La Sélection du jour | La désertification des centres-villes n’est pas une fatalité (n°169)
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Politique

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La désertification des centres-villes n’est pas une fatalité

Par Philippe Oswald - Publié le 12 octobre 2017

Percutant et profond papier d’humeur de l’écrivain et journaliste Gabrielle Cluzel dans Causeur à propos de l’état d’abandon des centres-urbains des moyennes et petites villes de province. C’est selon elle tout un mode de vie qui a été banni non pas seulement pour des raisons économiques, mais à cause d’un certain mépris idéologique vis-à-vis de la petite et moyenne bourgeoisie.

L’idéologie libérale et l’idéologie marxiste partagent une vision réductrice au tout-économique de la société. Pour Gabrielle Cluzel, le délitement du tissu social dans ces villes moyennes n’est pas seulement une affaire de revenus, de grandes surfaces ou d’immigration, mais d’un rejet des « petits bourgeois », « des immobiles », de la « blanquette de veau en famille » stigmatisés par Emmanuel Macron pendant la campagne électorale.

Cette modeste bourgeoisie devenue la cible privilégiée des soixante-huitards pour son « hypocrisie » était pourtant constituée pour l’essentiel de pauvres « ayant pris l’ascenseur social » grâce à leurs efforts personnels ou à ceux de leurs parents,  et privilégiait les valeurs mérite et travail. A l’école, ils avaient fait leurs « humanités » et ne rejetaient pas leurs racines sociales et culturelles comme les bobos d’aujourd’hui honteux de leurs parents ou grands-parents « petits bourgeois ».

Que faire pour réanimer ces centres-villes ? Une piste se profile avec le télétravail des cadres du secteur tertiaire de plus en plus nombreux à être lassés par les prix du logement, les embouteillages, l’insécurité et la pollution des grandes métropoles. Mais il faut que cela s’accompagne d’un changement de mentalité.


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