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Société

La synthèse

Jouets « non genrés » : le business au service de l’idéologie du genre

Par Philippe Oswald - Publié le 26 septembre 2019

Nouvel épisode dans la lutte acharnée menée contre la différence sexuelle : à trois mois de Noël, une « Charte pour une représentation mixte des jouets » censée faire reculer « les stéréotypes de genre » dans le secteur des jouets, a été signée le 24 septembre par l’ensemble des acteurs de la filière au ministère de l’Économie. « Dans un magasin, la première question qu’on vous pose, c’est : “Est-ce que c’est une petite fille ou un petit garçon ?” », a déploré au micro de RTL Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances. Scandaleuse, cette question, n’est-ce pas ? Le prétexte avancé par la secrétaire d’Etat est que les jouets à connotation scientifique seraient très souvent dédiés aux petits garçons, ce qui aurait pour conséquence que seulement 10% de filles se dirigeraient vers des carrières scientifiques. Comme si offrir des poupées aux petits garçons et proscrire le rose pour les filles allaient encourager celles-ci à devenir ingénieurs ! L’Education nationale n’aurait-elle pas une petite responsabilité dans l’état de nos filières scientifiques dans lesquelles les jeunes Français, garçons ou filles, sont trop peu nombreux à s’engager ?

Mais sus à la différence sexuelle ! Le doigt sur la couture du pantalon, la Fédération française des industries jouet/puériculture (FJP) prépare la mise en place d’un « label pour tous », équivalent ludique du « mariage pour tous » ou de la « PMA pour toutes ». Selon les directives du ministère, la « Charte pour une représentation mixte des jouets » destinée à lutter contre « les préjugés de genre » liste 34 engagements tels que : « Préférer les formulations “pour faire comme les grands” à “pour faire comme maman” (quelle horreur !) dans le cas d’un kit de ménage », supprimer les catégories « jouets pour filles », « jouets pour garçons » dans les catalogues, et même préparer des emballages neutres, comme pour les paquets de tabac. Le message est clair : la différence sexuelle nuit gravement à la santé !

Les commerçants ne seront pas épargnés par cette police des (nouvelles) mœurs : hors de question qu’ils préparent des étalages genrés bleus ou roses, ni qu’ils proposent d’acheter des poupées aux filles et des voitures aux garçons ! Mieux : ils subiront une formation pour les sensibiliser à la manière d’accueillir le client ! Ainsi ne devront-ils plus leur demander : « C'est pour un garçon ou une fille ? » mais « qu'est-ce que l'enfant aime ?». Par ce biais, explique Michel Moggio, président de la FJP, parents et grands-parents seront eux aussi rééduqués afin de les rendre « plus souples dans leurs choix », quand on leur suggérera par exemple d’offrir « des sabres lasers aux petites filles ». L’exemple est vraiment bien choisi pour montrer quelle société pacifiée nous prépare l’abolition de la différence sexuelle !

Hasard du calendrier ? Le géant américain du jouet Mattel vient de sortir Creatable Worlds, une ligne de poupées « non genrées » : ces poupées « genderfluid » ne présentent sur le corps ou le visage aucun élément distinctif pouvant les identifier comme fille ou garçon. « Ce n’est que le début » promet Mattel qui détient actuellement 19% du marché dans l’industrie des poupées (8 milliards de dollars). Le fabriquant espère ainsi atteindre un chiffre d’affaires de 80 millions de dollars. Qu’importe l’idéologie pourvu qu’elle serve le business !


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