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La synthèse

Le Liban, prochain conflit par procuration entre Arabie Saoudite et Iran ?

Par Judikael Hirel - Publié le 10 novembre 2017

Ce vendredi le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a mis en garde contre toute "utilisation du Liban comme un lieu de conflits par procuration". En effet, après la purge éclair menée par le prince héritier saoudien, le ton monte contre l’Iran, et contre son allié Libanais, le Hezbollah.

Entre Egypte et Turquie, sans oublier la mise au ban du Qatar, l’Arabie Saoudite a construit ses dernières années un véritable croissant anti-chiite, estime Nathalie Goulet, sénatrice UDI. Au lendemain d’une attaque de missile déjouée contre sa capitale, l’Arabie Saoudite a déjà demandé à ses ressortissants présents au Liban de quitter le pays. Encore une fois, le pays au Cèdre sera-t-il la victime d’un conflit par procuration entre ses puissants voisins ? C’est depuis l’Arabie Saoudite, où le Président Macron vient de faire une visite surprise, que le Premier Ministre libanais a annoncé sa démission, sans doute sous la pression saoudienne. Encore présent sur place, il serait libre de ses mouvements. "Le grand sujet des Saoudiens est l’influence croissante de l’Iran dans la région, estime Tamara Witttes, en charge du  Center for Middle East Policy chez Brookings. Tout ce que l’Arabie fait hors de ses frontières - et la plupart de ce qu’elle fait à l’intérieur - est au sujet de l’Iran."


L’éternel combat entre sunnites et chiite se poursuit donc, et risque de se dérouler au Liban, où "l’Iran est fortement implantée via le Hezbollah. Ces dernières années, les Saoudiens ont rechigné à s’engager au Liban, réduisant leur aide et laissant le pays sans gouvernement durant deux ans."  Hariri a donc dû “passer un accord” avec le Hezbollah pour revenir aux commandes du pays, estime Tamara Wittes, ce qui a amené l’Arabie Saoudite à lui demander de démissionner. La tension monte, mais débouchera-t-elle sur une guerre ouverte ?


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