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Politique

La synthèse

Islamisation dans les services publics : un rapport à ne pas enterrer !

Par Philippe Oswald - Publié le 27 juin 2019

Il était très attendu, ce rapport de la « Mission d'information sur les services publics face à la radicalisation » créée par l’Assemblée nationale en octobre dernier. Mais à peine était-il publié, le 26 juin, qu’une série de commentateurs se succédaient, en particulier sur les chaînes d’information continue, pour en minimiser la portée, estimant qu’il était globalement « rassurant ». C’est pourtant un rapport « choc » pour une partie de la presse, tels Le Point, Le Figaro ou Valeurs Actuelles. Aurait-il été lu avec des lunettes différentes à droite et à gauche ? Notons que ses deux rapporteurs, les députés Eric Diard (Les Républicains) et Eric Poulliat (LREM), n’ont pas le profil d’extrémistes ou d’idéologues. Ils n’ont en tout cas pas ménagé les précautions oratoires pour présenter leur rapport.

Pendant huit mois, la Mission d’information a auditionné des hauts fonctionnaires (préfets, patron de la DGSI…) des acteurs de terrain, et des experts des services de l'État. Au terme de la mission, les rapporteurs préconisent notamment l'élargissement des enquêtes administratives pour les professionnels chargés de la jeunesse et des personnes vulnérables afin d’éviter qu’ils « radicalisent » ceux qui leur sont confiés, autrement dit qu’ils les islamisent. Un phénomène particulièrement préoccupant dans les prisons où des gardiens ont été vus pratiquant les prières rituelles musulmanes avec des détenus. Mais l’administration pénitencière ne semble pas avoir encore pris toute la mesure du problème : ainsi quatre gardiens « barbus » célèbres qui avaient été dispersés dans différentes prisons de France dans l’espoir (sans doute déjà chimérique) d’atténuer leur virulence, se seraient finalement retrouvés réunis, du moins pour trois d’entre eux, et en charge de la surveillance de jeunes détenus !    

Depuis près de trois décennies, les services publics ont été peu regardants sur le personnel qu’ils embauchaient. Si les policiers ou les militaires scrutent désormais les candidats au recrutement, ils évoquent des difficultés administratives et légales à révoquer ceux qui se sont radicalisés après avoir été titularisés. Certains services publics, certes a priori moins sensibles que la police ou l’armée, sont devenus des foyers d’islamisation : le plus connu depuis le 13 novembre 2015 est la RATP dont l’un des anciens conducteurs d’autobus, Samy Amimour, figurait parmi les terroristes du Bataclan. Qu’est-ce qui a changé depuis ? Un syndicaliste de la RATP témoigne que « des locaux sont interdits aux femmes dans des terminus », ou encore qu’un chauffeur musulman refuse de prendre le volant d’un bus que vient de conduire une femme…sans parler de ceux et celles auxquels leurs collègues tournent le dos parce qu’ils ne pratiquent pas le ramadan. Encore plus préoccupante, la radicalisation à l’œuvre auprès des jeunes, dans les milieux sportifs (notamment les clubs de foot) ou à l’école, entre élèves (exemple : une écolière se voit offrir une burqa par sa copine) ou pire, venant du personnel encadrant (exemple : une « dame de la cantine » à laquelle une mère reprochait d’avoir refusé de servir du porc à son fils a répliqué en sermonnant cette « mauvaise musulmane » …)  En définitive, les auditions de la Mission d’information jettent une lumière crue sur la sécession à l’œuvre dans une partie de la population, un phénomène tardivement dénoncé en haut-lieu (François Hollande, Gérard Collomb) mais que la République tarde à combattre efficacement, faute sans doute d’oser le regarder en face. Idéologie ? Sidération ? Ce rapport d’information (en lien ci-dessous avec les vidéos des auditions) appelle à « une prise de conscience urgente ». On veut espérer qu’il fera sortir le gouvernement d’un attentisme préoccupant.


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