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Église

La synthèse

Aimer ses ennemis… et être à leur hauteur !

Par Judikael Hirel - Publié le 10 septembre 2017

Plus facile à dire qu’à faire ? Aimer son ennemi, respecter son adversaire n’est pas si évident. Le décès de Pierre Bergé le rappelle à tous ceux, et ils sont nombreux, qu’il aimait détester. Mais sur Padreblog, l’abbé Grosjean pousse la logique un cran plus loin.
« Le mal qu’il a pu défendre ou dire par ailleurs ne doit pas faire passer sous silence ses qualités et ses réussites, rappelle-t-il. Il faut toujours voir ce qu’il y a de beau, de bon, de bien dans une vie. Ce qu’on peut sauver et garder, ce qui peut être fécond. Ce qui va demeurer. Mais Pierre Bergé était aussi un adversaire. Un homme qui s’est illustré comme un adversaire acharné de tout ce que nous représentons, de tout ce qui nous est cher. Promoteur d’une idéologie ultra-libertaire, il a été l’une des grandes figures de la déconstruction du modèle de société auquel nous tenons et qui nous semble à la fois juste et vrai. Il a soutenu et financé des combats pour des réformes sociétales, mais aussi les hommes politiques qui acceptaient de les porter. Le mariage homosexuel lui doit beaucoup. Il militait avec détermination pour la PMA sans père, la GPA, l’euthanasie. Il était capable d’une violence impressionnante dans ses paroles et ses prises de position.  (…) Il semblait éprouver une véritable haine pour les « réacs » qu’il incendiait à longueur de tweets. Et on était vite « réac » à ses yeux… »


« Nous avons eu raison de combattre certaines des idées de Pierre Bergé. Il nous faudra continuer à le faire, avec courage et persévérance. Mais ce combat n’était pas un combat contre Pierre Bergé lui-même, ni contre personne d’autre. Voilà pourquoi sans aucune hypocrisie, et au contraire avec cohérence, nous pouvons aujourd’hui prier pour lui, comme pour tout défunt, et implorer la miséricorde de Dieu. Après le drame de Charlie Hebdo, nous avons pleuré ceux qui ne nous faisaient pas rire. Aujourd’hui, nous prions pour celui qui semblait ne pas nous aimer, en souhaitant qu’il ait pu s’ouvrir à la miséricorde d’un Dieu « plus grand que nos cœurs » (1 Jean 3, 20).


Mais au-delà, l’abbé Grosjean tient à reconnaître titre personnel une immense qualité à Pierre Bergé : « cet homme d’affaires a mis son argent, sa fortune et sa réussite au service de causes caritatives, comme la lutte contre le SIDA, mais aussi au service de ses convictions. Il a investi massivement dans l’action politique, soutenant des partis, des candidats, des mouvements et des militants qui portaient ses idées. Il a investi dans des médias, car il en connaissait l’impact et le rôle déterminant dans le combat culturel qu’il entendait mener, afin de changer le monde selon ses convictions. Il aura eu une influence réelle, et donc gravement négative, sur beaucoup de sujets pour ces raisons-là. On peut s’opposer aux  idées de Pierre Bergé. Mais comment lui reprocher d’avoir voulu les porter au pouvoir, s’il y croyait ? Comme on aimerait voir le même engagement chez ceux de notre côté qui ont fait fortune ! Soutenir des œuvres caritatives, c’est très bien. Restaurer des chapelles romanes, c’est très bien aussi. Continuons ! Mais le combat des idées nécessite des mécènes qui soient aussi des militants. Des mécènes qui sont convaincus que les idées peuvent changer le monde, et comprennent comment.


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