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La synthèse

Le Conseil de l’Europe inquiet mais désarmé face à l’islamisation

Par Philippe Oswald - Publié le 26 janvier 2019

Fondé en 1949, le Conseil de l’Europe compte aujourd’hui 47 États dont les 28 États membres de l’UE. C’est donc une organisation intergouvernementale distincte de l’Union européenne (il ne faut pas le confondre avec ces deux institutions de l’UE que sont le Conseil européen, qui réunit les chefs d’États et de gouvernements des États membres de l’UE, et le Conseil de l’Union européenne, qui rassemble les ministres des gouvernements des États membres). Regroupant des Etats théoriquement attachés à la démocratie libérale et au pluralisme politique, le Conseil de l’Europe est principalement compétent en matière des droits de l’homme, via la Cour européenne des droits de l’homme qui est l’un de ses organes. Il siège à Strasbourg au Palais de l’Europe.

C’est là, à Strasbourg, le 22 janvier, que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (dont les membres sont désignés par les parlements nationaux) a adopté une résolution d’une forte portée symbolique sur « La charia, la Déclaration du Caire et la Convention européenne des droits de l’homme ». Quoique non contraignante, cette résolution est politiquement importante : elle reconnaît qu’il existe bel et bien une concurrence et une incompatibilité entre la loi islamique, la charia, et le droit qui régit les pays démocratiques occidentaux. Ces deux ordres juridiques sont rivaux car ils prétendent tous deux à l’universalité, l’un au nom d’Allah, l’autre au nom de la rationalité juridique occidentale fondée sur la liberté et l’égalité. Néanmoins, la charia s’exerce dans plusieurs pays d’Europe, de façon officielle ou officieuse, selon les cas, certains Etats préférant s’en accommoder comme gage d’une paix sociale, surtout en matière de droit de la famille.

Face à cette situation qui ne peut que s’étendre et s’enkyster avec l’immigration, l’Assemblée du Conseil de l’Europe sonne le tocsin :  elle « s’inquiète grandement » du « fait que la charia, y compris des dispositions clairement contraires à la Convention, s’applique officiellement ou officieusement dans plusieurs États membres du Conseil de l’Europe, sur l’ensemble ou une partie de leur territoire ». Les principaux pays concernés sont la Grèce (où la charia régit officiellement la communauté musulmane en Thrace), la Tchétchénie (membre de la Fédération de Russie), et le Royaume-Uni (où des « conseils de la charia » prononcent des jugements en matière de divorce, de succession et de droit commercial avec l’aval des autorités britanniques). Mais l’Assemblée avertit que des « tribunaux islamiques informels peuvent également exister dans d’autres États membres du Conseil de l’Europe ».

Un autre phénomène que le Conseil de l’Europe juge « extrêmement préoccupant » est l’attitude de trois États membres du Conseil de l’Europe mais principalement musulmans, l’Albanie, l’Azerbaïdjan et la Turquie, qui ont avalisé la « Déclaration sur les droits de l’homme en islam » du Caire (1990). Celle-ci déclare, notamment, que tous les hommes naissent musulmans et que « tous les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration sont soumis aux dispositions de la Charia ». Du fait même, disparaissent l’égalité des personnes sans considération de sexe et de religion, avec les libertés d’expression, de religion, de mariage.      

 Cette résolution du Conseil de l’Europe a tout l’air d’une prise de conscience en forme de cri d’alarme. Mais elle révèle aussi la faiblesse de l’Europe face à l’islamisation. En effet les « valeurs » européennes déconnectées du droit naturel auquel croyaient les initiateurs de la Déclaration universelle de 1949 (l’année même de la fondation du Conseil de l’Europe face au totalitarisme communiste), ont perdu le fondement objectif qui permettrait aux pays occidentaux de s’opposer rationnellement, par le haut, à cet autre totalitarisme qu’est l’islamisme. S’il n’existe plus de nature humaine, ni par conséquent de bien commun universel, au nom de quoi, de quel droit de l’homme, de quelle raison supérieure s’opposer à l’universalisme islamiste ? L’individualisme libéral libertaire n’a finalement d’autre valeur que le relativisme dont la seule issue politique est le multiculturalisme. C’est sa principale faiblesse face à l’islamisme qui s’engouffre dans ce multiculturalisme. C’est ce que développe avec finesse Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice, dans Valeurs Actuelles. Pour lui, l’Europe ne pourra résister au totalitarisme islamique « que si elle retrouve sa propre identité chrétienne ».  


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