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La synthèse

Chine : la Bible interdite sur Internet avant d’être « réécrite »

Par Philippe Oswald - Publié le 24 avril 2018

Le 30 mars dernier, les autorités chinoises ont ordonné aux sites d’e-commerce de retirer les Bibles de leurs ventes. Deux jours plus tôt, le Bureau des Affaires religieuses avait publié un document intitulé : « Principes pour la promotion du christianisme chinois pour les cinq prochaines années (2018-2022) ». Ce document officiel  annonce comme principal chantier de l’année une « retraduction » de la Bible assortie d’une « réinterprétation». En s’attaquant au « Livre » par excellence, les autorités communistes chinoises ne cachent plus leur volonté de renforcer la censure sur les livres, les boutiques et les médias religieux.

Cette mesure typique de la « nouvelle ère » du président Xi Jingping préoccupe particulièrement les chrétiens, catholiques et protestants, dont les sites Internet sont déjà depuis longtemps sous étroite surveillance de Pékin. C’est bien le christianisme et non « la religion » en général qui est visé : l’universitaire Ying Fuk-Tsang observe que les librairies chinoises peuvent vendre des livres religieux sur le bouddhisme, le taoïsme ou sur l’islam, alors que la Bible n’est pas autorisée, tant du moins qu’elle n’aura pas été « réécrite » avec l’imprimatur du Parti. Que craignent donc les autorités chinoises ? Un demi-siècle après la révolution culturelle qui avait tenté de l’éradiquer par la terreur, la Bible est de retour. Alors que le « Petit livre rouge » du président Mao appartient à une époque révolue, la Bible n’a rien perdu de sa force…révolutionnaire.


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