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Santé

La synthèse

Face au Covid-19, course aux vaccins tous azimuts !

Par Philippe Oswald - Publié le 14 mars 2020

C’est la quête du Graal ! La course aux vaccins contre le Covid-19 est lancée entre des dizaines de laboratoires du monde entier. Priorité absolue ! Les laboratoires de « biotechs » travaillent sans relâche pour tester et traiter les malades atteints, mais aussi pour juguler durablement l’épidémie. La France est bien placée, mais la Chine, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Suisse ou Israël ne sont pas en reste. La compétition n’empêche pas, c’est heureux, des échanges d’informations et des collaborations croisées : le génome du virus SARS-CoV-2 (le virus responsable de l’infection appelée Covid-19) a été séquencé en entier par l'Institut Pasteur et partagé avec la communauté scientifique mondiale. Autre exemple : le laboratoire pharmaceutique français Sanofi, qui avait déjà élaboré un vaccin au stade préclinique contre le Sras en 2002, s'est allié au Ministère de la Santé américain et à la société de biotechnologies américaine Moderna Therapeutics. Citons encore la collaboration entre la Coalition for Epidemic Preparedness (CEPI), basée à Oslo, et la société allemande de biotechnologie CureVac pour développer un vaccin à ARNm pour Covid-19 (les vaccins à ARNm – à base d'acides nucléiques – seraient plus rapides à développer et à fabriquer que les vaccins biologiques traditionnels). Autre société allemande, BioNTech – qui a un certain nombre de vaccins à ARNm en développement pour le cancer et la grippe – se rapproche de l’américain Pfizer pour développer un vaccin Covid-19.

Pour élaborer un vaccin, différentes techniques sont expérimentées : l'utilisation d'un coronavirus inactivé, l'utilisation du génie génétique afin de produire des protéines faisant office d'antigènes, ou la modification de vaccins antigrippaux. Par exemple, l’Institut Pasteur espère aboutir à un premier « candidat vaccin », basé sur celui de la rougeole, réputé sûr et efficace. Le Covid-19 appartient en effet à la même famille de virus. La méthode consiste à utiliser le vaccin contre la rougeole, puis à modifier son patrimoine génétique afin de lui faire adopter à sa surface les mêmes protéines que celles du coronavirus. Déjà, les premiers prototypes de vaccin sont testés sur des souris. Le procédé est le même que celui qui avait permis aux équipes de l’Institut Pasteur d'élaborer un vaccin contre le SRAS en 2003.

Parallèlement à la course aux vaccins, il y a la course aux diagnostics : le laboratoire pharmaceutique suisse Roche a développé un test du coronavirus qui vient d’obtenir le feu vert de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine des médicaments, dans le cadre d’une procédure d’homologation d’urgence, a annoncé Roche le 13 mars. Basé sur l’analyse des acides nucléiques extraits de la salive des patients comparés aux séquences trouvées dans les souches de coronavirus, ce test multiplierait par dix la rapidité des diagnostics en étant réalisé sur ses appareils « Cobas 6800/8800 », déjà utilisés dans les hôpitaux, qui donnent des résultats en trois heures et demie. Ce test n’est pas seulement destiné aux Etats-Unis mais aussi aux pays européens utilisant le marquage CE.

À quel horizon, un ou des vaccins ? Selon le Wall Street Journal, la société de biotechnologies américaine Moderna Therapeutics aurait transmis des échantillons d’un vaccin expérimental à des chercheurs en vue de tests sur les humains. L'essai clinique, comprenant 20 à 25 volontaires, devrait débuter en avril. Si la molécule s'avérait efficace, il faudrait néanmoins de nombreux mois avant qu’un vaccin soit mis sur le marché. Le gouvernement chinois a lui aussi annoncé qu'il pourrait lancer ses premiers essais cliniques sur l'homme fin avril, tout en précisant que cela ne signifie pas qu'un vaccin serait commercialisé dans la foulée. Les chercheurs israéliens auraient une bonne longueur d’avance : le site d'information israëlien i24News affirmait le 27 février que selon « des chercheurs israéliens », « un vaccin sera prêt d'ici quelques semaines ». Information non vérifiable et que d’autres sources israéliennes ont relayé au conditionnel.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il faudra entre 12 à 18 mois avant d'obtenir un vaccin utilisable à grande échelle. À l’Institut Pasteur, où l’on espère commencer des essais cliniques sur l'homme au début de l'été 2020, on se montre encore plus prudent : on estime qu’un vaccin homologué contre le virus SARS-CoV-2 ne sera pas disponible avant 20 mois, soit à la fin de l'été 2021.


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