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Santé

La synthèse

Le mystère de la résistance de la France aux recommandations du Professeur Didier Raoult

Par Olivier Bonnassies - Publié le 01 mai 2020

La longue et très intéressante interview du professeur Didier Raoult sélectionnée aujourd’hui a été réalisée avant-hier sur BFM-TV et en voici le résumé :

Didier Raoult a accumulé les données avec son IHU qui a fait les plus grosses études au monde (100 000 tests aujourd’hui et 5 000 cas positifs traités par un personnel médical pas plus infecté que le reste de la population française) et il pense normal de donner son avis pour sortir du « délire polémique ».

Il note d'abord que les Chinois ont utilisé massivement la chloroquine et ont publié dès le mois de février 2020 une étude positive réalisée sur une centaine de malades. Lui l’a recommandée alors en parlant de « Fin de partie » en Chine (4'30). Mais, bien qu’il soit reconnu comme le meilleur expert mondial des maladies infectieuses avec trois autres collègues de Marseille dans les 30 premiers (vérification en tapant « communicable diseases » sur le site Experscape.com), Le Monde et le gouvernement ont parlé de « fake news » !

Aujourd’hui son constat est terrible, car « il y a une cassure du monde en trois parties » (5'00) :
- les pays les moins riches ont utilisé massivement la chloroquine, l’hydroxychloroquine et/ou l’azithromycine et ils sont très peu touchés,
- tous les pays de l’Extrême-Orient, Chine, Inde, Corée, Thaïlande ont traité des millions de gens avec ces traitements et ils ont les meilleurs résultats,
- l’Europe de l’Ouest et une partie des États-Unis ont été malheureusement influencés par des gens qui travaillent autrement et leurs résultats sont les plus mauvais du monde.

Si l’on excepte l’Iran qui a fini par distribuer massivement de la chloroquine et qui maîtrise maintenant l’épidémie (17'00), les 15 pays qui ont les taux de mortalité les plus forts sont tous des pays riches, ce qui est « du jamais vu ».

Le professeur Raoult attribue cet échec à notre modèle technologique et économique basé sur la recherche par les laboratoires de médicaments nouveaux, chers et lucratifs, qui méconnaît le fait que nous disposons aujourd’hui d’un extraordinaire capital de médicaments efficaces déjà existants (7'20-9'20).

À l’IHU de Marseille, les résultats sont clairs : trois fois moins de morts (10'00).
57% des médecins prescrivent maintenant le traitement dans le monde, d’après un sondage. Quantité de très grands professeurs de médecine partout dans le monde se sont prononcés pour l'appliquer. Pourquoi alors ne pas le recommander en France ?

Les autorités médicales françaises ont dit craindre « sa dangerosité », mais le professeur Raoult tient cette affaire pour « l’histoire médicale la plus fantasque qu’il a vue de toute sa vie » (33'00) :
- ce médicament existe depuis 80 ans,
- il a été prescrit à environ un tiers de la population mondiale,
- on en vend 36 millions de pilules en France chaque année,
- il y a même eu une étude sur 900 000 personnes (!)
- et il n’y a jamais eu d'effet secondaire grave constaté...
Comment les autorités médicales peuvent-elles pointer le « grand danger » de ce remède ?
Cela lui paraît « fantasque », « inouï », « incroyable ».

Il ne comprend pas « la crise de nerfs » et « la peur » que suscite le Covid-19 qu’il faudrait traiter avec professionnalisme et méthode, comme toute maladie infectieuse, et il se dit « stupéfait » de l’indigence des études contradictoires parfois présentées par les pouvoirs publics eux-mêmes (45'00).

En réalité, les maladies infectieuses s’évaluent à travers deux chiffres : la contagiosité et la mortalité (34'00).
- La contagiosité de la rougeole ou de la variole est évaluée par un « R0 » situé entre 12 et 20. Mais, pour le Covid-19, on est seulement entre 2 et 2,5, ce qui n’est pas élevé.
- La mortalité du Covid-19 n’est pas non plus extraordinaire. À Marseille, les taux de mortalité sont les plus bas du monde, entre 0,3 et 0,5%, pas loin de la grippe.

Sans vouloir jouer les devins, Didier Raoult estime que cette épidémie devrait évoluer comme toutes les autres, avec une courbe en cloche qui devrait se terminer vite (cf. la photo illustrant l'article qui montre les cas répertoriés à Marseille). Il lui paraît fort possible qu’elle disparaisse définitivement et rapidement, comme le SARS a disparu en juillet 2003 (39'00). L’idée d’une seconde vague lui paraît « de la science-fiction », car il n’y en a jamais dans le domaine des infections respiratoires. Et il qualifie la référence à la grippe espagnole de grand guignolesque, car il n’y aurait pas eu une telle mortalité à l’époque si on avait pu disposer d’antibiotiques (40'00).

Il se dit enfin sceptique sur l’idée d’un éventuel vaccin l’année prochaine, si l’épidémie existait encore. Car il y a, pour le coup, sur les vaccins, de graves effets secondaires possibles et il faudrait donc évaluer avec beaucoup de sérieux la sécurité et l’intérêt de faire un tel « pari considérable » (38'00).

La France sera-t-elle le dernier pays à refuser de traiter les malades du coronavirus avec un médicament français comme nous le demandions il y a déjà un mois et demi (LSDJ 915) ?

La résistance de notre pays aux recommandations du professeur Didier Raoult reste un grand mystère !…


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