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Politique

La synthèse

Cette fois, les maires en ont vraiment marre : ils démissionnent !

Par Philippe Oswald - Publié le 18 août 2018

Les maires de France sont à bout ! Beaucoup démissionnent : 1021 maires ont rendu leur écharpe en plein mandat depuis les dernières élections municipales de 2014, soit plus du double (+55%) qu’au cours de la précédente mandature (2008-2012), selon le décompte effectué sur le répertoire national des élus (RNE) par l’Agence France Presse. Motifs de cette grosse lassitude des maires qui tourne au burnout : baisse des contrats aidés, suppression de la taxe d’habitation, perte d'autonomie à cause des intercommunalités, tracasseries administratives, complexité juridique croissante, exigences accrues des concitoyens, menaces de poursuites judiciaires... L’hémorragie s’est spectaculairement accélérée ces quinze derniers mois, depuis l’élection à la présidence de la République d’Emmanuel Macron (386 démissions à la mi-août). Des municipalités de banlieue mais surtout de nombreuses communes rurales ont perdu leurs édiles, las d’être « les premiers de corvée », selon l’expression de Vanik Berberian, Président de l'Association des maires ruraux de France (entretien au Figaro du 09/08/2018).

Ils se sentent surtout maltraités par l’Etat. La moitié des communes de France ont vu leur dotation baisser cette année. A quoi s’ajoutent l’empilement de normes parfois ubuesques exigées par une administration soupçonneuse et tatillonne, les desiderata d’administrés d’autant moins compréhensifs qu’ils voient augmenter leurs impôts locaux, et les contraintes des intercommunalités qui non seulement entravent la liberté des maires, mais les obligent souvent à parcourir des dizaines de kilomètres pour rallier les centres de décisions.

La confiance des Français envers leurs maires aurait baissé de neuf points en seulement un an selon le baromètre annuel du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Premières cibles des mécontents, les maires jouent néanmoins un rôle d’assistance sociale et de médiateurs dans des conflits de voisinage. Ils sont au four et au moulin pour une indemnité dérisoire de 658 euros bruts par mois pour une commune de moins de 500 habitants, soit la majorité des communes françaises. Et tout cela, avec le risque permanent de se retrouver traînés devant les tribunaux…

Dans ces conditions, qui aspirerait à reprendre le flambeau municipal en 2020 ? Faute de candidats, que feront les préfets ? Combien de communes seront-ils contraints de dissoudre pour les rattacher à une commune voisine ?

« Les élus locaux se rendent compte que malgré leur bonne volonté, ils ne peuvent pas respecter leurs engagements », explique Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF), interrogé le 14 août sur Europe 1.


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