La Sélection du jour | La SNSM en deuil (n°672)
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Société

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La SNSM en deuil

Par Judikael Hirel - Publié le 08 juin 2019

Une messe état prévue, samedi 8 Juin au soir, aux Sables-d’Olonne en mémoire des trois sauveteurs bénévoles de la SNSM morts noyés en allant porter secours à un bateau de pêche dont le propriétaire n’a pas été retrouvé. Les trois sauveteurs pris au piège à bord de leur vedette de secours étaient âgés de 28, 51 et 55 ans. Le dernier drame aussi grave ayant frappé les sauveteurs en mer remonte à plus de 30 ans, le 7 août 1986, quand cinq sauveteurs bénévoles avaient péri en portant secours à l’équipage d’un yacht.


Le président de la SNSM, Xavier de la Gorce, a souligné "la noblesse de l’engagement des sauveteurs", faisant le parallèle avec les pompiers de Notre-Dame et les hommes du Commando Hubert au Burkina Faso. "Les pompiers de Notre-Dame ne se sont pas posés de question, il fallait y aller ; ils y sont allés, c’est la même chose." Le Président Macron a décidé d’accorder aux trois hommes la Légion d’Honneur à titre posthume. "Eux qui ont accepté de prendre tous les risques pour assurer la sécurité des autres, pour sauver l'un de leurs compatriotes, sont des héros de la nation."

Dans la Manche également, deux plaisanciers ont été secourus par les sauveteurs de la SNSM, au cœur de la tempête Miguel. Tout au long des côtes de France, ce sont 8.000 bénévoles qui risquent tout au long de l’année bénévolement leur vie par fidélité à la solidarité des gens de mer. Comment ne pas regretter qu’il faille un tel drame pour mettre en lumière leur dévouement, et le manque de moyens que l’Etat accorde à une telle mission de sauvetage, délégué à cette  "société de bienfaisance" ?


La SNSM est née en 1967 de la fusion entre les Hospitaliers Sauveteurs bretons et la Société centrale de sauvetage des naufragés. Forte de 10 vedettes, 41 canots, 32 semi rigides, elle a secouru environ 9000 personnes en 2017. Pour autant, depuis déjà des années, le manque de moyens de l’Etat le pousse à trop peu financer cette association, pourtant la seule habilitée à assumer cette tâche d’utilité publique. Pour payer ses 70 permanents et faire fonctionner ses 218 stations de sauvetage, la SNSM ne reçoit que 6 millions d’euros par an. Un montant ridicule, et en fait doublé tout récemment, en 2018. Et bien loin des besoins réels que suppose une telle mission, financée à 80% par des dons privés. Quel est le prix d’une vie ? Mieux que personne, les bénévoles de la SNSM le savent.


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