonce le médecin urgentiste Gérald Kierzek (en lien ci-dessous). À ce point, il est crucial de redéfinir nos raisons de vivre… et pour ceux qui nous dirigent, de réviser de fond en comble leur façon de gouverner.


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