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Politique

La synthèse

La loi contre les « fake news » finira au placard

Par Philippe Oswald - Publié le 31 mai 2018

Il y a des coïncidences éloquentes ! Le 29 mai, l’Ukraine annonçait l’assassinat « commandité par les services spéciaux russes » du journaliste Arkadi Babtchenko, opposant à Poutine réfugié à Kiev. Information aussitôt répercutée par quasiment tous les medias, la plupart rivalisant d’indignation contre le maître du Kremlin. Le lendemain, 30 mai, la prétendue victime réapparaissait  en pleine forme, les autorités ukrainiennes expliquant benoîtement  qu’elles avaient organisé cette comédie pour déjouer un attentat fomenté par Moscou.

Ce même mercredi 30 mai, les députés français réunis en commission des Affaires culturelles modifiaient la proposition de loi LREM contre les « fausses informations» ou « fake news » (en français courant : bobards) qui sera discutée en séance publique le jeudi 7 juin. Son objet ne serait plus directement la lutte contre les « fausses informations » mais, nuance, « contre la manipulation de l'information ». Selon le rapporteur LREM Bruno Studer, la loi épargnerait les « fausses informations diffusées à des fins humoristiques, satiriques ou par erreur »… ce qui laisse de la marge et promet de belles empoignades judiciaires ! Mais cette correction de tir in extremis devant les critiques que suscite cette proposition de loi liberticide, laisse néanmoins ouvert le débat sur cette définition de la « fausse information » validée par la commission des Affaires culturelles : « Toute allégation ou imputation d'un fait dépourvue d'éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable. »  Quels étaient donc les « éléments vérifiables » dans la manipulation ukrainienne abondamment relayée  par la presse française  à l’unisson des medias occidentaux ? Ceux-ci ont tout bonnement gobé un bobard qui leur paraissait d’autant plus crédible qu’il émanait d’un pays allié contre un ennemi commun, son sulfureux voisin russe.  

Même s’il vise essentiellement la diffusion de fausses informations sur le net durant les périodes électorales, le  texte voulu par Emmanuel Macron a de fortes chances, une fois voté, d’enrichir la liste interminable des lois inapplicables.  Et c’est tant mieux pour la liberté d’expression ! 


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