Partager

Médias

La synthèse

« Dunkerque », un grand film mais sans les Français

Par Philippe Oswald - Publié le 27 juillet 2017

«Dunkerque» de Christopher Nolan est un grand film de guerre, captivant de bout en bout et promis au succès. Mais il éclipse le rôle capital et sacrificiel des soldats français dans l’opération « Dynamo » qui permit le sauvetage inespéré de près de 340.000 hommes coincés dans la poche de Dunkerque par l’armée allemande, du 26 mai au 4 juin 1940. D’où l’intérêt de cette « petite leçon d’histoire » donnée par Antoine Bourguilleau et Juliette Mitoyen sur le site Slate.

Alors que le corps expéditionnaire britannique est pris au piège avec plusieurs corps d’armées français, l’évacuation par la mer est décidée par Londres pour éviter que le Royaume Uni soit privé du « noyau dur » de son armée face à l’Allemagne. C’est cette évacuation que met en scène -spectaculairement- le film de Christopher Nolan à travers trois groupes de personnages : des soldats britanniques coincés sur la plage, des marins civils britanniques représentant la flottille appelée à la rescousse des navires de guerre dans ce sauvetage in extremis, et deux pilotes de la Royal Air Force tentant le tout pour le tout pour protéger les navires. Mais, objectent les auteurs, « où sont donc passés les Français? ». On les voit à peine défendre la ville (au tout début du film) et pas du tout parmi les soldats qui ont pu être embarqués pour l’Angleterre alors que 130.000 étaient français, soit 39% des évacués…

Le rôle des Français fut pourtant héroïque et décisif pour tenir tête aux Allemands qui encerclaient et bombardaient la ville, et les empêcher d’investir le port et les plages : «40.000 Français ont mené une résistance acharnée contre 160.000 Allemands pour protéger le périmètre et permettre aux Britanniques d’évacuer. Ils se sont sacrifiés», explique Dominique Lormier, historien spécialiste de la période et auteur de La Bataille de Dunkerque.  Le film escamote ces hommes qui ont défendu la poche de Dunkerque, au prix de 18.000 morts, les autres partant pour quatre ans de captivité, après s’être battus, à Dunkerque comme à Lille, jusqu’à la dernière cartouche.

Plus largement, il faut rappeler cette réalité méconnue non seulement des anglo-saxons mais des spectateurs français eux-mêmes qui ont souvent en tête les facéties de la « 7ème Compagnie » à propos du comportement de l’armée française dans la débâcle de mai-juin 40 : « En 1940, 60.000 soldats français meurent en six semaines, 123.000 sont blessés et 2 millions sont faits prisonniers. Sans parler des 21.000 morts civils. Un bilan supérieur aux pires mois de la bataille de Verdun, qui fit 163.000 morts français en un peu moins de dix mois. »


La sélection

Les dernières sélections

Pourquoi s'abonner à LSDJ ?

Vous êtes submergé d'informations ? Pas forcément utiles ? Pas le temps de tout suivre ?
Nous vous proposons une sélection pour aller plus loin, pour gagner du temps, pour ne rien rater.

 Sélectionner et synthétiser sont les seules réponses adaptées ! 

0€ si vous voulez, 20€ (conseillé), ou tout montant de votre choix.
Le paiement de mon abonnement permet à LSDJ de poursuivre la diffusion d'informations de qualité, d'assurer son indépendance, et de pérenniser son avenir.