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Communication

La synthèse

Le buzz pour masquer l'info

Par Olivier Bonnassies - Publié le 12 juillet 2017

Le journalisme objectif n’existe pas. Chaque média, chaque rédaction, chaque plume, consciemment ou non, met dans ses mots, reportages et articles, la somme de son expérience, de sa personnalité, mais aussi de ses opinions personnelles.

Mais en ces temps connectés, où les méthodes du marketing publicitaire sont désormais utilisées sans complexe pour faire élire des présidents, c’est une nouvelle méthode qui fait son apparition pour masquer les faits dont on ne veut pas parler : le buzz. Donald Trump, actuellement en visite en France, en est le parfait exemple. Dans l’Hexagone comme aux USA, il est impossible aux médias qui le combattent depuis le premier jour de son élection de relater le moindre de ses faits et gestes de façon positive. Or il est tout autant impossible de ne pas en parler. Comment concilier les deux ? En choisissant de ne traiter que l’écume de l’information, en créant un buzz qui, in fine, masquera la moindre trace de l’information réelle.

Il y a quelques jours de cela, le président Trump était en visite officielle en Pologne, un pays que la presse française aime également à vilipender, avec un dédain plus que visible pour ces « pays de l’est », par définition moins « éclairés » que l’Occident européen, car d'autant plus attachés aux valeurs chrétiennes qu'ils ont connu le communisme réel. Qu’a-t-on retenu du discours majeur prononcé là-bas, un discours dans lequel Donald Trump appelait  les peuples d’Occident à se ressaisir face au danger du terrorisme islamique (pas « islamiste » mais bien islamique dans la version originale en anglais), et surtout face au danger que nous fait courir la perte de nos valeurs ? Pas un mot. La seule séquence à tourner en boucle sur le Web aura été la Première Dame polonaise ne serrant pas la main à Donald Trump, mais à son épouse. Des images donnant l’impression, ainsi présentées, qu’elle l’ignorait sciemment. « Une interprétation qui a obligé les présidents Duda et Trump à réagir sur Twitter pour confirmer que la première dame polonaise avait bien serré la main du président américain. Les deux présidents ont d’ailleurs promis, via Twitter, de se battre ensemble contre les fake news qui ne viennent généralement pas des médias alternatifs mais bel et bien des médias mainstream.

Le plus surprenant ? Le surlendemain, à Hambourg, Angela Merkel, qui cherchait à nouer la conversation et croyait son micro éteint, a vanté ce discours comme étant « fantastique » et lui a demandé pourquoi il ne l’avait pas dit avant de se rendre à Varsovie. « Cela aurait été bien de le prononcer à Bruxelles, non ? » a demandé la chancelière. Ce à quoi le président des États-Unis lui a rétorqué : « Vous savez, c’est plus facile quand la foule vous aime. » Au fond, le problème réside-t-il dans le discours, dans celui qui le prononce… ou bien dans les médias censés en rendre compte objectivement ?


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