La Sélection du jour | La République en Marche est en panne (n°1074)
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Politique

La synthèse

La République en Marche est en panne

Par Philippe Oswald - Publié le 22 septembre 2020

Rude signal pour la République en Marche (LREM) aux élections législatives partielles. À l’issue du premier tour, Dimanche dernier, 20 septembre, tous les candidats LREM ont été éliminés dans les six circonscriptions en jeu. Non seulement la majorité n’a gagné aucun siège, mais elle a perdu dans les Yvelines le siège laissé vacant par Nadia Hai, nommée en juillet Ministre déléguée chargée de la Ville. Au second tour, dimanche prochain, 27 septembre, la majorité brillera donc partout par son absence. C’est un nouveau désastre électoral après celui des municipales.

Le résultat final de ces élections législatives partielles qui se déroulent en Seine-Maritime, à la Réunion, dans le Haut-Rhin, les Yvelines, le Maine-et-Loire et le Val-de-Marne, paraît déjà largement établi : la droite devrait conserver ses fiefs du Haut-Rhin et du Maine-et-Loire, et la gauche ceux de La Réunion, de Seine-Maritime et dans le Val-de-Marne. Dans les Yvelines, à l’issue du premier tour, le candidat LR Philippe Benassaya, maire et conseiller départemental de Bois-d'Arcy, était en tête avec près d'un tiers des suffrages (36,7%) devant Sandrine Grandgambe (24,9%), candidate de la gauche et des écologistes, soutenue notamment par Benoît Hamon, ancien député de la circonscription (2011-2017). Il sera intéressant d’observer dimanche prochain le score des écologistes présents au second tour non seulement dans les Yvelines, mais dans le Haut-Rhin et le Val-de-Marne. On verra alors si les « sorties » des maires EELV sur le Tour de France, la 5G et le sapin de Noël qui viennent de défrayer la chronique (cf. LSDJ n°1066) ont découragé les électeurs écologistes. De toute façon, « verts » ou non, les électeurs ne se sont pas précipités pour voter dimanche dernier, c’est un euphémisme : près de quatre électeurs sur cinq ne se sont pas rendus aux urnes dans les six circonscriptions concernées par ce premier tour. L’abstention a atteint des records historiques : 79% dans la 1ère circonscription du Haut-Rhin, 80% dans les Yvelines, 82% dans la 5e de Seine-Maritime et dans la 3e de Maine-et-Loire, et 84% dans la 1ère de la Réunion !

Mais la crise qui ébranle la majorité a connu un signal plus fort que cette défaite électorale avec la démission, dès le lendemain, du n°2 de LREM, Pierre Person. Non seulement il a quitté la direction « pour donner un nouveau souffle au parti », a-t-il expliqué au Monde (21 septembre), mais il « invite tous ceux qui veulent bâtir les succès de demain à quitter eux aussi leurs fonctions à la tête du parti pour écrire une nouvelle page » et « se réinventer ». Il estime en effet que le parti « ne produit plus d'idées nouvelles » et qu’il n’est pas « en mesure d'affronter (la) nouvelle étape du quinquennat ». Sur le fond, ce député issu de la gauche reproche au macronisme de pratiquer « l’effacement » des différences au sein de LREM (dont il reste membre) : « Notre unité ne doit pas se résumer à l'unanimité ou à une synthèse molle ».

Le résultat de cette défaite et de cette démission ne s’est pas fait attendre : quelques heures plus tard, au soir du lundi 21 septembre, le « bureau exécutif » de LREM a tenu une réunion des plus houleuses, selon l’Obs (en lien ci-dessous) : « Les menaces de démission et amabilités en tout genre ont fusé ». Sacha Houlié, député de la Vienne, et Aurore Bergé porte-parole du parti, ont immédiatement démissionné du bureau exécutif de LREM. « Le malaise est profond dans notre mouvement. Nous ne savons plus qui nous sommes et ce que nous portons », a déclaré Aurore Bergé.


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