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Médias

La synthèse

CNN soutient la « transidentité » contre la réalité biologique

Par Ludovic Lavaucelle - Publié le 09 avril 2021

Le 31 mars, la chaîne d’information CNN a publié un article dans les pages « politique » de son site internet pour soutenir que le dimorphisme sexuel n’est pas une réalité biologique. Cet article critique la publication de décrets dans plusieurs Etats gouvernés par les Républicains (le dernier en date étant le Dakota du Sud) qui interdit aux hommes (selon le certificat de naissance) de participer aux compétitions sportives féminines dans les lycées et universités publiques. La raison invoquée est que ces athlètes ont un avantage physique qui dénaturerait toute compétition. CNN fait sienne la théorie du genre : l’identité sexuelle serait une construction déconnectée de la nature et par conséquent un certificat de naissance ne serait pas une source fiable pour déterminer le sexe d’une personne. CNN crie donc à la discrimination « transphobe » et à la récupération politicienne… Comment un média, certes ancré à gauche mais dont le slogan est « The most trusted name in news » (« le média d’information le plus fiable »), en est-il arrivé à tourner le dos aux données les plus basiques de la biologie ?

Jennifer Bilek, journaliste d’investigation collaborant avec The American Conservative (voir article en lien ci-dessous), enquête depuis 6 ans sur les liens entre le « complexe médico-industriel », les grands médias et l’offensive politique d’une poignée d’activistes. Le transsexualisme, considéré jusqu’à récemment comme un désordre psychologique et n’affectant qu’une minuscule partie de la population adulte, était un marché de niche sans intérêt pour les grandes firmes médicales. En une décennie, près de 300 cliniques à travers les États-Unis (d’après Gender Mapper) se sont ouvertes ou offrent des services spécialisés. Les « soins » prescrits vont des traitements bloquant le processus de puberté pour de jeunes adolescents à l’amputation et autres chirurgies plastiques. Les risques à long terme (ne serait-ce que physiques) sont réels mais mal évalués, en commençant par la stérilité. Les effets peuvent être irréversibles. Ces « traitements » coûtent aux patients, donc rapportent aux sociétés pharmaceutiques et hospitalières beaucoup d’argent…

On a remplacé le « transsexualisme » par le « transgenrisme » ou « transidentité », termes qui permettent de créer une myriade d’identités sexuelles. L’idéologie de la déconstruction trouve un relai puissant auprès des directions marketing : créer de nouvelles identités ouvrent des marchés juteux à exploiter. Ce qui était une niche sans intérêt devient une nouvelle frontière médicale (et financière) à dépasser…

Revenons à CNN qui appartient à Warner Media, lui-même propriété du géant des télécommunications AT&T qui pèse 266 milliards de dollars. En 2017, la Direction des Affaires Publiques du groupe, en étroite collaboration avec le GLAAD (agence de relations publiques pour les mouvements LGBT), déclarait que le soutien aux mouvements homosexuels et transgenres faisait partie « de leur ADN ». Les liens d’AT&T avec le complexe médico-industriel sont puissants. Dès 2009, « AT&T for Health » proposait à l’industrie de la santé une série de solutions technologiques innovantes concernant surtout la relation avec le patient. Les départements de R&D (Recherche & Développement) pharmaceutiques sont d’autres clients très lucratifs pour le groupe… Un autre géant des médias, Disney (qui pèse 140 milliards de dollars), récemment très investi dans la cause transgenre, a engagé 100 millions de dollars pour ouvrir des cliniques pour enfants aux États-Unis, nombre d’entre elles proposant des services spécialisés en « transition de genre ».

Le lobby LGBT est très organisé. « Out leadership », sa branche « business » affiche 3,6 mille milliards de dollars de pouvoir d’achat. On n’est plus dans le domaine d’une lutte communautaire, mais plutôt sur un marché énorme. Les entreprises qui ne rejoignent pas avec zèle le programme politique et idéologique transgenre courent un danger majeur : lynchage médiatique amplifié par les réseaux sociaux, voire boycott. Les grands médias, comme CNN, sont la propriété d’un petit nombre de géants richissimes qui exercent un contrôle étroit (et revendiqué par ces mêmes médias comme garantie de fiabilité) sur le contenu diffusé. Il s’agit d’imposer une censure sur tout discours critiquant la théorie du genre pour mieux cacher les intérêts financiers.

Il vaut mieux fidèlement relayer la doxa idéologique et nier la réalité biologique. Le marché de l’identité sexuelle paraît sans limite et d’autres moins timides pourraient le conquérir… Quitte à infliger des dommages physiologiques et psychologiques irréversibles à des enfants, mais là encore, des armées d’avocats suffiront à calmer les douleurs. Et puis, la cause est vertueuse n’est-ce pas ? Il s’agit de libérer l’humanité du carcan de la nature… Ce ne sont pas les pleurnicheries de quelques filles se plaignant de concurrence déloyale lors de compétitions sportives qui doivent arrêter le mouvement !


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