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Education

La synthèse

Le Planning familial vante aux enfants le « polyamour » …et prend une raclée

Par Philippe Oswald - Publié le 30 mars 2021

« Savoir que j'ai le droit de jouer dans la cour de récré c'est bien. Savoir que j'ai le droit d'avoir plusieurs amoureux.euses aussi. » Ce slogan en écriture inclusive (tout se tient !) est celui de la campagne d'éducation sexuelle concoctée par le Planning familial à destination des enfants. Délicatement intitulée « MonEducSex », cette campagne a été lancée dès le mois de septembre via les réseaux sociaux pour compenser les trois heures d’éducation sexuelle que la crise sanitaire empêche le Planning de délivrer dans les classes. Chacun a pu ainsi juger de la tenue intellectuelle et morale de l’argumentaire du Planning familial auquel l'Éducation nationale a confié le soin d’instruire les enfants. Exemple : « En amour, il y a plein de possibilités ! Qu'on soit enfant ou adulte, il est possible de changer souvent d'amoureux.ses, ou d'avoir plusieurs amoureux.ses en même temps. Être en couple, relation composée de deux personnes, est un modèle mais pas le seul. » Selon le Planning familial, le manque de représentations du « modèle » polyamoureux dans les films et les livres (à croire qu’au Planning, on ne fréquente guère cinémas et bibliothèques !) priverait les enfants et les adolescents de cette expérience exaltante : « Si toutes les personnes sont au courant et qu'elles sont d'accord, ça peut rendre tout le monde très heureux ! Plus de personnes, plus d'amour, c'est aussi plus de bonheur, de câlins… L'important c'est la communication et l'honnêteté. » Brillant !

Les premières réactions à cette campagne ne sont pas rassurantes pour le Planning familial. Sur sa page Facebook , il se prend un retour de boomerang analogue à celui qui frappe le syndicat étudiant UNEF tombé dans le panneau du « racialisme » en prétendant lutter contre le racisme (cf. LSDJ n°1231). Les réactions sont principalement celles de femmes révoltées par la campagne pour la « non-monogamie » (sic) du Planning. « Pour info, la polygamie est interdite en France donc merci au Planning qui n’a rien de familial d’arrêter d’en faire la promotion » intime l’une. « Comment préparer les femmes à servir encore plus le patriarcat ? On se posait justement la question » ironise une autre. « Et donc, les mêmes impôts qui servent à payer cette propagande de destruction de la famille, sont ceux qui serviront à payer les pensions des mamans sans maris, des enfants sans papas, les psys des enfants rendus fous par ce discours délirant... quel bel avenir ! » s’indigne une troisième. « Vous êtes complètement tarés. Vous détruisez et déconstruisez une des valeurs fondamentales de l'amour qui est la fidélité ! », lit-on encore. Un autre message fait référence à la campagne contre le sida : « C’est sûr que d’encourager les plus jeunes à avoir « plusieurs amoureux » permettra de lutter contre le sida... vive la cohérence ! ». « Le niveau zéro de l'éducation affective et sexuelle. Mettre dans le même panier amour et sentiment amoureux, c'est la plus grave des confusions ! » dénonce une éducatrice. « Tous les messages plus haut confirment que vous êtes dangereux pour la société et les enfants que vous visez à détruire par vos perversions » conclut un autre message.

Devant la cascade de scandales sexuels révélés actuellement, l’opinion publique prend la mesure des dégâts d’une prétendue « libération sexuelle » dont les premières victimes sont les femmes et les enfants. Les libertaires, soixante-huitards attardés, dont des militants LGBT partisans du droit à changer de « genre » dès le plus jeune âge, rencontrent à présent sur leur route des parents, des éducateurs et des féministes conséquents, bien décidés à ne plus rien leur concéder. Empêtré comme l’UNEF dans l’ engagement « intersectionnel » (combiner les enjeux de classe, de genre et de race), le Planning est menacé par les divisions internes auxquelles l’exposent ses engagements « de polyamour, de non-monogamie, de relations libres et ouvertes » qui cadrent mal avec la défense des femmes. Dans La Croix (en lien ci-dessous), la vice-présidente du Planning, Sarah Durocher, reconnaît avoir souhaité « déconstruire certaines normes, comme celle de la famille traditionnelle », mais se défend de soutenir « une forme de violence faite aux femmes ». Elle concède néanmoins du bout des lèvres : « Cela était peut-être mal dit ».


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