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Société

La synthèse

La France, championne des naissances hors mariage en Europe

Par Philippe Oswald - Publié le 06 septembre 2018

En France, 6 bébés sur 10 sont nés hors mariage l’an dernier, selon le bilan publié par l’Insee le 4 septembre (60% des 770.000 nouveau-nés de 2017, soit 466.200 nés hors mariage). Notre pays est celui de l'Union européenne qui compte la plus grande proportion de bébés nés hors mariage. Dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, 57,2% des bébés naissent au contraire de couples mariés.

La tendance s’accentue depuis dix ans : c’est en 2007 qu’a été franchi pour la première fois en France, le seuil d’un nouveau-né sur deux issu d’un couple non marié. En cause, les unions libres, le Pacs (Pacte civil de solidarité), le recul de l’âge au mariage, et d’une façon générale, la désaffection pour l’institution du mariage qui n’est plus perçue comme une norme sociale. Dans les jeunes générations de parents, les naissances hors mariage tendent à devenir la norme : 79,8% des enfants naissent hors mariage lorsque la mère est âgée de moins de 25 ans. Lorsque la mère a entre 25 et 39 ans, cette proportion est encore de 57,1%, et de 52,8% lorsque la mère a plus de 40 ans.

La part de naissances hors mariage est supérieure à 50 % sur la plus grande partie du territoire métropolitain. Les départements et régions d'outre-mer font exploser le compteur avec 9 naissances sur 10 hors mariage en Guyane et à Mayotte, environ 8 sur 10 en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion. En métropole, la Bretagne est la plus touchée avec 69% des naissances hors mariage suivie par la Nouvelle Aquitaine (67,8 %), alors que les départements d’Ile-de-France restent en dessous des 50% : 40,4% dans les Hauts-de-Seine, 43,7% en Seine-Saint-Denis, 46,7% dans le Val-de-Marne et 47% à Paris. Il ne s’agit donc pas d’une question réductible au niveau de vie. C’est plutôt « la nationalité » de la mère qui serait déterminante selon l’INSEE : l’institut constate que le phénomène reste très minoritaire  chez les Tunisiennes (5%), chez les Marocaines (9,4%), chez les Turques (10%) et chez les Algériennes (10,4%).

Qu’en conclure, sinon que c’est la religion musulmane qui freine ou interdit le concubinage alors que la valeur sacramentelle du mariage s’estompe dans la population française de tradition chrétienne ? Au début du XXe siècle, moins d’une naissance sur dix avait lieu hors mariage en France, rappelle l’INSEE.


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