La Sélection du jour | L’Église « Lumière du monde » (n°1001)
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Spiritualité

La synthèse

L’Église « Lumière du monde »

Par Olivier Bonnassies - Publié le 29 juin 2020

Le 29 juin, l’Église catholique célèbre la solennité des martyrs à Rome de saint Pierre (crucifié la tête en bas en 64 sur la colline du Vatican) et de saint Paul (décapité en 67, sur la via Laurentina, hors les murs), en oubliant quelque peu celui de saint Jean dont la tradition dit qu’il sortit indemne du supplice de l’huile bouillante, sous Domitien, ainsi que le rapportent notamment Tertullien, Ambroise, Jérôme, Polycarpe, Polycrate et les fresques de la Basilique et de l’oratoire construits en mémorial sur les lieux du miracle, à la Porte latine.

Ces trois saints importants représentent trois manières d’être dans l’Église : Pierre, c’est l’Église hiérarchique, enseignante, en charge de « confirmer ses frères » (Lc 22,32) dans la vérité de la foi ; Paul, à la suite des Apôtres Jacques le Majeur ou Thomas, par exemple, c’est l’Église missionnaire qui offre sa vie pour témoigner de l’amour jusqu’au bout du monde ; Jean, qui reste uni à la Vierge Marie, c’est l’Église des religieux et des contemplatifs, qui intercèdent et recherchent l’union à Dieu, dans la prière.

En cette période particulière où l’Église est très attaquée, l’Association Marie de Nazareth publie un nouveau petit livre pour redire que « l’Épouse du Christ » reste la « Lumière du monde » (Mt 5,14) en rappelant les fruits extraordinaires et inégalables portés sur 2000 ans en ces trois domaines de la vérité, de la charité et de la prière, après avoir insisté sur une réalité centrale : tout ce que Jésus nous a laissé est porté et transmis par l’Église.

Lors de son passage sur Terre, le Christ n’a, en effet, rien écrit ; il n’a rien construit ; il n’a pas fait de politique ; il n’a pas fomenté de révolution ; il n’a pas changé les lois de la cité ; il n’a rien découvert en sciences ; il n’a laissé aucune œuvre d’art ; il n’a rien apporté dans le domaine militaire ; il n’a pas conquis de royaume… Le seul héritage qu’il nous laisse, c’est l’Église, c’est-à-dire une communauté d’hommes et de femmes qu’il a « choisis » (Jn 6,70), « appelés » (Mt 10,1), « établis » (Mc 3,16) et institués « pour qu’ils soient avec lui » (Mc 3,14). Il les a ensuite enseignés, formés et organisés tout au long de ses trois années de vie publique, avant de leur transmettre son autorité et de leur envoyer son Esprit Saint. C’est ainsi que l’Église a eu les moyens de ne pas errer et de garder son unité autour des 267 Papes qui se sont succédé de manière ininterrompue, de saint Pierre au pape François. Et alors que le monde entier se divise (orthodoxes, protestants, juifs, musulmans, bouddhistes, hindouistes, etc.), l’Église catholique est la seule à se rassembler autour d’un seul chef ; la seule à pouvoir enseigner d’une seule voix par ce que l’on appelle « le Magistère » ; et la seule à être capable de publier toujours et universellement un catéchisme, c’est-à-dire un exposé organique et détaillé de tout ce qui concerne la foi et les mœurs.

L’Église sainte & composée de pécheurs procède d’une volonté expresse du Christ et c’est là un immense cadeau à l’humanité. Impossible sans elle de répondre à toutes les questions existentielles qui nous dépassent : d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le sens de la vie ? Comment atteindre la béatitude ? Qui est Dieu ? Qu’y a-t-il après la mort ?

La vérité est une mais l’erreur est multiple : c’est pour cela que Jésus nous a laissé son Église, même si les hommes d’aujourd’hui ont bien du mal à reconnaître ce trésor !
Déjà, dans le passé, les schismatiques et les réformateurs protestants avaient pensé pouvoir s’en passer.
Plus récemment, certains intégristes sont tombés dans le même piège.
Aujourd’hui, sur Internet, d’innombrables illuminés, gourous ou coachs autoproclamés prétendent nous dire, à leur tour, la vérité du monde et de Dieu.
Mais toutes ces théories ne sont que des constructions humaines, qui ne reposent sur rien de solide.
Seule l’Église nous est donnée par Jésus et c’est cela qui change tout.
Sur toutes les questions « métaphysiques » (hors de portée de nos sens et de notre science humaine), la vérité ne peut pas provenir de nos petits cerveaux sans l’aide de Dieu et c’est pour cela qu’il est indispensable de s’en remettre à cette Église que le Christ a instituée…
Toute autre démarche est irrationnelle !
L’Église seule est habilitée à parler, agir et sanctifier au nom de Dieu.
Sur le temps long, au-delà des aléas de notre Histoire souvent agitée, elle seule nous est donnée comme la boussole et la « Lumière du monde »…

En résumé, malgré les critiques actuelles, parfois justifiées, retrouver l’amour de l’Église est indispensable, parce que le seul chemin vers Dieu passe par le Christ et par l’intégration à son Corps qui est l’Église. Comme l’a rappelé le concile Vatican II, l’Église est véritablement le « sacrement universel du salut, le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu » (Lumen Gentium n°1) et on serait donc bien avisé de la reconsidérer, de l’aimer, de la défendre et de la rejoindre…


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