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Santé

La synthèse

La France sera-t-elle le dernier pays à traiter les malades du Coronavirus avec un médicament … français ?

Par Jean Staune - Publié le 20 mars 2020

Ce matin le « Doodle » de Google rend hommage au Dr. Philip Semmelweis, ce qui est vraiment justifié en cette période.

Au milieu du 19ème siècle, une épidémie terrible, la fièvre puerpérale, faisait mourir des femmes venant d’accoucher. Semmelweis nota une différence importante entre les décès dans un service pratiquant des autopsies et un service n’en pratiquant pas, et mis en place un protocole consistant à désinfecter les mains de tous ceux qui pratiquaient un accouchement. Le taux de décès tomba de 20 à 30% à moins de 5%. La démonstration était imparable, mais ses collègues, loin de lui emboîter le pas, le critiquèrent vertement. Certains allèrent jusqu’à dire que se laver les mains était une rémanence de pratiques religieuses archaïques. Alors que les morts s’accumulaient, Philip Semmelweis protesta, hurla, conspua le corps médical en disant que les médecins, transformés en criminels, faisaient mourir leurs patients.

Il fut interné dans un hôpital psychiatrique où il fut tué par un infirmier brutal à l’âge de 47 ans. Cinq ans après sa mort, Pasteur découvrit les microbes et donna une explication scientifique définitive aux observations de Semmelweis. Ce « martyr de la science » a été oublié et on pourrait penser qu’un tel aveuglement appartient à une époque révolue. Pourtant, et toutes proportions gardées, il est possible que ce même phénomène se déroule sous nos yeux.

Le Pr. Didier Raoult est le Directeur de l’Institut Hospitalier Universitaire « Méditerranée Infections » à Marseille, mais c’est surtout l’un des meilleurs spécialistes au monde des virus, classé meilleur spécialiste mondial des maladies infectieuses par un site d’évaluation des chercheurs.

Fin janvier, il avait conseillé à des confrères chinois d’essayer la chloroquine, un médicament antipaludéen connu depuis de nombreuses décennies.

Fin février, des études certes très préliminaires mais faites là-bas sur un grand nombre de malades, montrent que le traitement était extrêmement efficace.

Mais quand le Pr. Raoult annonce les résultats chinois, le Ministère de la Santé prend soin d’envoyer un tweet en disant que … c’est une fake news ! Les « Décodeurs » du Monde le disent également et le bandeau « Fake News » est mis sur la vidéo du Professeur (qui fait pourtant partie du Conseil Scientifique chargé de conseiller le Président de la République sur ce sujet). Didier Raoult va donc entreprendre sa propre étude et en dévoiler les résultats : 75% des patients traités ont vu le virus disparaître de leurs corps en six jours, contre 10% seulement en l’absence de traitement.

Certes cette étude n’est faite que sur 24 malades, mais un ami statisticien m’a confirmé que devant un tel écart de résultats entre le traitement et le non-traitement, il n’était absolument pas nécessaire de faire une étude sur plus de malades pour conclure.

Depuis, le Pr. Raoult a obtenu des résultats encore meilleurs en associant de la chloroquine à un antibiotique. Mais il est absolument fascinant d’observer, alors que l’information commence à se diffuser, les réactions des « experts », du porte-parole du gouvernement, des responsables du ministère de la Santé, etc. face à cette extraordinaire possibilité : pas un seul qui ne freine des quatre fers et qui ne dise autre chose que « prudence, prudence, ce sont des résultats préliminaires qui demandent à être confirmés ». De l’autre côté de l’Atlantique, Trump n’a pas attendu plus d’une journée, après avoir pris connaissance des travaux du Pr. Raoult, pour indiquer que la chloroquine sera distribuée à tout le monde.

On pourrait penser que c’est là de la jalousie ou l’incompétence, mais c’est quelque chose de beaucoup plus profond. C’est une forme « d’obscurantisme scientifique ». Eviter la mort de milliers de femmes simplement en se lavant les mains ? Ridicule ! Guérir un nouveau virus mortel avec un médicament connu depuis plus de 70 ans ? Absurde !

On n’ose imaginer que, dans les réticences de tout ces experts, se niche aussi le fait que la chloroquine est un médicament quasiment gratuit, alors que les autres médicaments vont coûter infiniment plus cher et rapporter des sommes gigantesques aux laboratoires pharmaceutiques qui les auront brevetés (le British Medical Journal avait exposé, lors de la grippe H1N1, que certaines décisions des experts de l’OMS étaient plus favorables aux revenus des laboratoires qu’aux intérêts des patients !).

Heureusement, aujourd’hui, par rapport à Semmelweis, les réseaux sociaux changent la donne et la pression populaire peut amener la vérité à triompher vite. On peut déjà considérer comme un espoir le fait que le gouvernement vienne d’interdire l’exportation de la chloroquine (fabriquée par un laboratoire français !) « au cas où elle s’avèrerait avoir un effet contre le coronavirus ! »

Néanmoins, la question se posera à la fin de l’épidémie : combien de personnes seront mortes en France alors qu’elles auraient pu être sauvées par un médicament français dont l’utilisation contre le coronavirus est au départ une idée française ?


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