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Société

La synthèse

Entre violences et islamisme, une France traumatisée

Par Philippe Oswald - Publié le 21 janvier 2020

On n’entend plus guère parler du « sentiment d’insécurité » des Français. Cette expression aseptisée et anesthésiante a perdu tout effet. L’actualité des « faits divers » l’a dynamitée. Quel que soit leur emballage, les chiffres officiels corroborent l’explosion de la délinquance sous toutes ses formes, vols, agressions, viols, tentatives d’homicides, homicides. Le ministre de l’Intérieur s’est bien gardé d’organiser une conférence de presse pour dresser le bilan de l’année 2019, mais il a tout de même bien fallu le publier quelque part… Castaner a réservé cette mission à son austère service de la statistique, le SSMI. On comprend pourquoi : « Comme en 2018, les coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus enregistrent une forte hausse en 2019 (+8%). » De même, concernant les violences sexuelles, « après une année 2018 marquée au niveau national par une hausse sensible (+19%), l’année 2019 affiche également une augmentation très nette de ces violences (+12%). » Et ceci sur toute l’étendue du territoire : « Toutes les régions françaises ont connu des augmentations du nombre de viols, agressions et harcèlements sexuels enregistrés par les forces de sécurité en 2019, notamment la Corse, le Centre-Val-de-Loire, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine ». Idem pour le nombre d’homicides : 970 victimes en 2019, c’est +8,5% en un an… Ces chiffres (parmi d’autres) sont du plus mauvais effet à quelques semaines des élections municipales, d’où leur publication en catimini, tandis que les projecteurs étaient dirigés vers la Police de Sécurité du Quotidien (PSQ) supposée remédier à la situation, malgré l’exténuement des forces de l’ordre. Mais le Journal du Dimanche (18 janvier) les a publiés.

Le JDD a également répercuté une information non moins inquiétante, émanant, celle-ci, de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Il s’agit d’un document classé secret-défense, présentant une cartographie de 150 « quartiers difficiles » « tenus » par les islamistes. Sans surprise, les banlieues et certains arrondissements de Paris, Marseille et Lyon en fournissent un solide contingent. Mais le département du Nord est aussi particulièrement concerné, par exemple à Maubeuge, Denin ou Roubaix, villes dont la situation est décrite comme « alarmante ». D’autres villes moyennes ne sont pas épargnées, telles Annemasse (Haute-Savoie), Bourg-en-Bresse, Oyonnax (Ain), Bourgoin-Jallieu (Isère) ou Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Face à cette situation, le ministre de l’Intérieur a demandé aux services de l’État de se mettre enfin à partager leurs informations, et a écrit aux préfets pour les mobiliser contre « l’islamisme et le repli communautaire ». Quant à Emmanuel Macron, il « cherche un plan », croit savoir le JDD… Deux ans et demi après son élection, ce n’est pas trop tôt.

La grande majorité des Français espère qu’il le trouve et le mette en œuvre, ce plan. C’est particulièrement crucial pour les juifs de France dont 34% se sentent menacés selon une étude de l’Ifop pour Fondapol et l’American Jewish Committee (AJC), dévoilée par Le Parisien (21 janvier). Et ce n’est pas seulement une impression : 70% des sondés disent avoir déjà été victimes d’un acte antisémite au cours de leur vie, 64% évoquant une agression verbale et 23% une agression physique. Les jeunes sont les plus exposés : 84% des 18-24 ans déclarent avoir été victimes d’un acte antisémite, 79% d’une agression verbale et 39% d’une agression physique. Menacés par qui ? Agressés par qui ? Un indice : 43% des sondés évitent certains quartiers ou certaines rues…


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