La Sélection du jour | Covid-19 : l’Islande, pionnière et championne du dépistage (n°934)
Partager

Santé

La synthèse

Covid-19 : l’Islande, pionnière et championne du dépistage

Par Philippe Oswald - Publié le 11 avril 2020

De l’avantage d’être une île, peu peuplée… mais prévoyante et bien organisée. L'Islande est le seul pays du monde à ne pas imposer de conditions pour avoir accès aux tests de dépistage. En outre, ceux-ci ont été pratiqués précocement : les 364 000 habitants de l’Islande ont été invités par le gouvernement à se soumettre aux tests dès le 28 février -date à laquelle a été détecté un premier cas chez un Islandais qui revenait d'Italie. Pour faire face à l’afflux de demandes, les autorités ont demandé à la firme DeCode Genetics, une société islandaise spécialisée dans la recherche génétique, de prêter main-forte aux autorités sanitaires. Parallèlement aux tests classiques pratiqués dans des lieux publics, cette société a lancé une campagne de tests aléatoires sur des volontaires, contactés après avoir été sélectionnés au hasard de l’annuaire téléphonique. Au total, 34 635 tests ont déjà été pratiqués ce 11 avril, ce qui signifie que près de 10% de la population ont été testés. Et les premiers résultats retiennent l’attention des médecins, scientifiques et politiques, du monde entier : un Islandais testé sur deux était contaminé à son insu, n’ayant pas (ou pas encore) ressenti de symptômes.

Avec la pandémie de la Covid-19, la formule du docteur Knock cesse d’être comique : « Tout bien portant est un malade qui s'ignore » (Knock ou le Triomphe de la Médecine, Jules Romains, 1923). En l’occurrence, tout bien portant est suspect d’être un contaminé qui s’ignore, donc un contaminant potentiel. D’où l’absolue nécessité des masques et des autres mesures de précaution (distanciation, lavage des mains etc.) pour l’ensemble de la population. Les rassemblements de plus de 20 personnes sont interdits aux Islandais mais, jusqu’à présent, le dépistage à grande échelle leur a épargné le confinement en permettant aux autorités islandaises de mettre les personnes contaminées en quarantaine ou à l’isolement afin d’éviter la propagation de l’épidémie. Selon le compteur journalier publié par les autorités, l'Islande recensait ce 11 avril, à 13h : 15 498 personnes en quarantaine (pour avoir été en contact avec des malades de la COVID-19), 841 à l’isolement obligatoire après un test positif, mais seulement 1689 malades, 38 hospitalisés dont 11 en soins intensifs, et 8 décès.

L’exemple islandais confirme les recommandations de l’OMS : « Tester, tester, tester ». Un impératif qu’en France, le Pr Didier Raoult avait été l’un des premiers à marteler, et qui, selon lui, aurait pu, associé à son protocole curatif, nous épargner la solution « moyenâgeuse » du confinement général, aux effets désastreux sur les personnes, sur le lien social et sur l’économie. Mais à présent, comment sortir du confinement, sinon en prenant enfin les moyens de tester la population à grande échelle ?


La sélection

Les dernières sélections