La Sélection du jour | La clé de l’attentat à la Préfecture de Paris, c’est « l’islamophobie » ! (n°775)
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Politique

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La clé de l’attentat à la Préfecture de police, c’est « l’islamophobie » !

Par Philippe Oswald - Publié le 08 octobre 2019

On a trouvé la clé ! Une clé USB a été découverte chez Mickaël Harpon, le tueur de la Préfecture de police de Paris. Les investigations menées depuis l’attaque au couteau du 3 octobre (4 victimes) ont confirmé ce dont on se doutait malgré les premières informations ressassant l’habituelle antienne du « geste d’un déséquilibré » : il s’agissait bien d’un attentat islamiste, et l’un des pires puisqu’il a frappé un service chargé de protéger les Français, au cœur de l’appareil de l’Etat. Ce quadruple assassinat a en effet été perpétré par un agent administratif, en poste au service informatique de la direction du renseignement de la préfecture de Paris, un fonctionnaire habilité secret-défense ! La clé USB découverte dans son bureau a commencé à « parler » : elle contiendrait des fichiers informatiques avec de nombreuses vidéos de propagande de Daech (dont des scènes de décapitation), mais aussi des coordonnées et des données personnelles de plusieurs dizaines de ses collègues de la Préfecture de police…

Une nouvelle fois sur le gril après avoir initialement soutenu que Mickaël Harpon n’avait « jamais présenté de signe d’alerte ni de difficulté comportementale », le ministre de l’Intérieur a affirmé qu’il ne démissionnerait pas. Mais au-delà de l’incompétence dont Christophe Castaner a fait montre depuis sa nomination en remplacement de Gérard Colomb à l'automne 2018, c’est l’attitude des collègues et des supérieurs de Mickaël Harpon qui retient l’attention. Pourquoi les uns et les autres n’ont-ils pas remonté à leur direction les signaux d’alerte qu’ils avaient repérés (conversion à l’islam, liens étroits avec un prédicateur salafiste, propos excusant l’attentat contre Charlie Hebdo, attitude envers les femmes…) depuis 2015 ? Ou si certains l’ont fait (deux collègues de Harpon avaient signalé ses propos sur l’attentat contre Charlie Hebdo), pourquoi n’ont-ils pas été entendus ? C’est ce que devra établir en détail l’Inspection des services de renseignement (ISR) saisie par le Premier ministre.

L’explication générale la plus probable de cette répugnance à dénoncer un collègue ou à sanctionner un collaborateur, c’est la crainte d’être accusé d’« islamophobie ». Ce concept est une arme très efficace pour dissuader les lanceurs d’alerte face à la radicalisation de l’islam, en particulier en France où une telle accusation est passible des tribunaux.  Surtout, surtout, ne pas avoir l’air de considérer que la conversion à l’islam, en France, en 2019, d’un agent de sécurité installé au cœur de l’appareil d’État, puisse être un signal d’alerte ! Telle est bien la doctrine confirmée par Christophe Castaner lui-même sur France Inter, lundi 7 octobre : « Chacun savait qu’il [le terroriste] avait opté pour la religion musulmane mais aucun ne s’est dit que c’était un élément d’alerte qui justifiait qu’on considère qu’il puisse être terroriste, et c’est normal qu’on ait pensé ainsi ». Emmanuel Macron est-il toujours sur la même longueur d’onde que son ministre de l’Intérieur ? En rendant hommage aux quatre victimes de Mickaël Harpon, ce 8 octobre, le président de la République a soudain appelé « la nation tout entière » à « se mobiliser » contre « l’hydre islamiste ». Qu’il commence donc par délivrer les Français du chantage à « l’islamophobie » qui paralyse un simple signalement jusqu’au sein de la Préfecture de police de Paris !


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