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Politique

La synthèse

Cette droite qui veut penser, dialoguer et peut-être s’unir…

Par Philippe Oswald - Publié le 28 juin 2019

Ça bouge à droite ou du moins, à la droite de la vieille droite ! À quelques heures d’intervalle, un dîner organisé le 25 juin par une quinzaine d’élus LR et des proches de Marion Maréchal, et l’annonce par le MEDEF que celle-ci était invitée à s’exprimer à son université d’été, ont déclenché un branle-bas de combat dans les rédactions et un tir de barrage en règle de la part de la vieille garde républicaine et centriste. La mesure de la réprobation a été donnée par ce tweet du président du Sénat, Gérard Larcher, résumant les propos qu’il venait de tenir sur LCI, le 27 juin : « Il doit y avoir une cloison étanche entre @lesRepublicains et @RNational_off. Un dîner c’est une brèche ! Les élus qui y ont participé ne partagent plus nos valeurs. » Mais outre que Marion Maréchal, qui a renoncé à se faire appeler « Le Pen » et a abandonné son mandat de député du Vaucluse pour fonder, à Lyon, l'Institut des sciences sociales économiques et politiques (Issep), ne veut pas représenter le Rassemblement National, on peine à cerner les « valeurs » que prétendent incarner Les Républicains « classiques », et en quoi elles se distingueraient fondamentalement de celles de la République En Marche, qu’il s’agisse de politique internationale, d’économie, d’immigration ou de sujets « sociétaux ». Tel est bien d’ailleurs le constat qu’ont fait nombre d’ex-Républicains ralliés à Emmanuel Macron, dans la foulée de son Premier ministre, Edouard Philippe, et de son ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

Cette fois encore, le barrage contre l’« union des droites » ou plutôt contre « la discussion des droites » a fonctionné … à moitié : le dîner dont Marion Maréchal était l’invitée d’honneur a bel et bien eu lieu, mais le nouveau patron du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, a « calé » devant la polémique déclenchée par son invitation à la jeune femme de participer à une table-ronde intitulée « La grande peur des mal-pensants, pourquoi les populistes sont populaires ? » Il s’agissait, avait-il plaidé, de réunir « un panel aussi large que possible des sensibilités politiques, de l’extrême gauche à l’extrême droite ». C’est raté, sauf comme nouvelle illustration de la permanence de cette « grande peur »… Du coup, pour faire bonne mesure ou bonne figure, le MEDEF a décommandé aussi les élus de La France Insoumise, qui étaient conviés au débat. La symétrie est sauve ! Les deux bouts de l’omelette étant coupés, ne resteront comme invités à la Rencontre des Entrepreneurs de France que les gens convenables, des « bien-pensants ».

Si l’idée d’une « grande alliance des droites » est dans l’air, elle reste lointaine : ceux qui y travaillent, Marion Maréchal, mais aussi le politologue Patrick Buisson avec l’essayiste Eric Zemmour, Robert Ménard, le maire de Béziers, ou encore le président du Parti chrétien démocrate, Jean-Frédéric Poisson, que vient de rejoindre l’essayiste et ancien député européen Paul-Marie Coûteaux, partagent au moins la conviction qu’elle ne saurait être un bricolage électoral mais l’aboutissement éventuel d’une véritable réflexion politique, d’une maturation au terme d’un libre -enfin !- débat d’idées. « On ne peut pas continuer à se bunkeriser dans nos partis politiques. Se replier sur nous-mêmes serait la pire des choses », a témoigné auprès du Figaro Xavier Breton, député LR de l'Ain. C’est bien cette aspiration à la liberté de penser et de dialoguer sur « des sujets concernant la France » qu’on retrouve dans les propos du sénateur LR Sébastien Meurant, interviewé à l’issue du désormais fameux dîner avec Marion Maréchal (en lien ci-dessous).


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