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Politique

La synthèse

La macronie coule, mais Macron peut s’accrocher à la Constitution

Par Philippe Oswald - Publié le 04 octobre 2018

« Ce n'est pas une crise politique », a affirmé sans sourciller Benjamin Griveaux, après la démission du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Le porte-parole du gouvernement devient ainsi un sérieux candidat au prix de l’humour politique ! Gérard Collomb est le septième ministre et le troisième ministre d’Etat, après François Bayrou et Nicolas Hulot, à quitter le gouvernement depuis l'élection d'Emmanuel Macron en mai 2017. Sept départs contraints ou volontaires en quinze mois, qui dit mieux ? Cette fois, il s’agit du ministre de l’Intérieur, premier « poids lourd » rallié à la candidature d’Emmanuel Macron, et resté intime du chef de l’Etat jusqu’à l’affaire Benalla.

Une telle crise est inédite sous la Ve République qui a 60 ans, ce 4 octobre. Les « affaires » et les mises en scène erratiques du président « ni de droite, ni de gauche », mais « en même temps » monarque bonapartiste, DG de la start-up France, copain des « minorités », ont fait tomber Jupiter de son piédestal : en cette rentrée, l’impopularité du président est en passe de battre celle de son prédécesseur, une performance qui semblait inaccessible !

Gérard Collomb a laissé un message brûlant au gouvernement et à la France entière dans l’ambiance glaciale de sa passation de pouvoirs à Edouard Philippe (le premier ministre exerçant la fonction par intérim jusqu’à la nomination prochaine du nouveau ministre de l’Intérieur sans doute à l’occasion d’un vaste remaniement ministériel) : le pouvoir est en échec, il ne parvient pas à contrôler de larges parties du territoire national face à la délinquance, à la drogue, à l’islamisme… Le ministre de l’Intérieur démissionnaire a quasiment annoncé que le pays se trouve au bord de la guerre civile : «Aujourd’hui, on vit côte à côte, demain on vivra face à face »… Avec le contrôle de l’immigration, la diminution du chômage et le redressement du pouvoir d’achat, la reconquête de ces zones de non-droit en constante expansion est une condition sine qua non de la survie du gouvernement.

Emmanuel Macron, pourra-t-il redevenir « le maître des horloges » à la faveur d’un remaniement gouvernemental réussi ? Le chef de l’Etat a deux alliés de poids : conjoncturellement, une opposition totalement divisée, et fondamentalement, la Constitution. Macron peut remercier De Gaulle d’avoir instauré la Ve République : en consacrant le rôle prépondérant du président de la République au cœur de la vie politique française, la Constitution assure à Emmanuel Macron son maintien à la tête de l’Etat jusqu'au terme de son mandat, explique Guillaume Tabard dans ce Contrepoint du Figaro.

 

 


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