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Politique

La synthèse

Le scandale de l’élimination de François Fillon

Par Olivier Bonnassies - Publié le 02 février 2020

François Fillon donnait jeudi dernier sur France 2 l’impression d’un homme à terre, qui ne veut plus se battre. Mais ses explications détaillées rappelaient combien sa chute a été programmée par la conjonction de l’action de ses adversaires politiques, du système médiatique, d’une trahison, et par l’implication zélée du pouvoir judiciaire.

Si les trois premières oppositions sont dans l’ordre des choses, la quatrième ne l’est absolument pas, et il est étonnant qu’on l’accepte sans réagir. Locke et Montesquieu avaient défini la séparation des pouvoirs comme un des principes fondamentaux de la démocratie et de tout système politique équilibré : « Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». La déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 le rappelle : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution » (article 16).

Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire doivent donc en principe être absolument indépendants : le pouvoir exécutif, en particulier, doit respecter le pouvoir judiciaire, qui doit garantir le droit et limiter l'arbitraire.
Mais, inversement, le pouvoir judiciaire ne doit pas non plus intervenir en quoi que ce soit dans l’espace du pouvoir exécutif.
Pourquoi cela ?
Pour deux raisons principalement :
- La première est qu'on peut toujours trouver bien des choses à reprocher à n’importe qui, et donc également aux responsables du pouvoir exécutif. Sans respect de ce principe fondamental, il pourrait donc y avoir en permanence des interférences affaiblissant l'exécutif.
- La deuxième est qu'en s'appuyant sur ces éléments réels ou supposés, le système judiciaire peut dérailler carrément - et l’Histoire montre qu’il ne s’en prive pas - : « Donnez-moi deux phrases d’un homme et je le fais pendre » promettait, dit-on, Laubardemont, commissaire de Richelieu. C’est ainsi que la justice a réussi à condamner à la prison et à la mort Jésus lui-même et ses apôtres, mais aussi Socrate, Soljenitsyne et tant d’autres innocents ... On a même trouvé 70 chefs d’accusation contre Jeanne d’Arc ! Par contre, les plus grands tyrans de l’histoire et tous les potentats communistes s'en sont généralement bien tirés. En France, Mitterrand, Chirac et Sarkozy, n'ont jamais été empêchés malgré des « casseroles » autrement plus pesantes que celles de Fillon. Lequel aura bien du mal à ne pas être condamné par une institution qui ne peut pas se déjuger sans provoquer un séisme (jugements le 24 février et le 11 mars). Et la justice continue encore à se déshonorer sans cesse à cause de ses parti-pris idéologiques (Mur des cons, Marine Le Pen, etc.), de sa soumission à l’opinion publique (Cardinal Barbarin, Cardinal Pell, etc.), et de sa compromission avec les intérêts économiques dominants (Affaires Alstom, Alcatel, Technip, Total, Société Générale, BNP Paribas, Carlos Ghosn, etc.) ...

La justice des hommes est donc remplie de faiblesses et c'est pourquoi, pour limiter autant que possible les abus, la moindre des choses est qu’elle soit effectivement totalement séparée du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif.

Comment donc admettre ce qui s’est passé lors de la dernière élection présidentielle ?

La réalité c’est qu'en 2017 le pouvoir judiciaire a impacté de manière énorme et décisive l’élection principale du pouvoir exécutif, et c’est un énorme scandale.

François Fillon a rappelé jeudi dernier la rapidité anormale - et jamais vue - avec laquelle la Justice s’est saisie de cette affaire, qu’elle a ensuite instrumentalisée et fait vivre, avec des rebondissements tous les trois jours, pendant toute la période de la campagne présidentielle, - en contraste saisissant avec la lenteur habituelle qu’elle a montrée ensuite, pendant 3 ans, à partir du moment où la présidentielle a été pliée -.
Toute cette action à sens unique a été menée par les juges de ce fameux « Parquet national financier » que François Hollande et Christiane Taubira ont créé en 2014, en nommant à sa tête des magistrats qui étaient ouvertement de gauche, au sein d’une magistrature elle-même extrêmement partisane.

Ce n’est donc pas seulement un procès à charge qui a été mené contre François Fillon, c’est un coup d'Etat, une véritable forfaiture, qui a bafoué les principes les plus élémentaires de la démocratie et de la séparation des pouvoirs.


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