La Sélection du jour | Google, fournisseur officiel de communautarisme (n°1029)
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Société

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Google, fournisseur officiel de communautarisme

Par Judikael Hirel - Publié le 31 juillet 2020

Le Ku Klux Klan en a (peut-être) rêvé, Google l’a fait. La comparaison serait d'ailleurs tout aussi légitime en parlant du régime Nazi, de la Stasi, de l’URSS ou de la Chine contemporaine. L’enfer étant décidément pavé de bonnes intentions, les nouveaux moyens digitaux mis à notre disposition feraient tout simplement des ravages en tombant en de mauvaises mains. Et, quasi inévitablement, tôt ou tard, ce sera le cas. Ce jour-là, la boîte de Pandore ouverte en ligne ne pourra pas être refermée.

Dans la foulée du mouvement "Black live Matters" et des troubles qui secouent les Etats-Unis ces derniers mois suite à la mort de George Floyd, Google vient en effet d'annoncer la création d'un nouveau "badge" digital indiquant qu’un commerce est tenu par un afro-américain. Une vision communautariste qui s’inscrit dans la droite ligne des badges créés en 2018 et permettant de signaler les commerces tenus par des femmes ou par des membres de la communauté homosexuelle. Bien évidemment, Google présente cette initiative comme une façon d’exprimer son soutien à telle ou telle communauté. Plus prosaïquement, ces badges et ces démarches communautaristes sont surtout une excellente façon de faire des affaires. En effet, le géant de la recherche en ligne a remarqué ces derniers mois une augmentation des recherches en ligne d’établissements tenus par des afro-américains.

Le nouveau badge représentant un cœur noir créé pour l'occasion apparaîtra donc sur la fiche Google du commerce dans les résultats de recherche comme sur Google Maps. Et demain ? Les initiateurs de cette idée ne semblent pas avoir mesuré, ou pire encore l’ont-ils peut-être fait, les conséquences à long terme de telles initiatives. Car le revers de la médaille est évident : demain, que dira-t-on quand seront réclamés des badges précisant qu’un commerce est tenu par un blanc, ou par un asiatique ? Ou que des commerces auront été attaqués du fait même de l’existence de ce badge ? Demain, un badge permettra-t-il de connaître avant de s'y rendre la religion, voire les opinions politiques, d’un commerçant ? Dans le meilleur des mondes d’après que l’on bâtit, les futures rafles n’auront sans doute plus qu’à se fonder sur Google Maps. D’ailleurs, comme ironisent déjà certains sur les réseaux sociaux, sur les fiches des commerces, Google a déjà prévu les étoiles jaunes…


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