Partager

Technologies

La synthèse

Et vous, vous n’avez vraiment rien à cacher ?

Par Judikael Hirel - Publié le 27 septembre 2017

Liberté ou sécurité ? Le projet de loi antiterroriste, qui doit se substituer à l'état d'urgence, remet en lumière cet éternel débat. Mais le terrorisme n'est pas le seul ennemi de nos libertés, de notre vie privée. Entre smartphones, navigateurs et réseaux sociaux, les outils techniques dont l’on dispose actuellement permettent réellement de tout savoir sur n’importe qui. Un tel dispositif d’omnisurveillance, digne du feuilleton Person of interest, est d’ores et déjà une réalité.


Max Thommes, alias Mister X, a pu le vérifier à ses dépens. Ce jeune artiste berlinois sans histoires a accepté que l’on installe pendant 30 jours un logiciel espion sur son portable. Une expérience dans le cadre d’un documentaire, "Nothing to Hide", qui explore la surveillance des données et son acceptation par la population. "Mister X" pensait n’avoir rien à cacher, il l’a regretté… Pendant cinq semaines, un hacker et un analyste ont donc regardé, décortiqué, traqué toutes les données récupérées sur lui. Au bout d'un mois, il  a vu des inconnus parler de lui comme s’ils le connaissaient, déballer sa vie sous forme de graphiques. Et cela lui a fait un peu bizarre...


"Au début, on s’est demandés si on allait vraiment trouver des choses sur sa vie", raconte Marc Meillassoux, co-réalisateur du documentaire. Il n’a pas été déçu. Car il a découvert "tout ce qu’on peut faire avec la géolocalisation : on peut voir à quelle heure la personne se lève, où elle va, combien de temps elle dort, la durée de ses appels... ", détaille le journaliste. "En cherchant la récurrence de ces données, on peut comprendre ses habitudes, cibler ses centres d’intérêts et, à partir de cela, modéliser des modèles sur des principes des statistiques. On n’a même pas besoin d’avoir accès au contenu des échanges !" "Et alors ?", direz-vous. Il faut, peut-être, penser à l'avenir. "Il faut se projeter dans quelques années, quand l’utilisation de ces données pourra avoir des conséquences sérieuses", prévient Marc Meillassoux. "Le jour où Google se lance dans l’assurance, il pourra de manière très précise décider qui a droit à l’assurance maladie. Facebook sort, par exemple, un algorithme pour déterminer votre degré de solvabilité."


La sélection

Les dernières sélections