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Economie

La synthèse

La mer, un atout maître pour la France

Par Philippe Oswald - Publié le 13 juillet 2019

« Homme libre, toujours, tu chériras la mer ! » (Baudelaire). Mais les Français, quoiqu’épris de liberté, ont-ils conscience du trésor que représente leur domaine maritime, le deuxième au monde juste après celui des Etats-Unis et devant l’Australie ? Il y a là un gisement de ressources multiples encore largement méconnu par…l’homme de la rue. C’est d’ailleurs une constante de l’histoire de France que ses habitants, plus terriens que marins, ont tendance à négliger les bienfaits innombrables qu’ils pourraient tirer de leur accès aux mers du globe.

Une prise de conscience se fait jour, néanmoins. La convention de Montego bay ( Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer, signée à Montego Bay -Jamaïque- le 10 décembre 1982,et entrée en vigueur le 16 novembre 1994) a donné aux pays côtiers des droits nouveaux sur le sol et le sous-sol marin en leur permettant d'étendre leur plateau continental au-delà des 200 milles marins (environ 370 km) de leurs zones économiques exclusives (ZEE) jusqu'à une limite maximale de 350 milles - s'ils démontrent que leur territoire terrestre se prolonge sur le fond des océans (la colonne d'eau restant, elle, du domaine international). Les ZEE sont des espaces maritimes sur lesquels des États côtiers exercent des droits souverains en matière d'exploration, d'exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, biologiques ou non, des fonds marins et de leur sous-sol. Grâce à cette convention, notre espace maritime s’est accru de 579.000 km2 (soit une augmentation d'environ 5%) : il s’étend sur 11 millions de km² (dont 5 millions de km²pour la seule Polynésie), soit 20 fois la superficie de la France métropolitaine (550 000 km²), et comporte 18.000 km de côtes.

Si la France développait le secteur maritime, celui-ci pourrait peser 150 milliards d'euros et un million d'emplois d'ici 15 ans, selon le Cluster maritime français (CMF - organisation qui regroupe les professionnels de tous les secteurs du maritime). Aujourd’hui, les activités de la France liées à la mer (flottes commerciales, ressources énergétiques, pêche, aquaculture, industrie navale, nautisme et plaisance, ports et services portuaires, océanologie…) emploient 336.000 personnes et génèrent 80 milliards d’euros chaque année, soit plus de 3% du PIB. Dans un avenir proche, la France devrait profiter de l’expansion économique du secteur maritime mondial (dont le poids actuel de 1.500 milliards de dollars pourrait doubler d’ici à 2030 selon l’OCDE), avec notamment le tourisme maritime (en pleine expansion malgré les problèmes écologiques posés par les paquebots géants) et surtout, de façon plus novatrice et écologiquement plus vertueuse, les biotechnologies marines (animales et végétales très prometteuses de découvertes scientifiques et disposant d’un énorme potentiel de croissance dans le cosmétique, l'industriel…) et les énergies renouvelables. Seuls 5% des fonds marins et 15% de la biodiversité marine sont connus : les possibilités de développement sont énormes ! Mais qui dit richesses, dit convoitises… avec d’inévitables crises et conflits pour la maîtrise des mers et de leurs ressources. Les efforts de la France pour sa marine militaire (dont témoigne le lancement du Suffren, le tout nouveau sous-marin nucléaire français) paraissent bien maigres au regard d’un pays comme la Chine qui met à l'eau tous les quatre ans l'équivalent en volume et en tonnage (bâtiments de surface et sous-marins) de notre Marine.

« Les perspectives de découverte de nouvelles ressources marines et les nouvelles voies maritimes qui se créent pourraient modifier profondément la géopolitique de la mer. Où en est la France ? » Ce sera l’objet du forum « Au nom de la mer » organisé à La Cité de la Mer de Cherbourg-en-Cotentin, le 15 octobre 2019.


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